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Crache la mort qu'il y a en toi et regarde-la

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Seigneur et Prince de la Colère
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Satan
Seigneur et Prince de la Colère
Lun 30 Juin - 22:55
Alors avant toute chose petite précision.

Je sais que mon style d'écriture est... comment dire... approximative. Je relis rarement quand j'écris un roman, généralement j'écris d'une traite mes chapitres, sans relire, sans vérifier les tournures, les fautes, ect,... pour la simple bonne raison que tout est clair dans ma tête, pourtant toujours en bordel. Comme ma mère l'a dit une fois : "Tu n'écris pas fils. Tu vomis." ...Oui ma mère est classe.

Crache la mort qu'il y a en toi et regarde-la. C'est une phrase que j'ai écrit dans l'un de mes premiers poèmes il y a de ça, pfff  trop longtemps maintenant, et qui je trouve, représente bien ce que je fais quand j'écris. Je "crache" sur le papier tout ce qui m'habite ; parfois ça a du sens, parfois c'est un bordel immonde.

... Bref, je vous laisse donc lire ce bordel o/ !






Adieu ma fille

. . . . Elle est sortie de la douche. Ses cheveux sont encore mouillés, il soupire... En plus, elle a pris la mauvaise habitude d'utiliser son peignoir trop grand pour son petit corps frêle. Il se redresse du canapé pour installer la petite entre ses jambes et frictionner sa tignasse un peu trop brutalement. Mais elle ne dit rien, elle a beau avoir l'air fragile, elle tient de son papa. Elle en profite pour prendre un livre sur la table du salon, un livre qui parle de la mort. :
. . . . «-Dis papa, tu ne mourras jamais hein ?
. . . . -Je ne sais pas... dit-il alors que l'émotion fait trembler sa voix. On ne sait pas de quoi la vie est faite ma puce. »
. . . . La petite se retourne, elle regarde son père... Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il y a quelques jours il a tenté de se suicider... Ce qu'elle sent, c'est qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps. Sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi, elle commence à pleurer. Il la regarde d'abord, un peu surpris, puis son côté protecteur vint à la charge, empli son corps d'un réflexe ; dans un mouvement, il serre la petite dans ses bras. :
. . . . « -Non, souffle-t-il à son oreille, non ne pleure pas. Je ne voulais pas... Je suis désolé. Promis... Je te promets... Je ne mourrai jamais. Alors... ne pleure pas. »
. . . . Petit à petit, l'enfant calme ses pleurs, mais elle s'accroche désespérément à son géniteur. La peur de le perdre était trop forte.

. . . . Il regarde sa fille pédaler vers lui, fière de son nouveau vélo tout terrain, heureuse de pouvoir le suivre dans son jogging quotidien de plusieurs kilomètres. Il lui apprenait l'importance du sport pour eux... Il faut chaque jour se donner une limite à dépasser, découvrir son corps au point de le connaître par cœur. Elle hoche la tête. Elle sait que leur « maladie » est sérieuse, d'autant plus sérieuse que les médicaments ne sont pas efficaces pour leur physique beaucoup plus solide et résistant que les autres. Il court tout en parlant sous le regard impressionné de son enfant. :
. . . . « -Quand tu seras plus grande, tu devras lire les posologies des médicaments. Si on dit qu'il ne faut pas prendre plus de trois gélules par jour, tu pourras te permettre d'en prendre quatre.
. . . . -De toute façon tu seras là pour m'aider !
. . . . -...Oui. »
. . . . Le silence s'abat entres eux, et tout le long du chemin qu'il leur reste à faire. De retour à la maison, la fillette va ranger son vélo dans le garage pendant que son père rentre préparer le goûter. Quand elle revient dans la cuisine, le plat de pâtes est déjà prêt... Il est quinze heures. On ne dirait pas comme ça, elle est toute fine, il est musclé. Eux deux n'ont pas de gras. Pas un iota. Et pourtant, ils mangent à heure régulière, toutes les trois heures... Ils ont faim, leur organisme rapide en a besoin. Quand le plat est terminé, le père lance un sourire à sa fille et sort de dessous la table, comme s'il venait d'accomplir un tour de magie, un pot de beurre de cacahuète. Elle éclate d'une joie communicative et tous les deux rient tout en prenant une cuillerée de la délicieuse pâte. La sonnette à la porte d'entrée retentit et ils s'arrêtent brusquement. :
. . . . « -Les vacances sont finies... Va retrouver ta mère. »

. . . . Il a regardé la chair de sa chair droit dans les yeux, les siens remplis de larmes. Il devait sans doute déjà savoir ce qu'il allait faire les jours à venir en prononçant ce petit mot. Mot qu'il dit en toute connaissance de cause, parce qu'il était fatigué et qu'être père n'était plus suffisant pour maintenir sa tête hors de l'eau. Comment était-il sensé faire son devoir protecteur envers ses enfants alors qu'il était incapable de se protéger lui-même de son mal, de cette maladie qu'on ne pouvait lui reconnaître ? Comment était-il possible que ses descendants puissent supporter cette douleur héréditaire en plus de lui ? Lui qui était seul maintenant... Son ex-femme dans les bras d'un autre. Ses maîtresses parties les unes après les autres. Il n'en voulait à personne sinon à lui même... C'est pour cette raison qu'il en venait à de telles extrémités, empoignant le visage de sa petite dernière dans ses grandes mains sèches d'ouvriers qui venaient de foutre une claque à l'amant de sa mère. Scène banale. Mot tellement lourd. Hors du commun. L'enfant ouvre grand ses yeux, elle sait. Elle le sent. Pourtant elle refuse d'y croire... C'est sans doute pour ça qu'elle ne lui court pas après alors que la porte se referme pour la dernière fois sur son papa.

. . . . Quand elle est rentrée de l'école ce jour-là, elle n'avait envie que d'une chose : du beurre de cacahuète... Malheureusement, sa mère n'en achète pas car cela coûte cher. :
. . . . « -Mais si tu veux, on passe chez papa pour aller en chercher. »
. . . . La petite est ravie, car non seulement elle aura un goûter aujourd'hui, mais elle reverra son papa. Elle n'avait plus de nouvelles depuis qu'il était parti en pleurant... La seule fois où elle l'a vu pleurer en fait. Elle sort de la voiture en courant, frappe à la porte... Mais rien ne se passe. Pourtant, quand elle actionne la poignée, la porte est ouverte. Il n'y a personne dans le salon... Elle appelle son père mais personne ne répond. Elle va pour prendre les escaliers à sa gauche mais se ravise... Non, à cette heure-ci, il doit être en train de courir. Alors elle traverse le salon, entre dans la cuisine, prend le pot qu'elle était venue chercher et va retrouver sa mère qui l'attend dans la voiture.

. . . . Sa maîtresse est venue la chercher dans la cour de récréation. Elle lui a prit la main et l'a emmenée dans un bureau où sa mère l'attendait... Elle pleurait. :
. . . . « -Maman ?... Qu'est-ce que tu as ? Ça va ?
. . . . -Non ma puce, je dois dire quelque chose qui va te faire très mal.
. . . . -...Dis-moi maman. Je me retiendrais de pleurer si tu veux.
. . . . -...Papa est mort. »

. . . . Il lui avait dit « Adieu », elle l'avait toujours su.

. . . . Elle se retient de toutes ses forces de pleurer... Mais sa maman l'en empêche. :
. . . . « -Pleure ma puce. »
. . . . Elle pousse un hurlement que ses camarades entendent jusque dans la cour. Elle s'écroule au sol et frappe la moquette de ses faibles poings. Elle crie comme jamais elle n'a crié avant, même au jour de sa naissance, sa première inspiration douloureuse n'était rien comparé à ce qu'elle venait d'expulser. Le calme retombe aussi soudainement que les larmes ont coulé. :
. . . . « -Quand ?
. . . . -La semaine dernière.
. . . . -Comment ?
. . . . -Il... s'est pendu...
. . . . -... Où ? crache la petite fille.
. . . . -...En haut des escaliers. »
. . . . Elle avait été à quelques mètre de découvrir le corps de son père le jour où elle a été chercher le pot de beurre de cacahuète. Si elle avait... si elle avait... Elle pose ses mains sur ses tempes, comme si elle voulait tout oublier, avoir eu le temps d'agir. Puis elle s'écroule.

. . . . C'est comme mourir un peu soi-même... On perd bien plus qu'un père, on perd notre seul phare qui nous éclaire sur le chemin d'une vie saine, équilibrée. On perd la seule personne capable de comprendre de quoi on est fait, car on est le dernier membre de la famille malade, instable et étrangement... sincère. On perd le seul capable de vous arrêter, de vous contrôler, car lui-même connaît votre détresse, votre douleur et votre âme... car il possède la même. Le seul qui puisse vous dire quel médicament vous aidera, lequel vous transformera en légume. Le seul assez fort pour dire que non, vous ne ferez pas cette injection car premièrement elle est contre-indiquée aux enfants de moins de dix ans et que vous en avez sept, deuxièmement c'est une dose que même un adulte ne pourrait supporter. Un être qui voit quand vous souffrez, quand vous êtes heureux, quand vous êtes en colère alors que vous gardez cette façade, ce visage inexpressif.
. . . . Pourtant, jamais vous ne songez à « s'il avait été là... ». Car il n'est plus. Évidence. Évidente aussi était sa souffrance. Entre l'égoïsme de l'avoir encore auprès de soi et d'être entier, d'aspirer son savoir et son énergie, et la fierté d'avoir survécu, avancé, accepté sans lui, qu'auriez-vous choisi ? Vous auriez préféré le voir s'ouvrir les veines devant vous par désespoir ? Pleurer alors qu'il n'aurait plus eu la force de vous porter, de vous soutenir, devenu incapable de marcher par lui-même ?... Qu'importe si vous souffrez des mêmes épreuves que sa jeunesse ; les cicatrices qui ornent votre corps, des coups de couteaux aux trous des aiguilles, vous les portez comme un trophée et vous les lui montrerez en le rejoignant en enfer.
. . . . Quand vos genoux vous trahissent car vos articulations sont abîmées, votre corps décidé à vieillir plus vite qu'à l'accoutumée. Quand votre cœur décide de faire ce qui lui chante et de battre à plus de cent vingt à la minute alors que vous êtes au repos. Quand votre tension chute inlassablement alors que vous devez rester debout dans une file d'attente et que vous le faites. Quand l'idée de tuer quelqu'un devient si tentante, si palpable que vous arrivez à vous demander si vous êtes vraiment humain et qu'au final, vous gratifiez votre « ennemi » d'un doux sourire sournois. Quand vous éclatez de rire au moment le moins opportun et qu'on vous traite de monstre. Quand votre médecin constate qu'aucune dose humainement supportable ne vous convient et qu'on vous traite de monstre. Quand vos conseils sincères mais durs heurtent vos amis, qu'ils vous rejettent en vous traitant de monstre. … :

. . . . « -Hey papa ! T'as vu ?! J'ai survécu ! »



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Satan
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Sam 23 Aoû - 11:11
Voilà un petit quelque chose de spécial puisque les chapitres qui vont suivre viennent du roman que j'ai écrit qui s'appelle... Anges Gardiens ! Hé oui, il s'agit bien là de la monstruosité qui m'a emmené à créer le forum... J'avais 15 ans à l'époque, alors je vous prierais d'être gentil avec le mini-moi de l'époque qui passait son temps à dessiner en cours, à boire de la bière et à tataner ses potes... Comment ça c'est toujours pareil ?!!!


EDIT : La play-list des chansons que j'écoute quand j'écris... Parce que... parce que voilà u_u... 6 VACHES !



ANGES GARDIENS

Prendre son courage et percer les ténèbres
Déployer ses ailes blanches et prendre son envol
Penser à ton sourire et prier pour nos âmes

Chapitre I

Ils nous ont dit qu’on avait une nouvelle mission à effectuer ensemble… Encore... Parce que tu croyais que ça me faisait plaisir de bosser avec toi ?!! La ferme crétin… C’est déjà assez compliqué comme ça, si en plus tu ouvres ta bouche ! C’est bon !!… J’arrête !

Ils nous ont réunis devant le Grand Conseil encore une fois… Cette fois, l’humaine en question avait un problème de confiance en elle. Ses prières n’étaient pas trop du goût du Créateur. C’est sûr que le vieux barbu n’a rien à faire à part s’occuper de ces bons à rien d’humain… Ne le critique pas ou sinon je m’en prends à ton Cornu déficient ! Il est pas déficient !! Il manque juste beaucoup trop d’âmes dans son Enfer ! C’est pas de ma faute si tu fais mal ton boulot… C’est de la tienne si tu m’empêches le plus souvent de le faire, décérébré d’angelot ! Tais-toi sale diable !

Ils nous ont dit qu’on devait prendre soin d’elle, qu’elle était encore pure, que nous devions pas détruire son destin, ne pas à lui faire choisir Enfer ou Paradis tout de suite… Celle-ci devait faire sa vie. C’est sur que cette mission changeais de la purification des âmes des anciens combattants de guerre, ou de salir les esprits d’enfants encore trop jeunes pour comprendre… J’aurais choisi des exemples moins choquants mais je suis d’accord avec toi Frédéric ! C’était étrange qu’on nous demande juste de l’aider, car le Seigneur exauce simplement les prières les plus sincère et réalisable. Et cette jeune fille semblait ne pas demander le nirvana !! Et bla, bla bla… Mon barbu c’est le meilleur… Pff, tu devrais t’entendre des fois Grégoire !

Mais nous avions accepté, parce que c’était notre devoir. Nous sommes sorti de la salle avec le papier sur lequel était inscrit l’ordre de mission, puis nous sommes descendu sur Terre. Quand nous y étions, nous avons ouvert l’enveloppe qui nous a indiqué notre nouvelle adresse. Un petit loft dans une ville assez grande finalement. Nous avions chacun une chambre, chacun une garde robe mais avec le même costume de lycéen. Nous avons relu la lettre, des millions et des millions de fois pour nous imprégner des lois humaines, de leurs différents sentiments et réactions, la façon de les manipuler au mieux, de nous intégrer… Même si nous savions déjà tous ça, Ils tenaient à nous le rappeler. Pour preuve que cette mission était bizarre… Nous avions déjà pris contact avec des jeunes humains. Ils semblaient avoir oublié que nous étions leurs meilleurs éléments… Hein ? Grégoire ?

Dommage que ce si bon début ce soit fini en catastrophe hein ? Comment tu as pu te retrouver comme ça aujourd’hui ? C’est grâce à toi Frédéric.

***

-PAPAAAA !

Six ans... J'avais six ans quand je suis mort. Violemment, sans raison, sans explication, tout d'un coup je me suis retrouvé au Paradis. Je pleurais à chaude larme, j'avais encore mal... J'avais cette sensation que la balle qui m'avait troué la peau était encore là, au niveau du cœur, qu'elle me transperçait tel un poison, qu'elle s'insinuait dans mon corps comme de l'acide. Des gens ailés et lumineux courraient dans tous les sens autour de moi, ne sachant quoi faire, aussi choqués que moi sans doute. Et plus j'avais mal, plus je pleurais fort, plus ils courraient...

Une voix puissante retentit et demanda le silence... Le monde s'arrêta brusquement de courir et de crier... sauf moi bien entendu, je souffrais trop. J'avais perdu ma famille et ma vie, j'avais mal... Celui qui avait crié baignait dans une lumière bien plus puissante que les autres, et lui il avait deux paires d'ailes. Quand il posa ses yeux bleus azur sur moi, son visage se teinta d'une douceur infinie. Quand il sa baissa pour me porter, le contact de sa peau qui était froide me rassura pourtant... Une vague de calme m'envahit, j'avais soudain moins mal, percutant seulement que je n'avais plus ce trou dans ma poitrine. Il me serra tendrement dans ses bras et mon visage trempé de larmes.

-Bonjour Grégoire... Je suis l'Archange Gabriel... A partir d'aujourd'hui, je vais prendre soin de toi.

***


-RENDEZ-MOI MON PERE !

J'avais six ans... J'avais six ans quand j'ai vu ma mère assassiner froidement mon père à coup de couteaux dans le dos. Je me souviens de mes mains pleines de sang, de la haine qui m'a poussé à étrangler ma génitrice avec toute la force qu'un gamin peut posséder... Et même lorsque son souffle fut éteint, ce ne fut pas suffisant pour éteindre ma rage, mon désespoir,... J'hurlais en frappant tout ce qui m'entourait, de toute façon, il n'y avait personne pour m'arrêter, j'avais tout perdu... J'avais tort... Elle apparut devant moi, entourée de flammes et de ténèbres... Elle était envoûtante et pourtant... Elle siffla entres ses canines que c'était pas bien de tuer sa maman. Que j'allais aller aux Enfers.

-Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?! La vie c'est déjà l'Enfer.

Elle se pencha vers moi et dans ses iris jaunes on ne pouvait voir que la malice du Démon qu'elle était... :

-Frédéric... Je veux t'avoir. Rejoins-moi.



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Satan
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Sam 23 Aoû - 12:33
Chapitre II

-Fred ! Du nerf que diable, c’est la rentrée ! Le début de notre mission !
-La ferme Greg ! Je veux dormir… Il est que… putain ! Six heures du mat’ !
Je suis sortis de sa chambre en le laissant s’énerver, je le connais bien, il finit toujours par se calmer tout seul… En attendant, je ne perdais pas de temps. Préparer le petit déjeuner du diable était une habitude désormais. Et la bête avait une faim de loup les matins. Moi, j’avais l’habitude de ne rien manger du tout de ma vie d’ange… De ma vie d’abstention… :
-Et l’abstention mène à l’abs-« tentation »…. Comme dit le Cornu. riait Fred.
-Mange et tais-toi.
Frédéric ne me fit pas prier. Il avala presque tout rond son lait, ses tartines, son beurre, son jus de fruit, sa côte de bœuf, son rôti de veau et le restant de pomme-de-terre d’hier. :
-Les voisins vont finir par se demander qu’est-ce que tu fous à faire la cuisine aussi tôt les matins !
-Ils ont l’habitude maintenant je pense… Et puis le voisinage n’est pas trop regardant.
-T’as pas tort l’angelot !… Alors, premier jour au lycée ?! Ca va être génial ! Les filles en costume j’adore ! Puis ’paraît que les femmes profs sont pas mal nan plus…
-Toi et tes vices… Je m’y ferai jamais ! T’es trop odieux…
-…pour ta pauvre âme ?! Désolé mon frangin.
-Ne m’appelle pas comme ça quand on n'est pas en public !

Je me suis réfugié dans ma chambre, trop grande pour moi. Je savais que cette journée allait être très dure, avec le diablotin sur le dos. Cela n’allait pas être dur de nous diriger dans l’établissement, ni même de repérer l’adolescente en détresse. Mais cet idiot en profitera pour choisir dans le lot de lycéens, des proies faciles et potables pour son Enfer, leur choisirait un vice qui les guideront toute leur vie. Je pense même qu’il ne se gênera pas pour le faire sur notre petite protégée. Même si Ils nous ont donnés l’ordre de ne pas modifier son destin, le diable est fourbe. Heureusement que nous sommes là, les Anges, les « messagers de Dieu » comme disent les humains. Prenez garde, hommes et femmes, votre meilleur ami, votre compagnon ou même votre enfant peut être l’un des nôtres et vous conseiller, vous mener vers le droit chemin… Nous sommes là pour défaire les vices, les remplacer par des vertus, pour vous faire comprendre vos erreurs pour ne pas les répéter. Tout ce système mis en place, Enfers et Paradis, mène parfois à des guerres certainement, mais des guerres placides, dans lesquelles la fourberie de l’Un et la justice de l’Autre sont maîtrisés par les lois de l’univers. Et là s’arrête le pouvoir divin. Car même le Créateur, l'origine de la Terre, n’est rien, Il n’est rien d’aussi fort que vous autres humains ou que moi-même face à l’univers. Et ça même Satan ne peut pas y remédier, et ses petits diables le comprendre… Ce qui est le cas de Fred.

Je commençais à m’habiller, j’avais déjà mis mon pantalon de lycéen quand j’enlevais le haut de mon pyjama et je vis son visage. Dans l’enveloppe qu’Ils nous ont donné, il y avait aussi un descriptif de la jeune fille pure. Elle s’appelait Marie (« comme par hasard !! » avait crié Frédéric en l’entendant) et avait 17 ans. Elle était en terminale ES de son lycée et plus tard, voulait devenir pédiatre. Ses cheveux étaient longs et très fins, voletant dans le vent. Ses yeux dorés brillaient au soleil. Son costume de lycéenne lui allait bien, une jupe noire avec une jaquette de même couleur et sa chemise blanche ouverte sur son cou qui laissait découvrir un pendentif en forme de cœur. Elle était jolie avec ses lèvres plutôt pulpeuse mais sans plus, son visage ovale qui souriait tout le temps, ses hobbies digne d’une princesse (équitation, violon et couture). Cette photo d’elle datant de l’année dernière, je l’ai accrochée au-dessus de mon bureau pour me souvenir pourquoi je vivais ici en compagnie d’une ordure salace et méprisable.

Je me suis approché du miroir tout en enfilant ma chemise immaculée. J’avais l’air fatigué et plein d’énergie à la fois. J’avais des petites cernes sombres sous les yeux que je fis disparaître par ma simple volonté. Mes pauvres yeux gris perdaient leur éclat quand j’étais sur terre, affublé d’un corps humain. Mais celui-là était sportif, et compensait mon regard éteint, presque mystérieux. Mes cheveux blonds d’or n’étaient pas trop long, mais ceux de ma frange pendouillaient tristement sur mon front. J’avais un visage anguleux, des légers creux aux joues mais sans que j’ai l’air malingre. Quand je souriait, j’avais l’air d’un idiot et quand je me fâchais, des ridules d’agacement se montraient entres mes deux sourcils. J’avais l’air serré dans ma jaquette noire ce qui me donna un air encore plus sérieux. Je me contemplais, peu fier de mon allure… Au fond de moi, mes ailes me manquaient, et je voulais retrouver mon apparence d’Apollon… D’ailleurs lui-même m’enviait ! Même si il sait que l’Envie est un vice. Je tentais de soulever mes cheveux de devant mes yeux, mais ils se replacèrent, obstruant une nouvelle fois ma vue. :
-HEY ! Je suis prêt l’angelot !
Je pris mon sac et rejoignis le diable dans le salon.

Il avait la même coupe que moi, les mêmes vêtements, la même taille, la même personne à protéger… Sauf que, lui arrivait à dompter sa tignasse noire de jais, de la même couleur que ses cornes jadis. Il avait réussi à cacher le rouge ardent de ses yeux derrière un vert pétillant et soutenu. Il était un peu plus rond que moi, en tous cas, il avait de bonnes joues ! Il était aussi beau humain que moi quand je suis ange. J’en fus un peu vexé mais sans plus. Mais le seul détail qui me désola un peu je dois dire, c’est la couleur de sa peau. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit parfaitement rosée bien entendu, c’est toujours compliqué pour un diable de changer d’apparence : sa peau était mat. Il souriait quand il vit que je fixais sa peau par sa chemise trop ouverte. :
-Tu mates ? Ca te plaît ?
-Mauvais esprit ! persiflais-je.
-Excuse frangin ! Mais j’ai encore un peu de mal à décolorer le rouge de ma peau naturelle…
-Je comprends mais ne m’appelle pas « frangin » !… Allons-y.

Je passe le premier sur le pas de la porte que lui ferme derrière moi. C’était comme des habitudes familiales que je détestais entre nous… Lui aussi d’ailleurs, je le sentais. Il grimaçais chaque fois que je lui préparais à l’avance le repas qu’il a tant convoité toute la journée, il gronde quand je devine ce qu’il ressent (parce que son espèce ressent effectivement…) et s’agace un peu lorsque ses piques quotidiennes ne me gênent plus tant que ça. Et moi, je haïs son comportement prévenant lorsqu’il sait que j’ai besoin d’intimité pour retrouver mes ailes, je me contrôle face à ses gestes comme « sers-toi d’abord de toutes façons j’ai toujours été le second » et je le corrige quand il pense me connaître. Nous avions déjà une petite vie bien rangée avant d’aller au lycée, peut-être qu’Ils avaient prévu le coup… En tout cas, c’est ce que nous pensons avec Frédéric. Nous devrons nous faire passer pour des frères et le diable profitait de mon agacement envers cette proximité :
-Quelle route frangin ?
-La ferme.

Arrivés devant le lycée, des troupes d’étudiants s’agglutinaient au portail, fumant la dernière cigarette des vacances :
-Sens-moi ça comme ça sent bon ! Le doux fumet de la mort... se délecta Fred.
-Regarde derrière.
Une côte digne d’un marathon de sportif de haut niveau, à l’escalier semblant insurmontable était dressé au-delà des lycéens :
-Merde.
J’ai rapidement traversé la foule, je ne supportais pas l’odeur de la mort sous toutes ses formes. Le diable, lui, avait exagérément ralenti sa marche non seulement pour respirer à pleins poumons les fumées toxiques mais aussi pour retarder la montée de l’escalier. Il me regarda avec des yeux tout triste, sauf qu’avec moi ça ne marche jamais. Je repris l’avancée. La cour était bien plus en haut que là où s’arrêtait les marches, car il y avait encore une montée à gravir avant de rejoindre les bâtiments. :
-Enfin ! souffla la bête.

Dans la cour, des élèves de première année couraient dans tous les sens « Tu sais dans quelle classe tu es ? » « J’ai perdu Lucy de vue ! Où est-elle ?!! » « Est-ce que le self est ouvert aujourd’hui ? Parce que sinon je ne pourrais pas manger ! ». Les moins stressés (les plus habitués) étaient assis sur des bancs attendant que les gens s’éloignent du panneau indiquant qui était dans telle ou telle classe cette année. :
-C’est quoi ton plan Greg ?
-On s’attire les bonnes grâces de la demoiselle en lui demandant de l’aide.
-Tu comptes t’y prendre comment ?
-Tu prends ton air trop doux et trognon, tu vas la rejoindre en disant que tu as perdu ton frère adoré et elle sera ravie de t’apporter son aide !
-Get the girl everytiiiime...
-Pardon ?
-...Rien, rien. Bref, elle est où d’abord ?
-Juste en face de moi, le dernier banc... Beh qu'est-ce que t'attends ?! Vas-y crétin !

Il toussota, déboutonna encore sa chemise puis passa sa main dans ses cheveux… Sérieux, il était lourd. Mais il soupira, je dois avouer qu’il m’inquiéta :
-Ca va ?
Il se retourna les yeux pleins de larmes naissantes. :
-Je joue bien hein ?
-Allez dégage !
Il courut à travers la cour, comme si il se mettait en condition pour l’aborder. Il avait d’abord attiré son regard une fois… puis deux… et à la dernière, elle s’approcha de lui. Je le savais. Elle posa une main douce sur l’épaule du démon qui se jouait d’elle. Il secouait la tête, son corps pleurait autant que ses yeux et sa voix criait presque. Quel comédien ! Elle fit signe à ses amie d’approcher à leur tour… Que des filles. Merde, le diable risque de s’emballer ! A mon tour de jouer… :
-Fred ! Qu’est-ce que tu fous là ? Je t’ai dit de m’attendre là-bas !
Il me lança un regard noir qu’aucune ne vit :
-J’ai paniqué… gronda-t-il en essuyant négligemment ses fausses larmes.
-Tu es Grégoire ? dit-elle.
-Oui… Le frère de ce petit imbécile.
-Imbécile toi-même ! T'es mon jumeau !… Crétin.
-Jumeau ? s’étonna-t-elle.
-Oui… souriais-je. Excusez-nous de vous avoir dérangé mesdemoiselles.
Les yeux des filles se mirent à briller. Fred soupira. :
-Ce n’était rien. Je m’appelle Marie Louange. Je suis en terminal ES ici et si vous avez besoin d’un coup de main vous pourrez toujours m’appeler.
-Ce sera avec plaisir. souligna Frédéric.
Elles s’éloignèrent en s’approchant enfin du panneau. Nous allions faire de même quand Fred me retint de l’épaule :
-Tu savais ce que je comptais leur faire hein ?
-Je te connais comme si tu était vraiment mon frère, sale bête.
-Hélas !
-C’est fini, arrête de te prendre pour un dramaturge !
-On dit pas dramaticien ?
-La ferme…

Nous étions évidemment dans la même classe, Ils savaient bien faire les chose là-haut ! En terminal S "2" (TS2 que raccourcissent les humains), il y avait principalement des garçons et j’en fut rassuré qu’à moitié. Nous nous sommes placés dans le rang et déjà nous avions une flopée « d’amis ». Trois grands garçons bruns que j’arrivais à peine à différencier étaient dans l’équipe de rugby de l’établissement puis un roux casse-cou appelé George, un gars à lunette, François et un petit et maigre mais drôlement intelligent nommé Billie. Les deux seules filles étaient devenues les préférées de la classe, Nadia était encore plus petite que Billie et ne parlait pas ou peu, ces cheveux étaient ondulés et elle avait un appareil dentaire qui la rendait encore plus mignonne qu’elle ne l’était déjà quand elle souriait et Sandy aux cheveux châtains lisses, la peau blanche, aussi grande que moi, ne s’exprimait que pour répondre aux questions qui lui étaient posées. On s’était incrusté avec Fred aux discussions futiles humaines :
-C’est pas possible, vous êtes pas des vrais jumeaux !
-Et si, soupirait le diable, malheureusement nous sommes sortis du même trou !
Je lui mis une gifle dans la nuque :
-Ouille !
-Mais, vous n’avez pas du tout le même physique.
-Vous savez, m’exprimais-je, malgré les apparences nous sommes bien monozygote. Nous provenons de la division cellulaire d’un seul ovule et spermatozoïde. Au moins nous sommes sûr sur le point biologique, l’écographie montre bien effectivement un seul ovule en croissance. Mais le doute persiste physiquement…
Les autres en furent ébahis, mais j’avais juste expliqué notre situation. Fred croisa les bras :
-Ca y est tu fais encore ton malin.
-On a trouvé un François bis !! s’émerveilla George.
-Z’est pas pozible ! cria l’intéressé.
-Récite-moi, articula Billie, le principe d’Archimède. Non ! La racine carré de pi !
-1,772 453... En arrondissant…
Il m’acclamèrent en tant que véritable scientifique, me posant des questions plus ou moins difficiles. Fred riait aux éclats, les filles pouffaient (entre l’idiotie des gars et leurs comportements excessifs)…Mais moi, j’étais comme ailleurs en assurant leur soif de curiosité. Ce que j’avais expliqué était d’un simplicité déconcertante… Je ne compris pas pourquoi j’étais surpris de la véracité de mes mots. Car oui, nous sommes réellement jumeaux.



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Satan
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Sam 23 Aoû - 14:34
Chapitre III

-Gabriel... Est-ce que mon père et mon frère sont aux Enfers ?
-Pourquoi tu penses ça ?
-Ben... Ils ne sont pas ici, avec moi...
L'Archange déposa doucement sa main sur le sommet de ma tête blonde... La lumière céleste nous entourant faisait briller mes ailes naissantes... J'avais eu l'immense honneur de devenir un Ange Gardien. Mais il me restait encore beaucoup de choses à apprendre, et Gabriel avait promis aux Trois Séraphins de s'en charger. :
-Grégoire, ton frère n'est peut-être pas mort après toi... Et ton père peut être devenu un Fantôme.
J'avais bien peur qu'à huit ans, ce genre de phrase ne soit pas suffisante... Je fixais l'horizon, toutes mes pensées se dirigeant vers mon frère pour qu'il soit vivant et heureux et vers mon père, espérant qu'il ait tout de même droit au repos après tout ce que nous avions pu traverser.

Gabriel me regarda avec amour, sentant que j'étais en train de prier pour ma famille disparue. Je le remerciais mentalement aussi, de bien vouloir prendre soin de moi alors qu'il avait tant de travail au Paradis... Il avait tellement d'espoir pour moi. En même temps, en tant qu'Archange de l'Espérance... Pourtant il m'a pris à part plusieurs fois pour m'expliquer à quel point j'étais quelqu'un de précieux. J'avais donné ma vie pour mon père... Et même si j'avais échoué, le fait était là. J'étais le gamin qui s'est mis entre un fusil et son paternel. J'avais mon petit succès Là-Haut. Gabriel tapota une dernière fois mon crâne avant de me laisser au milieu des Nuages... Il avait du travail à accomplir.

Des Chérubins m'entourèrent rapidement, remplissant le doux silence par des rires clairs et enfantins. Mais je n'avais pas le temps moi non plus. :
-Désolé mes amis, mais je dois réviser mes cours.
On ne pouvait que sourire face à leur mine attristée, je les quittais en battant frénétiquement des ailes. Faut dire qu'à côté des grands Anges et de leur ailes majestueuses, j'avais l'air d'un moustique. M'enfin, peu m'importait, je faisais parti des leurs. J'entrais dans ce qui me servait de chambre, une toute petite pièce avec un lit simple, une étagère et un bureau, le tout presque collés les uns aux autres tant c'était étriqué. Mais ça me plaisait... C'était un minimum confortable et j'avais pas besoin de plus d'espace. J'ouvris ma pochette à parchemins et me saisit d'une plume pour commencer à faire mes exercices.

Les heures passèrent sans que je ne m'en rende compte, c'est Gabriel qui dut venir me chercher pour dîner. Une fois à table, je ne mangeais quasiment rien de ce qu'il y avait dans mon assiette. :
-Grégoire, tu dois manger pour être en forme... Tu n'es plus Éthéré maintenant.
-Oui... Mais j'ai perdu l'habitude...
-...Ne te force pas, ce n'est pas grave.
Je souris de toutes mes dents, cet instant était tellement beau, la vie me paraissait tellement plus douce ici... J'avais hâte de devenir un Ange Gardien, pour faire découvrir cet endroit à mon frère, pour montrer aux Humains que la vie n'était pas que souffrance et douleurs.

***

Le claquement de fouet retentit et s'abattit sur mes épaules frêles d'un gamin de huit ans... Affamé, dépérissant au milieu d'autres gamins Démons pour avoir le droit ultime de devenir Anges Gardiens. Lorelei, la démone m'ayant accueilli aux Enfers après un pacte, hurlait de joie tout en nous fouettant joyeusement. :
-Aller les larves ! Debout !
Difficilement et sans avoir auparavant pleuré et hurlé de douleur, je me mis debout. J'étais le seul à m'être redressé, les autres gisaient sur les braises des Enfers, soit morts, soit agonisants. Je saignais de partout. Mes jambes tremblaient mais je tenais bon, je vis Lorelei pointer du doigt dans ma direction. Je vis un Démon sortir de l'ombre, et, au vu de la taille gigantesque de ses cornes... C'était un Prince. Un des sept Princes des Enfers qui s'approchait de moi de sa démarche toute majestueuse et remplie de hargne à la fois. Je posais un genou à terre par réflexe. :
-Relève-toi mon garçon.
Ca me fit un mal de chien, mais je m’exécutais sur l'instant.

Il me tourna autour durant un temps qui me sembla être une éternité puis il me posa des questions me tournant délibérément le dos. :
-D'où viennent toutes tes cicatrices ?
-J'ai subi le châtiment du démembrement pour avoir tué ma mère à cause de ma Colère, puis le supplice de la roue pour avoir fait un pacte avec Lorelei, Lieutenant de la Peur, petite-fille du Seigneur et Prince Satan par pur Orgueil, je suis ensuite devenu un Démon après avoir respecté mon contrat avec mon Lieutenant, à partir de là, j'ai passé mon épreuve auprès de Lucifer afin de devenir moi-même Lieutenant, j'ai traversé différentes tortures afin de gagner en puissance et devenir un Ange Gardien...
-Intéressant...

Il se plaça devant moi. :
-Pourquoi es-tu si maigre ?
-J'ai trop travaillé pour avoir le temps de manger.
Un sourire satisfait se peignit sur le visage du Prince et il partit comme il est venu, s'évanouissant dans l'ombre. Lorelei se tourna brusquement vers moi, son visage fendu par la fierté. :
-Fredoudou ! Tu as réussi ! Je savais que tu pouvais y arriver !
Elle se précipita pour pouvoir me rattraper avant que je n'heurte brutalement le sol, complètement épuisé. Elle tâta mon front et me souleva facilement, comme si je n'étais plus qu'une feuille... C'était des moments de réconfort rare que j'avais avec elle, mais cela me suffisait. Elle continuait à parler tandis que je me laissais bercé dans ses bras, le reste des Démons ayant participé à l'épreuve étant parfaitement ignorés. :
-Viens, tu vas enfin pouvoir manger. Je suis fier de toi, et papy Satan l'était tout autant ! Je ne l'ai jamais vu être aussi satisfait d'une nouvelle recrue ! Je savais que tu étais prometteur.

Dans la chambre de la Démone, tout respirait l'opulence. Elle me plaça dans ses draps de soie, je la regardais avec horreur, sachant que je n'avais pas le droit d'y être. :
-Exceptionnellement, me précisa-t-elle en me replaçant dans le lit, tu as tellement bien travaillé aujourd'hui que je n'ai pas le coeur à te faire dormir par terre comme d'habitude.
Elle s'éloigna vers la cuisine. :
-Comme tout aussi exceptionnellement aujourd'hui, tu auras droit à du pain en plus de ton eau ! Ne suis-je pas gentille avec toi hein ?
-Si mon Lieutenant, comme toujours. Je suis content d'avoir pu vous rendre fière de moi.
Elle se retourna les larmes aux yeux, pichet d'eau et miche de pain en mains. :
-Oh Fredoudou ! Un jour tu deviendras un grand Ange Gardien crois-moi !
Les joues rendues rouge par la joie que je pouvais apporter à mon Lieutenant et à son Orgueil que je caressais dans le sens du poil, je la laissais prendre soin de moi le temps d'une nuit avant de reprendre mes entraînements, mes souffrances et mes peines... Pour un jour retrouver mon frère et lui faire payer ce qu'il m'a fait.

***

J'ai dix ans tout pile quand Gabriel est venu me chercher pour me présenter à mon partenaire Ange Gardien... J'avais peur, c'était la première fois que j'allais rencontrer un Démon. La curiosité me rendait fébrile mais avec tout ce que j'avais appris sur cette race de vices, j'étais terrifié aussi. Gabriel posa doucement sa main sur mon épaule pour me calmer et il ouvrit la porte du "territoire neutre", entre Enfers et Paradis... Le Purgatoire. Deux silhouettes nous firent face, entrant dans la pièce quasi simultanément avec nous. Une Démone adulte et un Démon de mon âge...

Un Démon...

Je me souviens de ta tête ce jour-là... Entre la surprise et l’écœurement... Ouais, pour moi à l'époque tu n'étais déjà plus mon frère. Mais cette tête... J'essayais tant bien que mal de retenir mes larmes tandis que Gabriel essayait de me consoler sans comprendre... ...et tandis que j'essayais de t'étriper, empêché par Lorelei qui ne comprenait rien non plus. ...Après dix bonnes minutes d'explications, il a été quand même décidé que nous pouvions travailler en équipe. Nous étions leurs meilleurs éléments, ils avaient pas trop le choix en même temps. Pourquoi ?... Pourquoi tu as fait ça Fred ?! Tu aurais pu vivre si heureux ! Si libre !

Un Ange...

Et toute l'injustice de l'univers se présenta devant moi... Ce putain de sale lâcheur de Greg, là... était devenu un Ange Gardien. Tandis que moi je trimais éternellement aux Enfers, lui il se la coulait douce entres les Nuages. Et par quel mérite avait-il obtenu son titre ?! Après s'être gentiment suicidé en croyant sauver notre père ?! Après s'être montré purement égoïste en m'abandonnant à notre folle dingue de mère ?!... Forcément que j'ai vu rouge ! Je devais réagir comment ?! ...Laisser ce traître me traiter de monstre gentiment peut-être ! Nom d'un bouc mais sûrement pas !



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Satan
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Sam 23 Aoû - 15:16
Chapitre IV

Nota : Vous remarquerez que les Vertus (nommées "valeurs" dans le livre d'ailleurs) ne portent pas le même nom que sur le forum... C'est normal, à l'époque, le système des Péchés et des Vertus avait une place moins importante dans mon contexte.

Notre matinée en classe s’est bien passée. Notre rencontre avec le professeur principal aussi, ce petit monsieur fort enveloppé qui nous servira d’instituteur de mathématiques. Fred et moi étions au fond avec Billie et George, ainsi que Nadia et Sandy. Les deux garçons à notre droite, de mon côté et les deux filles à gauche, du côté de Fred. Nous pouvions discuter, pour le peu que nous réussissions sans nous faire remarquer. Frédéric et moi échangions une discussion plus personnelle. :
-Tu as trouvé les Vertus de nos nouveaux camarades ? chuchotais le diable.
-George c’est le courage, Billie l’intelligence, Sandy la bonté et Nadia l’innocence. Et leur Vice ? Tu les as trouvé ?
-Fastoche ! George c’est l’orgueil, Billie l’avarice, Sandy l’envie et Nadia la paresse !
-Silence au fond !

A midi, nous retrouvons notre protégée dans la cour. Marie était seule et semblait attendre quelqu'un, elle nous fit signe de la main. Nous étions accompagnés de Billie, George et François. Elle nous regarda d’un air fier :
-Et bien je vois que vous vous êtes fait des amis !
-Tu t’inquiétais pour nous ? s’étonna Fred.
-En même temps il y a de quoi avec toi ! riais-je. Me perdre dès le premier jour, il y a de quoi s’inquiéter ! Marie, je te présente Billie, George et François.
-Que des garçons ! J’aurais du m’en douter.
-En même temps, on n’a pas trop le choix… se plaignait George. Il n’y a que deux filles pour 33 gars dans la classe et elles sont déjà folles des jumeaux !… Mais tu es plus jolie.
-J’hésite en fait entre l’orgueil et la luxure pour George. me murmura mon diablotin.
-On mange ensemble ?… Je veux dire sans le gang des surdoués ennuyeux ?!
-Orgueil… concluais-je avec Fred.
-Il y a des tables de 6 au self… Autant en profiter au maximum ! répondit-elle innocemment.
Tandis que je vis poindre le désespoir sur le visage de mon ami rouquin, Frédéric éclatait de rire… Un rire que je trouve glauque et gras, comme tout ceux des diables. Il me prit par l’épaule sans cesser de rire :
-Elle est destinée au Purgatoire ?
-Marie ?… Oui.
-Tu devineras jamais son péché !
J’eu beau réfléchir, j’en n’eus aucune idée. Il ria une dernière fois avant de m’annoncer :
-C’est la luxure !
-Et alors ?
-Et alors ! C’est pas le comble du comble ?! Elle s’appelle Marie, comme ta sainte Mère qui se balade en toge blanche entres les nuages, elle a le même péché que cette dernière et n’a besoin d’être guidée vers Enfer ou Paradis !
-Ce que tu oublies, sombre et brûlant crétin, c’est que comme toute personne destinée au Purgatoire, elle possède toutes les valeurs…

Il resta bouche bée. En même temps, je le comprends un peu : les personnes du « Purgatoire » sont peu nombreuses de nos jours. Il y a de plus en plus d’humains qui vont aux Enfers, alors pour équilibrer, Ils ont voulu régir de nouvelles lois : seuls ceux qui ont plusieurs péchés et aucune valeur iront aux Enfers. Mais malgré ça, le déséquilibre est flagrant. Marie est le cas typique d’humaine quasi-normale. Si les hommes écoutaient leurs cœurs, nous en serions pas là, mon frère et moi, à courir après une adolescente en quête d’avenir… Nous avons rejoins nos camarades.

Dans la file d’attente (interminable) pour le self, nous discutions de notre passé. Billie est le fils d’un ingénieur informatique, il vient d’avoir 17 ans, il est brun aux yeux bleus, le plus petit de nous tous, il est aimable, doux et intelligent… Ce genre d’humain ne court pas les rues ! Ses parents ont divorcés, sa mère était une droguée (ça il ne l’a pas dit, nous l’avons sentis Fred et moi, surtout Fred.). George est né sous X et a été adopté par une famille très catho, il est roux aux yeux noisettes, va avoir 18 ans le 28 novembre prochain, aussi grand que moi, il est susceptible et un peu macho… Si il ne s’égare pas trop du droit chemin il pourrait aller au Purgatoire selon moi. François est plus grand que mon frère mais plus petit que moi, il aura 18 ans le 17 avril, il a les cheveux noirs, plus longs que les miens, pour des yeux bleus (très beau d’ailleurs), ses parents travaillent tous les deux dans une banque, il a des lunettes vertes foncées. Deux rugbymans nous avaient rejoins : le plus grand de tous, Sébastien, un brun aux yeux noirs à l’air très très très peu commode, nous dit qu’il venait d’avoir 20 ans et que c’était la troisième fois qu’il passait le bac, le deuxième était blond bouclé aux yeux bleus, au regard plus enfantin et corps moins musclé, il me dépassait de quelques centimètres seulement et s’appelait Moïse. :
-C’est pas possible… murmura Frédéric.
-De quoi ?
-Moïse ne peut pas être blond… Tu as déjà vu un hébreu blond ?!
-Premièrement, ce que tu viens de dire est raciste, deuxièmement, Moïse est blond.
-Nooon !
-Les clichés lui ont mené la vie dure au Paradis.
-Ouah le scoop !
-De plus, il faut que tu commences à comprendre la différence entre passé et présent, Marie la lycéenne que nous connaissons n’est pas la mère de Jésus !
-… Ouais.
Finalement ce fut au tour de Marie de se présenter. Et les gars se mirent à baver devant la petite pureté.

Mais bientôt, nous devions nous mettre en file indienne pour mieux passer les portes du bâtiment. Les garçons passèrent devant Marie sans ménagement et je retins Fred de peloter notre protégée à son passage « Mais ne t‘inquiètes pas frangin, je ne te tromperai jamais avec une vierge !» . Marie était la dernière de la file :
-Tu peux passer devant moi si tu le souhaites. proposais-je.
-Cela ne servira à rien, je mangerai bien tôt ou tard, pour une place de différence.
-S’il-te-plaît… Vas-y.
Elle passa devant moi. Je ne voyais que ses cheveux longs qui sentaient l’orange. Fred se retourna à son tour. :
-Puisque c’est comme ça moi aussi je vais devenir gentil ! en la laissant passer.
-Mais tu es déjà très gentil ! souriait-elle en caressant ses cheveux de jais comme un chien.

Je vis la peau de mon frère rougir légèrement. Je passais devant lui pour le protéger des yeux indiscrets. Il tremblait comme une feuille. :
-Ah… soupirait-il. Il me faut des glaçons.
-Tu comprendras que je n’en ai pas sur moi… Je t’avais dit de faire attention avec le contact de la gente féminine.
-Tu permets ! J’ai rien vu venir !
-C’est pas grave Fred, prends ma main, je dois être assez froid pour toi.
Effectivement, la température corporelle d’un ange frôle les 10 degrés. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est très utile quand mon frère manque de se transformer en diable. Il prit ma main libre des deux siennes, mon autre soulevant mon blouson pour le protéger du regard de Marie qui nous tournait encore le dos. Il la plaqua sur sa joue, se frotta le cou, la nuque et finalement la posa sur son cœur. Il souffrait. :
-Aah…
-Qu’est-ce que vous faite les garçons ?
J’abaissais mon blouson, Marie nous fixait avec étonnement. Je sentis les mains de Fred qui entourèrent mon cou et me rapprochaient encore de lui. Il avait retrouvé sa peau bronzé :
-Nous faisons quelque chose, expliquait-il, que tu découvriras quand tu seras plus grande… N’est-ce pas frérot d’amooouuurrreuh ?!
-AAH ! RECULE !

Le rire de Marie me rappela celui de maman… Tu y as pensé toi aussi ?… Oui. Quand nous étions encore vivant, et que nous étions heureux, maman riait aux éclats sans aucune retenue. On voyait ses dents et le fond de sa gorge. C’était marrant. Surtout quand papa lui faisait des chatouilles… Dire qu’on aurait pu vivre… Autre chose, tu crois pas Fred ? Je prie Greg…



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Lun 1 Sep - 12:26
Chapitre V

-Mamaaan ! Je suis rentrée !
Aucune réponse. La maison est vide. Ils ne sont pas rentrés encore… Heureusement. Je cours dans le couloir, direction la salle de bains. Au passage je pose mon sac devant ma porte de chambre. J’ai trop mal au ventre. Je baisse ma jupe, je suis pleine de sang. :
-J’en ai marre…
Je sors comme exténuée, mais je suis soulagée, c’est le dernier jour et après le retour de ma petite pilule et la disparition des douleurs ! Je prends mon sac devant ma porte et entre dans ma chambre… Sur la porte est écrit en lettre bleue « Marie ».

Je m’assois sur la chaise de bureau. Ce n’est que la rentrée et déjà je dois remplir des papiers, papa n’aura plus qu’à signer. Monsieur Deignin, notre professeur de mathématiques nous a déjà donné quelques exercices. « Pour tous réels strictement positifs a et a’, et pour tous réels b et b’, on a : a-b = 1/ab … » … Je regarde l’exercice encore quelques secondes avant de m’y atteler. Un quart d’heure après, j’avais fini et j’entendais le bruit de la porte d’entrée. :
-Je suis rentrée !! Marie t’es là ?
-Petite sœur ? Viens !
C’est Eve. Elle est plus jeune que moi, de deux ans et elle est plus belle aussi. Elle est celle qu’attendait papa, avec ces longs cheveux dorés et les yeux verts de maman. Elle ne va pas dans le même lycée que moi, papa a investi pour qu’elle soit dans le privé. Il tient beaucoup à elle et je l’aime de tout mon coeur. :
-Ca va ? T’as l’air patraque… s’inquiétait-elle.
-Les ovaires qui travaillent.
-Oh… Maman rentrera ce soir tu crois ?
-J’espère…
Elle s’assoit sur mon lit et me raconte sa journée : elle a retrouvé quelques amies dans son lycée, Emma et Sarah surtout, elle en fut très heureuse. Elle n’a besoin de personne d’autre, disait-elle, tant qu’elles sont dans sa classe cette année, elle saura que ça va bien se passer. Je vis la joie sur son visage d’enfant… Visage d’enfant et corps de femme. Je ne l’envies pas, je la respecte. Il n’y a pas beaucoup de garçon dans son lycée, la plupart sont externes. Elle a croisé un certain Jérémy et m’expliquait qu’elle le connaissait pour avoir été son amie en primaire. :
-Et toi Marie ?
-Je me suis fait beaucoup d’amis… A mon plus grand étonnement.
-Il n’y a pas de quoi pourtant ! T’es aussi jolie que douce et aimable. Quand on te voit tout le monde à envie de te connaître…
Je sentais l’émotion dans sa voix… J’avais oublié que ce que j’avais (la sociabilité et le cœur de maman), Eve ne l’avait pas. Et inversement…

On entendit la voiture se garer devant la maison. Eve sortit à la hâte de ma chambre… Il ne faut pas que papa sache que nous parlions. Je pris les papiers et me plaçais dans l’entrée pour accueillir papa. Il entra, des sacs de course aux bras qu’il lâcha négligemment. Il me regarda froidement. :
-Qu’est-ce que tu veux ?
-C’est des papiers pour le lycée…
Il passa au-dessus des sacs et m’arracha les dossiers des mains. :
-… Tu as vu Eve ?
-Oui.
-Tu lui as parlé ?
-… Un peu.
Je vis toute sa colère dans ses yeux. Puis il articula dans une respiration :
-Ramasse.
J’ai couru vers les sacs de course. Il s’éloigna vers la pièce où sur la porte, était écrit en lettres rouge sang « Eve »… Je versais une larme en regardant les œufs, il y avait un seul survivant.

Mon père est un homme bourru... Il a passé sa jeunesse à la ferme et il est actuellement ouvrier. Il a les mains abîmées à cause de cela. Ces gestes sont brusques, il ne sait faire aucun travail délicat. Les rares fois où je l'ai vu cuisiner, il a passé autant de temps à nettoyer qu'à faire à manger... Du coup, je m'en occupe. Je lui ressemble un peu... J'ai les même cheveux et les mêmes yeux. Parfois il me regarde en souriant, et me dit que je lui fais penser à sa propre mère. Ma grand-mère que je n'ai malheureusement pas eu la chance de rencontrer.

Je termine tout juste de ranger les courses quand mon père revient de la chambre d'Eve... Comme toujours, elle n'a pas le droit d'en sortir... Il la protège, c'est son trésor... Et je le comprends. Il s'assoit sur une chaise en soupirant très fort. Je sors une bière fraîche du frigo et la pose devant lui. Doucement, ses lèvres arrivent à dessiner un sourire. :
-Merci mon ange.
Je lui rends son expression avant de me mettre aux fourneaux. Cette soirée allait peut-être être moins difficile que les autres.

Ce soir, maman ne rentrera pas à la maison. Comme tous les soirs depuis treize ans.



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Lun 1 Sep - 20:56
Chapitre VI

Nota : Le système des Missions est plus compliquée dans le roman... Là où, sur le forum, les Anges sont à demi Terrestres et peuvent donc revêtir leur propre corps Humain, dans le roman, ils "habitent" un corps Humain qu'ils fabriquent à l'aide de leur pouvoir... C'est un processus long et épuisant. Les Démons ont aussi ce système s'ils sont morts naturellement... Ce qui n'est pas le cas de Fred. Il possède son corps de Démon sur Terre et il le transforme chaque matin pour paraître Humain.

Quand nous sommes rentrés avec Fred dans notre appartement, il nous semblait avoir tout le poids du monde sur les épaules. Nous avons soupiré, Frédéric s’est installé sur une chaise et s’est étalé sur la table pendant que je lui cuisinais quelque chose pour lui remonter le moral… Voir un diable vidé d’énergie c’est comme voir un humain vidé de ses tripes... C'est... pas normal quoi. :
-Va prendre un bain, t’ira mieux après.
-Je t’emmerde… Frérot.
-Ah, tu ne vas pas commencer ! Dégages dans la…

Je me suis mis à trembler. Mon corps ne supportait plus l’enfermement de mes ailes. Le corps humain est vraiment trop complexe pour moi. « Mon » cœur devait battre trop vite et la chaleur de l’ancien corps recommençait à augmenter. Fred me regarda un instant, se leva puis alla en direction de la salle de bains. :
-Sors un coup, t’ira mieux après.
-Je t’emmerde… Frangin.
Il entra et bientôt j’entendis le bruit de la douche. J’hésitais à faire sortir mes ailes du corps humain ou à sortir au risque de ne plus pouvoir rentrer…

J’hésitais toujours quand je vis une étincelle sur le siège où Fred était assis il y a quelques instants. Je souriais dans ma douleur… :
-Tu sais bien que ça ne sert à rien de te cacher. Même humain, je devine la présence des Anges…
Je vis Gabriel apparaître au fur et à mesure… Il avait pris une apparence de femme cette fois. Des cheveux si long qu’ils touchaient le sol, une auréole, une robe noire, des ailes immaculés dans le dos, il était aussi beau homme que femme. :
-Des difficultés mon ange préféré ?
-Tu crois pas si bien dire.
-Attends, je vais t’aider.
Il se leva plein de grâce et posa sa main dans mon dos. Mes ailes sortirent dans un horrible craquement d’os, comme si il avait débouché une bouteille de champagne. Je ne fus soulagé qu’après avoir hurlé à la mort. :
-Merci…
-Il n’y a pas de quoi.
-Que nous vaut cette visite ? dis-je en reprenant ma place dans la cuisine.
-Ils ont vu que vous aviez des ennuis avec vos apparences humaines alors Ils m’ont envoyé.

A cet instant, Frédéric sortit de la salle de bains, nu comme un ver, tout en se séchant les cheveux. Quand il vit Gabriel, il sursauta et cacha ses attributs de sa serviette. :
-Qu’est-ce que … ?
-Salut toi ! salua l’ange gaiement en prenant le diable dans ses bras. Ca faisait longtemps !
La peau de Fred redevint rouge sang, ses cornes commencèrent à repousser quand Gabriel lâcha mon pauvre frère. :
-Effectivement, cela risque de devenir un problème.
-QU’EST-CE QU’ELLE FOUT LA ??!!!
-Oh ! Calme-toi un peu ! Gabriel est venu nous aider.
-C’est pour ça que je dois être humilié ?!
-Un diable humilié ? On aura tout vu !
-Arrêter les garçons ! Je suis pas venu là pour vous écouter hurler ! Fred ! Je t'ai vu grandir aussi je te signale alors laisse-moi te dire que la vue de ton engin ne m'intéresse pas ! Et enfin Greg, on ne parle pas comme ça à son frère même si c'est un Démon !... raah quelle famille de dingues j'vous jure !
Silence. Pendant lequel Fred ne put sans aucun doute se retenir de fixer la « poitrine » de Gabriel. Il attendit encore un peu. :
-C’est bien. Vous êtes prêts pour une nuit blanche ?
-Ouais ! s’excita l’animal.

Gabriel passa le début de soirée à m’expliquer le fonctionnement des ailes d’un ange dans le corps humain pendant que Frédéric mangeait de tout son soûl. Je vous passe les détails de l’affaire. Il me conseilla de voler au moins une heure par jour histoire de ne pas craquer dans le monde extérieur. Je me décidais à le faire de nuit, pour ne pas me faire remarquer. Fred nous interrompis à la fin de son repas :
-Pourquoi je n’ai pas eu le droit à un corps humain ? Je perds du temps à modifier mon corps pour les lendemains.
-Parce que toi tu as vendu ton corps au Diable, expliqua Gabriel, ton frère lui est mort comme il se doit.
Fred fronça ses sourcils, je savais bien quel était son point de vue sur la question... L'Archange n'aurait pas été là, j'aurais sans doute eu droit à une longue discussion sur notre passé. Mais je ne regrettais rien de mon geste... La seule chose que je regrettais, c'est ce qu'il était devenu. Mais ça, il ne le comprenait pas et ne l'acceptait pas.

Le restant de la nuit, Gabriel passa son temps à toucher Fred jusqu’à ce qu’il contrôle ses envies démoniaques. Vers la fin, il finissait par rougir naturellement comme un humain… Ce qui séduit l’Ange :
-Tu es si mignon quand tu es comme ça !
Il lui sauta au cou :
-Gabriel ! Ne fais pas ça !
-Quel dommage… chuchota Fred. Je t’aurais bien ramené en Enfer.
-Parles-en à ton patron ! Tu donneras mes salutations à Lucifer...
Lucifer et Gabriel... Une vieille histoire. :
-...J'ai pas envie de mourir une nouvelle fois merci.
L'Archange sourit tristement avant de disparaître dans une pluie d’étincelle…

Fred s’étira :
-On va pouvoir faire dodo…
-Il est trois heures du matin. Nous serons levé dans quelques heures. Tu préférerais pas qu’on… parle un peu ?

De quoi avons-nous parlé ? De nos erreurs je crois… Notre passé en général quoi. Et de papa aussi, nan ? Oui… Il était bon papa. Quand maman est partie, il prenait soin de nous. C’est bien que tu reconnaisses cela en lui Fred. Je crois que ce sera la seule chose… Il avait la main leste. Parce qu’il ne savait comment nous punir autrement, ce n’est qu’un père. Ce n’ « était »… Il est mort aussi. Purgatoire ? Ouais… Cette nuit, tu avais l’air content de me parler. Je déteste te parler. Moi aussi… ça me fait plaisir. Mouais… Je ne me souviens plus comment notre conversation s’est terminée. Je te racontais l’histoire que papa nous disait avant qu’on aille se coucher… Puis tu t’es endormi sur mes genoux. ...Je ne me souviens pas de cette conversation je te dis. Moi non plus.



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Lun 1 Sep - 22:11
Chapitre VII

Notre vie de lycéen était tellement bien cadrée que nous avions du mal à ne pas croire que nous étions plus humains… Peut-être est-ce du à ce que nous l’étions il n’y a pas si longtemps. Nous sommes morts… Quand est-ce déjà ? :
-Fred ? Quand sommes-nous décédés ?
-Hum… Il y a treize ans aujourd’hui je crois. Tu es mort ce jour-ci et moi, le lendemain.
-A quelques minutes près…
Nous nous sommes tus. C’était encore trop douloureux. Ce que nous avions vécu était trop puissant pour des enfants, et ne nous concernait pas surtout. Mais Frédéric avait tendance à ne rien comprendre, sur ce point-là il n’a pas changé… Il est sorti de l'ombre lorsque... je... et lorsque notre père est mort à son tour. Comment ?… :
-Comment est-ce qu’il a été tué déjà ?
-D’une balle dans la tête.
-Ah oui, forcément… Nous sommes quel jour ?
-Le 19 septembre…
-Les garçons !

Marie nous appelait du préau. :
-Vous êtes fou ! Il est en train de pleuvoir comme vache qui pisse !
-Quelle délicate créature. murmurais-je, ma remarque faisant doucement rire Fred.
Mais c’est vrai, l’été était bel et bien terminé. Depuis ce matin, il y avait de l’orage, de l’orage d’automne tout frais, comme il en pleuvait il y a treize ans. La pluie tombait droit, inexorablement. Pas de vent, des nuages gris, pas noirs, couvraient les cieux. :
-GREG ! FRED ! hurlait-elle.
Nous étions trempés comme si nous sortions du bain. Elle secoua les cheveux de Fred, mais il garda son apparence. Je remerciais Gabriel et nos séances de maîtrise du soir intérieurement. :
-C’est malin, vous allez vous enrhumer avec ça !
-Nous profitons de la pluie ! C’est tellement rare…
Je toussais pour interrompre Fred… Oui, c’est tellement rare qu’il pleuve en enfer ! :
-C’est tellement rare ? s’étonnait Marie.
Il n’eut le temps de lui expliquer plus en détail puisqu’il partit à la poursuite de George dans la cafétéria. Je crois qu’en deux semaines nous avons vraiment inspiré la confiance à tous. Ce qui personnellement me désole, pauvres humains aveugles. :
-Grégoire ? s’inquiéta ma protégée.
-Tu n’avais pas des amies qui t’accompagnaient en début d’année ?
-Si, mais comme nous ne sommes pas dans la même classe, elles ont voulu couper les ponts je pense. Je ne leur en veux pas, après tout je vous ai rencontré.
-Marie, t’es si gentille…
Elle rougit. Puis je sortis de mon sac un paquet cadeau. :
-Joyeux anniversaire… 18 ans c’est ça ?
-Oui mais comment tu sais ?
-Tu nous l’avais dit la première fois que nous avons mangé au self.
Elle souriait en déballant l’objet : un collier avec une de mes plumes d’ange. :
-C’est joli.
-Tu aimes ? C’est de la part de Fred et moi.
Il faut bien mentir de temps en temps. Elle passa la chaîne d’argent autour de son cou :
-Merci. dit-elle en embrassant ma joue droite.
-De rien. répondis-je en embrassant la sienne.

Fred, George, Billie, François, Sandy et Nadia revinrent. Nous avions tous terminé les cours à 15 heures aujourd’hui, coup de chance ou … ? Je ne devais pas réfléchir. :
-Bon, on va où ? demanda Billie.
Marie sortit un appareil photo de son sac tandis que les garçons hésitaient :
-Un bar ?
-Un restau ?
-… Une boîte de strip-tease !
-Tu sais, nous ne sommes pas tous comme toi George, je veux dire, obsédé…
George tira la langue à Marie qui était en train de faire la mise au point sur son visage. Les filles rirent. Billie cria puis montra une direction du doigt. :
-Un bowling !
-Ouais !
Nous avons traversé la rue puis sommes rentré dans l’établissement. Nous avons payé une partie pour sept, François déclara qu’il n’aimait pas jouer. Nous ne l’avons pas forcé. Une serveuse vint nous demander si nous voulions consommer. George prit les commandes de tous pour pouvoir « communiquer aisément ». Nous nous sommes installé à la piste 2, François sortit son livre de maths et Nadia eut du mal à prendre une boule. :
-C’est lourd !
Elle tira tant bien que mal face à nos regards amusés, mais son espoir fut déçu car la boule avait atterri dans la gouttière. François ria aux éclats, Fred eut la délicatesse de se retenir et Marie immortalisa le moment. George revint le sourire aux lèvres et tira : 7 quilles puis 2. Quand Sandy se leva, la serveuse était de retour avec les boissons. George voulait lui apporter son aide… :
-J’ai pas besoin d’un garçon qui ne sait pas faire de strike.
Cette fois-ci, Fred ne se retint pas de rire...
-Et Sandy, tu fais quoi là ?
-Des strikes…
La demoiselle enchaînait les strikes... Elle disait n'y avoir jamais joué, il fallait croire que la chance du débutant existait... pour elle. Marie, qui avait tout autant de mal à toucher une quille que Nadia, s’installa un peu plus tard aux côtés de Frédéric, pour lui montrer la photo où Billie faisait le moon-walk pour avoir réussi un tir… Si elle savait.

D’ailleurs, si elle savait est-ce que cela changerait quelque chose ? Est-ce qu’elle pourrait nous accepter ? J'en doutais... Sinon pourquoi devrions-nous cacher notre véritable identité aux Humains ?... Mais du peu que nous savions pour le moment, elle me semblait déjà si... différente. Je me connectais au collier que je lui avais offert, pour lire ses pensées...

Je ne sais pas trop pourquoi je suis là. Suis-je gentille à leurs yeux ?… Non, je ne dois pas me poser de questions, ils m’aiment vraiment sinon ils ne m’auraient pas invitée. Ah ! C’est à mon tour… … … C’est tout ? Ah! C’est que je ne tire pas assez fort ? Bon deuxième essai… Youpi ! Toutes les quilles sont tombées ! Je suis heureuse d’être venue, j’aurais raté quelque chose ! Ils sont tellement vrais… Pas comme toutes celles que j’ai pu côtoyer… Et bien ?… Greg est en train de rêver les yeux ouverts ?… Tiens ! Surprise !

Je détourne mon regard vers Marie qui sourit l’appareil photo en main. :
-Bah voyons, grondais-je, je vais avoir l’air beau moi avec la paille en bouche !
-C’est toujours mieux que le râteau de George !
-TA GUEULE FRED !
Et tandis que je riais avec ma protégée, Fred vint nous rejoindre réclamant de voir ma photo.

Et si elle savait ?…

***

Quand nous sommes rentrés, Gabriel était déjà là sous sa forme masculine. Nous étions encore trempés de la course sous la pluie. :
-Regardez moi ça…
Nous avons ri en commençant par nous déshabiller. L’Ange revint avec des serviettes :
-Alors comment cela s’est passé les jeunes ?
-Elle a prit le collier comme prévu…
-Quel collier ? demandais Fred.
-Celui que j’ai offert à Marie pour son anniversaire.
Frédéric s’immobilisa, comme frappé par le foudre de la vérité, et se tapa son front de sa main. Je souriais :
-Je lui ai dit que c’était de la part de nous deux, t’inquiètes.
-Le regard des humains t’importe maintenant ? ironisais Gab.
-Je suis aussi responsable de Marie... Que ça vous plaise ou non, son sort m'importe aussi.
Il récupéra son apparence de diable, mais il garda ses yeux verts. Il s’en alla dans la salle de bains. :
-Il est efficace ? me questionnait l’Archange, revenant au collier.
Fred revint avec sa lime et entrepris le limage de ses cornes comme chaque semaine. Je fis apparaître mes ailes et me concentrais :
-Marie vient de rentrer chez elle, ses parents ne sont pas là. Elle évite la chambre de sa sœur, entre directement dans la sienne…
-… et ? insista Gabriel.
-Et je vais pas entrer dans son intimité !
-C’est quoi cette histoire ?! s’agaça mon frère en interrompant son labeur.
-Avec le collier je suis en communication directe avec le visuel de Marie… Ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent.
-Pourquoi je ne suis pas au courant ?!
-Parce que… C’est vrai ça pourquoi il ne devait pas être au courant ? dis-je à Gabriel.
-Parce que les diables peuvent faire la même chose, mais d’une façon différente…
-JAMAIS je n’aurais fait ça à MARIE !
-Oui bon, calmais-je, maintenant c’est fait et tu es au courant… Si tu veux je mets ses pensées à ta disposition.
Gabriel se raidit mais Frédéric refusa, croyant ma bonne foi. C'était une autre raison pour laquelle nous étions les meilleurs Anges Gardiens... malgré notre différence, nous arrivons à croire en l'autre.

L’Ange repartit, nous laissant nous occuper de nous. Après avoir limé ses cornes, Frédéric fit de même avec ses dents, dents pointues comme celles des vampires, dont je ne comprenais pas encore l’utilité. Il alluma le gaz de la cuisinière pour y mettre le bout de sa queue. Il en vérifiait ainsi la dureté et récupérait sa température naturelle d’une soixantaine de degrés. Pendant qu’il s’affairait en cuisine, moi je lavais mes ailes, passant mes doigts trempés entre chaque plume. Je n’osais pas mais je finis par demander à mon petit frère :
-Quelle est la façon diabolique de s’emparer des pensées des humains ?
Il fit tournoyer sa queue pour éteindre les flammes qui en brûlait le bout. Il ferma le gaz. Je compris qu’il ne voulait pas répondre alors je repris mon labeur… :
-Il faut boire…
Je levais mon regard inquiet vers lui, il était toujours face à la cuisinière. :
-Il faut boire le sang de l’humain auquel on veut voir les pensées.
-Je vais paraître… méchant. Mais pourquoi tu ne l’aurais pas fait à Marie ?
Il marqua une pause en serrant fort ses poings, son sang noir commença à couler sur le lino blanc. Il tourna sa tête lentement et juste assez pour que j’aperçoive ses larmes, des larmes noires aussi.

Mon esprit avait encore l’ancien réflexe de prendre mon frère dans mes bras quand il n’était pas bien, je n’eus le temps de comprendre que quand j’entendis le bruit de ma chaise qui tomba au sol et la brûlure de mon contact avec Fred. Il n’en fut pas surpris non plus, il leva ses bras jusqu’à entourer mon cou. Je me retins de crier de douleur (nous avions 40° de différence) et lui de trembler. Il était secoué de sanglots mais je ne savais toujours pas pourquoi. Il enfonça sa tête dans mon torse nu, me mouillant d’eau chaude... et puis il me repoussa aussi violemment que je m'étais approché de lui... Je ne fis rien pour le retenir. Après tout, on se faisait plus de mal que de bien en se prenant ainsi. Je l'entendis maugréer tout un chapelet d'insulte tandis qu'il essuyait ses larmes et son sang. :
-Je connais mon boulot... Marie doit rester sans destinée pour l'instant... Je ne vois pas comment utiliser ma méthode sans la dévier du droit chemin, si tu vois ce que je veux dire.
Oui, c'est pas une situation anodine que de demander à boire un peu du sang d'une jeune fille. Il s'appuya à l'évier, me tournant le dos. :
-Et puis j'apprécie Marie. Je suis peut-être un Démon mais sa compagnie... m'apaise. Je ne pense plus à qui je suis en sa présence.

Au fond de moi, je le comprenais. Je le fis asseoir sur une chaise, sortis une trousse de secours et commençais à nettoyer les entailles de ses paumes. Il essuyait ses larmes comme il y a treize ans, d’un air boudeur, peut-être honteux, qui me fit sourire. Nous devenions de plus en plus humains, c’était bien mais… Ce n’était pas notre mission. Nous ne savons toujours pas ce que nous devons faire pour aider Marie et ça me mettait en colère. Fred ne devait pas oublier qu’il était un diable, pas maintenant en tout cas :
-Va faire un tour, proposais-je après avoir fini les soins, va trouver des âmes perdues.
-J’ai pas la tête à ça.
-Tu te sentiras mieux…
Son visage se crispa : il savait parfaitement que c’était vrai mais… Commençait-il à haïr cette partie de lui-même ? :
-Ouais… A plus tard.
-Je te prépare un dîner de démon !
Il souriait et pourtant, il referma la porte un peu trop fort. Je pris la cocotte-minute et le plus gros morceau de viande que je puisse trouver dans le congélateur. Mon frérot ira mieux demain, quand il aura envoyé des prostitués dans son Enfer, quand il trouvera les vices des enfants qui seront encore debout, quand il reprendra goût aux horreurs des hommes…



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Satan
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Lun 1 Sep - 23:25
Chapitre VIII

Hier soir, quand Frédéric est rentré, il avait ses ailes de démon. C’est rare quand il les sort, c’est souvent quand il revient des Enfers ou qu’il a dépassé son cota d’âmes… Je ne préfère pas savoir ce qu’il a fait hier entre ces deux options. En tous cas ce matin il était joyeux, il a mangé le double que ce qu’il prend d’habitude. Il n’a pas parlé d’hier et reprenais ces paroles de bêtes. :
-En tous cas, il n’y pas une prof potable dans ce lycée…
-La ferme…
Sur le chemin, on a croisé Billie. On a apprit qu’il habitait dans le quartier… Après tout, son père est riche, alors cela ne nous a pas étonné. Oui, car le quartier n’était pas banal. Des beaux jardins, des maisons généralement, des immeubles de trois étages aux appartements immenses, comme le notre. « Le quartier riche » de la ville, avec tout à proximité : épicerie, pharmacie, lycée au bout de la rue.

Billie habitait chez lui, seul. Son père travaille à l’étranger durant l’année scolaire. Il parlait beaucoup avec ses mains, intelligemment. Je l’aimais bien, ces yeux bleus rappelaient les miens. :
-Alors c’est cool la vie en colocation ?
-Si on avait une chambre de plus, blaguait Fred, je suis sûr que Greg sauterai sur l’occaz’… Enfin, il sauterai l’occasion plutôt.
-Pauvre con.
-Tu sais Grégoire, dit Billie, je n’ai rien contre l’homosexualité même si j’en suis pas.
-Je suis pas GAY ! hurlais-je en frappant le haut de crâne des deux gars.
Soudain mon regard se pose sur le creux de la main droite de mon camarade humain. Une étoile à l’envers dans un cercle y était dessiné. Billie suivit mon regard et mit précipitamment sa main dans sa poche. J’insistais tout de même. :
-C’est un tatouage ?
-Oui, répondit-il de mauvais cœur, j’aime beaucoup ce symbole alors je l’ai gravé sur ma peau… Ca me rappelle ma mère.
Sa mère, une droguée morte prématurément, avait donc un rapport avec ça. :
-De quoi vous parlez les mecs ? interrogea Fred, toujours en retard.
-Rien, t’inquiètes. On devrait commencer à se dépêcher, sinon nous allons être en retard !!!
Billie courut devant nous. Des grandes foulées d’athlètes, lui qui n’est pas sportif.

Frédéric me regarda d’un air grave. :
-Quelque chose ne va pas frangin ?
-Il a un pentacle inversé tatoué sur la paume de sa main droite… Tu sais ce que cela veut dire ?… Toi, qui vient de l’Enfer, tu devrais être au courant.
-C’est un… un alchimiste ?
-Un alchimiste, les pires humains qui puissent exister sur terre, qui cherchent l’immortalité pour satisfaire leur envie insatiable de pouvoir, de puissance.
Une grande campagne d’extinction a été mis en place contre ces sorciers par le Créateur et Satan, abjection pour l’Un, voleur d’âme pour l’Autre. :
-Enfin, relativisa Fred, il n’y a pas que les alchimistes qui ont un pentacle inversé…
-Ouais, les sorciers, les mages noirs, certains satanistes,… Bref des choses préférables à l’état d’alchimiste tu trouves ?!
-Calme-toi Greg ! Il y a sûrement un malentendu. Il doit avoir un caducée d’argent sur lui… Si on le trouve, t’auras la preuve qu’il s’agit d’un alchimiste.
-Ca me donne envie de vomir. Et puis quelle satisfaction j’aurais d’apprendre que l’un de mes amis est un alchimiste ? Je devrais le dénoncer à Gabriel ou aux Anges-d'armes…
-Des Anges-d'armes... Laisse-moi rire...
-Dans tous les cas, si tu veux en apprendre plus sur Billie, c’est ton droit de démon. Mais ne me mets pas au courant…
Mon diable fit de grands yeux. Il prit mon bras de sa main puissante, j’ai cru qu’il allait exploser mon bras avant de me souvenir que j’étais aussi dur que lui. :
-Si je comprends bien, articulait-il, tu vas mentir à ton barbu ?!
-Je ne Lui mentirais pas si je ne suis pas au courant.
-Mais Il est sensé tout savoir !
-C’est la parole des Hommes ignorants contre la mienne.
Il laissa tomber sa main. Je vis sur son visage toute sa surprise, un peu de mécontentement et peut-être un léger dégoût. C’est quoi son problème ? Lui qui aime les mensonges, il devrait être content de voir un ange en créer. Il devrait être réjoui car en rentrant, je vais devoir faire mon devoir, me punir. Ne me dite pas que cela lui déplaît ! :
-Je te préviens Greg, ce soir si tu fais ça... Je m'en irai.
-Allons au lycée.

Je marchais devant pour une fois, poussé par un peu de colère. Je me haïssais de trahir un peu le Créateur. Et j’haïssais Fred pour sa pitié, quand il me voit m’auto-flageller, il doit aimer, alors c’est quoi cette compassion de merde.
Où sont-ils ?
Les pensées de Marie… Agitées, inquiètes…  Qu’as-tu ma protégée ?
Billie vient d’arriver tout essoufflé. Pourquoi les a-t-il semés ? Ils ont peut-être eu un souci, un accident de voiture ? Non ! Ne pas penser au pire… Ou bien agressés par Jack l’éventreur ? … Putain ! Vous auriez pas pu vous dépêcher !! J’ai eu peur de vous perdre moi !
-LES GARCONS ! criait-elle.

Marie se précipite sur moi, se jetant à mon cou. J’entendis un rire étouffé derrière moi. Frédéric sait parfaitement que je n’aime pas les contacts humains. Je la laisse faire mais j’écarte mes bras… Pas question de la toucher ! :
-Purée, les garçons, ne me faites plus jamais ça !
-Pardon.
-Toi non plus espèce de crétin !
Elle me quitta pour prendre Frédéric à son tour. Lui n’hésita pas à la serrer contre lui. De loin, je vis le mot « luxure » formé par ses lèvres. Je fronçais les sourcils. :
-T’inquiètes Marie, nous sommes indestructibles ! se vanta mon frère.
-Je m’en fous ! Ne soyez plus jamais en retard !
-Je crois que nous devons aller en cours… murmurais-je.
J’avais encore la sensation du corps de la jeune femme sur le mien, je me sentais pas bien. :
-Ouais, allons-y.

Nous avons eu un contrôle d’histoire. George n’a pas arrêté de parler de son prochain anniversaire (dans deux mois quand même… il s’y prend très tôt je trouve). Il parlait d’une soirée en boîte… Nadia n’était pas d’accord, enfin, ses parents ne voudront sûrement pas. Sandy se taisait, comme d’habitude… :
-Je te dis qu’elle est étrange, chuchotait Fred, cette nana.
-Moi je te dis que tu vois le mal partout.
-Mais je suis le mal !
-Sandy, dis-je, tu comptes faire quoi pendant les vacances ?
-Fêter Halloween bien sûr ! Et, le 28 novembre, aller à l’anniversaire de George…
-Bonne idée ! fit l’intéressé. Je vous invite tous à faire de même !
-D’accord mais pas en boîte ! cria Nadia.
Nous sommes sortis du self, le sourire aux lèvres… Sauf moi, qui avait l’impression que mon corps brûlait et Sandy qui me fixait intensément.

Je regardais le comportement de Billie aujourd’hui. Il n’avait rien d’inhumain mais je ne pouvais m’empêcher de fixer sa main droite. Fred me raconta peu de détails, juste qu’il avait des gênes de magie noire… Sans doute provenant de sa mère. C’est tout. Pendant la récréation, George et Fred étaient descendu en dehors du lycée pour aller fumer, Billie et Nadia était au C.D.I., et j’étais avec Moïse et Sandy sur un banc en attendant que le temps passe. Moïse était dans la filière L et n’arrivait plus du tout à suivre les cours. :
-Moi, tant que je fais du rugby je suis heureux !
-Oui, mais les hommes ne peuvent se contenter de ça de nos jours.
Moïse me regarda avec étonnement, Sandy traduisit :
-Ca veut dire que tu auras toujours besoin de travailler pour pouvoir subvenir à tes besoins et pour jouer au rugby… Et la base de tout ça, c’est le travail fournit ici.
-Oh ! Bah fallait le dire plus tôt Greg !
-Mouais…
-MOÏSE ! hurla le coach peu commode à l’autre bout de la cour.
-Entraînement… désolé !
-Bon courage.
Il partit à la hâte. Sandy se rapprocha de moi, je reculais. :
-Billie t’inquiètes ?
Je me tourne vers elle, les yeux énormes. Son visage ne change pas d’expression, elle me fixe le regard vide… J’avais l’impression de faire face à un cadavre. :
-Oui…
-Tu devrais bien justement. Le serpent est caché près du cœur.
-Greg ! me hélèrent Fred et George.
En quelques secondes ils nous rejoignirent, mais elle partit vers les toilettes, sans doute pour aller voir Marie. George puait la mort… Il ira définitivement en enfer. :
-Surveille-moi Sandy aussi…
-Je te l’avais bien dit… murmura le démon. J’ai toujours l’œil.

Quand nous sommes rentrés Fred et moi, le silence gagnait l’appartement. Il me regarda avec des yeux tristes. :
-Arrête de jouer la comédie et apporte-le moi.
-Mais…
-Frédéric ! Fais ce que je te dis !
Il courut dans sa chambre. Je retirais mon manteau et ma chemise… Seigneur, c’est quoi cette pitié ? C’est un démon, il doit aimer ça même si je suis son frère. Il doit accepter ça car c’est mon devoir… J’entendis les prières de Marie.
Faites que papa ne soit pas rentré… Je vous en supplie.
Frédéric revint avec le fouet et me le tendit. Je le pris. Il recula jusqu’à se heurter au mur et glissa pour s’asseoir, il cacha son visage. :
-Regarde, bête à cornes.
-Non…
-Crétins des flammes.
J’ai défait le lien qui maintenait le fouet, je me suis agenouillé.
Il est déjà là !
J’ai lâché l’arme de torture.
Je suis désolée d’être rentrée tard ! Je raccompagnais Nadia !
J’ai mis ma chemise, pris mon manteau, suis sorti de l’appartement sans attendre mon frère.
Ne me fait pas mal !! Excuse-moi papa !

Je me suis envolé directement, créant une détonation lorsque mes ailes sortirent. Ma chemise se déchira mais j'en n'avais rien à foutre. Je devinais maintenant notre mission : donner l’amour que ne pouvait donner son père violent, l’éloigner des griffes malsaines de cet humain, l’aider à grandir. Je fis le lien rapidement… Mais pourquoi ce père la violentait-il ? Et pourquoi pour une chose aussi bête ? C’est sûr qu’arriver en retard chez soi c’est faire peur aux parents inquiets mais un tel excès de rage !
Aïe ! Arrête ! Pas là ! Ne me tapes pas au visage !
Je me sentais trop en colère, il fallait que je calme l’envie de frapper cet homme au fond de moi… Je ne suis pas Fred. D’ailleurs où est-il ? Quand on parle du loup, le voici. Il cours juste en dessous de moi. Sa queue de diable traînant derrière lui. :
-Attends-moi bordel ! Qu’est-ce que tu fous ?!!
-Marie est en train de se faire battre par son père !
Je vis un éclair rouge passer devant moi et mon frère apparut à mes côtés dans les airs, ses ailes de chauve-souris dans le dos… :
-Bah quoi ? Ca m’arrive aussi dans les cas d’urgence !
Eve ne sort pas !
Qui était cette Eve ? En tous cas, elle aussi semblait en danger.

Nous rétractons nos ailes, chutons d’au moins dix mètres avant d’atterrir devant la porte de la maison de Marie. J’étais sûr que c’était ici, je l’entendais.
Qui que vous soyez, partez s’il-vous-plaît…
On risque pas de s’en aller ne t’inquiètes pas. Fred et moi mettons nos manteaux pour couvrir nos chemises en lambeaux. Et la porte s’ouvrit :
-Qui êtes-vous ? gronda le père, aux cheveux grisonnants.
Je posais mon index contre son front, sort de confusion, histoire d’être maître de la situation sans donner quelques soupçons à notre humaine. J’avançais d’un pas. :
-Nous invitons Marie à dormir chez nous ce soir. A moins que cela… ?
-Cela me réjouit, dit l’homme ensorcelé, Marie prépare-toi !
Elle était déboussolée mais elle finit par penser qu’il voulait se débarrasser d’elle. Elle courut dans sa chambre. :
-Fred, lui chuchotais-je, va la rejoindre et essaye de savoir qui est Eve.
-C’est sa petite sœur, je le sens… Dans la pièce face à la sienne… Et pourquoi c’est à moi d’y aller ?
-Parce que je ne peux pas entrer dans une chambre de fille, crétinus.
-Pff…
Il s’en alla rejoindre Marie.

Deux minutes plus tard, elle alla dans la pièce d’à côté et dix minutes plus tard elle me présenta Eve, sa petite sœur. :
-Au revoir papa.

***

-Pourquoi vous faites ça ? demanda la petite Eve.
Elle avait des cheveux blond vénitiens, des yeux verts comme ceux de Frédéric. Sa petite voix et sa taille me donnait envie de la prendre dans mes bras comme pour un bébé. Elle était très différente de Marie physiquement. M’enfin, plus rien ne m’étonne ! Je suis bien le frère jumeau d’un démon alors… :
-On voulait faire plaisir à notre amie, répondit-il, et on a pensé que ce serait bien que sa petite sœur vienne.
-Vous ne saviez même pas que j’avais une sœur ! s’exclama notre protégée.
-Nous sommes perspicaces tu sais !
Je ne pus m’empêcher de rire. Fred se vengea en me donnant une gifle dans la nuque.

-Bienvenues chez nous !
Nous entrâmes dans l’appartement. Fred s’empressa de cacher le fouet et d’aller ranger sa chambre, sans doute. Eve pouffa de rire, je devinais qu’elle était pareille. Elles posèrent leurs sacs et leurs chaussures dans l’entrée, elles étaient encore en uniforme. :
-Salle de bains, ma chambre et celle de Frédéric… Il y a un verrou à la salle de bains… Vous voulez manger quoi ?
-Ce qu’il te plaît… rougit Marie, gênée de nous « déranger ».
-D’accord.
Fred réapparut pour aller dans ma chambre. Je compris qu’il allait retirer tous les éléments ayant un rapport avec notre mission. J’allumais la gazinière. :
-Bon, petit pois carotte pour tout le monde !
-Avec un bon steak ! hurla mon frère dans la pièce voisine.
Les filles pouffèrent avant de décider que ce serait à la plus jeune de prendre sa douche en premier. Marie s’assit sur la chaise que j’occupe habituellement. :
-Merci les garçons…
Le diable entra soudain. :
-De rien, ça fait plaisir !
Puis il retourna dans sa chambre. :
-Qu’est-ce qu’il fabrique ? demanda Marie.
-Il se promène… ça lui fait du bien.
-Vous habitez tous les deux…… Où sont vos parents ?
J’ouvrais la boîte de conserve avec mes ongles. :
-Dans les cieux, j’espère.
Je mentais encore… L’homme était au Purgatoire, l’autre fuyait les enfers. :
-Je prierais pour eux et leurs bons enfants.
-T’es pas obligée…
Non, vraiment pas.

Fred revint avec un jeu de carte et un cigare en bouche. :
-Ma qué ié vé vous montré qué ié soui lé plou forté.
Il entama une première partie avec Marie, la faisant oublier les coups par le rire. Eve sortit de la salle et ce fut le tour de sa sœur. :
-Vous allez dormir dans ma chambre, signalais-je à Eve, mon lit est bien plus grand. Fred, tu vas rester dans ta chambre, tu déplieras la chauffeuse pour moi s’il-te-plaît.
-C’est fait frangin.
-Ok, alors c’est prêt.
Marie sortit en pyjama de la salle de bains puis nous mangions en silence.

Que pensait-elle à ce moment-là ? Elle se demandait comment on avait fait pour arriver pile poil au bon moment. Tu lui as expliqué le jour où …? Oui… Je ne t’en veux pas, tu sais… FERME-LA ! JE SUIS UN ANGE FREDERIC ! TU NE COMPRENDS RIEN ! JE SUIS LA LUMIERE ! JE SUIS LE GUIDE ! MOI ! MOI ! MOI !

Nous nous sommes tous couché dans nos chambres respectives. Le fait de dormir près de mon frère, me rappelait beaucoup de souvenirs…
Dormir avec ma sœur me rappelait beaucoup de souvenirs…
Je souriais d’avoir eu les mêmes pensées que ma protégée au même moment. Fred le remarqua et souriait à son tour… Je le questionnais :
-Qu’est-ce qui te prend ?
-Il est maintenant trop tard pour te flageller…
-Merde.
-Je suis content.
Je le regarde dans les yeux mais son sourire n’est pas diabolique. Je ne le comprends plus depuis la nuit où papa a été tué. :
-Qu’est-ce qui t’as pris ?… demanda-t-il.
-De quoi ?
-Qu’est-ce qui t’as pris de te mettre entre elle et papa ! Tu ne pouvais pas le protéger !
-Je sais…
-Mais alors pourquoi ?!
Si je répondais que c’était un réflexe d’amour il ne comprendrait pas et pourtant il ne supporte pas quand je me fais du mal… :
-Et toi qu’est-ce qui t’as pris ?… fis-je.
-De quoi ?
-Qu’est-ce qui t’as pris de vouloir me ramener ! Tu ne pouvais pas défier les lois de la nature !
-Je sais…
-Mais alors pourquoi ?!
S'il me répondait que c’était par pur égoïsme je ne le comprendrais pas et pourtant je l’accepte tel qu’il est, quitte à faire des concessions et j’en oublie de me punir… :
-Il faut qu’on arrête de parler de ça, de toute façon ces discussions à effet miroir ne mènent à rien…
-T’es bien sage ce soir Fred, c’est parce qu’il y a les filles à côté ?

Et là, comme pour me prouver une nouvelle fois son identité, il se leva majestueusement et debout sur le lit, il colla son oreille au mur. :
-Fred !
-C’est de ta faute, tu viens de me le rappeler !
Je secouais la tête avant de m’allonger.
La chambre de Grégoire était simple comme je m’y attendais. Il y a une croix au-dessus du lit ce qui m’étonne. Je me suis agenouillée devant elle et fis ce que j’avais dit à mon ami un peu plus tôt dans la soirée « Seigneur Dieu, aujourd’hui Grégoire et Frédéric m’ont éloignée un peu de ma souffrance quotidienne, s’il-vous-plaît, bénissez-les pour leur grand cœur… Amen. ». Eve me regarde elle ne semble pas étonnée… Elle regarde la croix de biais : « Pareil de ma part, Monsieur ! ». Je ris avec elle. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ris avec elle comme ça.
Je me redresse un peu et regarde mon frère. Il fait de même avant de regarder sa paume, je comprends sa décontenance. :
-Tu penses à ce que je pense ? dit-il tout en regardant toujours sa main.
-Nous n’avons pas disparu à l’instant malgré la prière de Marie… Donc l’aider et la sauver de son père n’était pas notre mission.
La main claqua le front de Fred. Moi, je me suis retourné en même temps triste et heureux : triste de n’avoir toujours pas aidé ma protégée, heureux de pouvoir rester encore un peu sur terre avec mes amis.

Tu es la Lumière... Pff, t'es aussi sombre crétin que le fond de ton cul. Ta gueule Fred. C'est moi, qui dit QUAND les autres doivent la fermer. Là ! La majesté des Anges ! Ca se dit tout beau, tout propre, ça pète plus haut que ses couilles, ça ouvre sa gueule pour dire qu'il est plein de loupiottes qui clignottent MAIS ALORS quand ça subit l'Humanité il n'y a plus personne ! PUTAIN ! Mais comment tu veux comprendre les humains ?! Tu n'as rien d'humain ! Ferme-la. Tu n'as plus rien eu d'humain à partir du moment où tu t'es placé entre papa et le flingue que tenait maman ! FERME TA PUTAIN DE GUEULE DE CORNU !



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Satan
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Jeu 4 Sep - 1:00
Eeeet deux pour le prix d'un !

Chapitre IX

Le lendemain, nous avions ramené les sœurs chez elles pendant que le père travaillait. Le visage de Marie était toujours souriant, elle dit qu’elle devait prendre le bus pour aller prendre des cours d’équitation en dehors de la ville. Alors nous la quittions bientôt pour rentrer chez nous, dégourdir nos véritables apparences. Les jours qui suivirent furent très difficiles pour nous : il était rare que nous nous trompions dans les missions et tomber ainsi dans la désillusion nous a choqué, sans doute. Fred entama ses recherches sur Sandy mais il ne trouva rien, même pas de dossier scolaire, elle qui est pourtant au lycée avec nous. Il ne me parla plus de Billie, et la tension entre mon ami et moi se faisait sentir chaque fois que l’on se voyait. Mais nous devions vivre ainsi à présent… dans la détresse humaine… Nous étions le premier octobre.

Nous sommes dans la cour le Diable et moi avec Marie, George, Sandy, François, Nadia et Billie car nous avons une nouvelle fois fini à 15 heures. Il faisait beau mais froid, nous avions nos manteaux. Les doigts de François étaient paralysés, en bon élève, il avait tenté de faire ses devoirs anglais. La cafétéria était fermée, la permanence occupée par les terminales ES. Alors on faisait ce qu’on pouvait pour nous occuper, Fred ,lui, n’oubliait pas son enquête. :
-Pourquoi tu restes avec nous Sandy ?
-Je protèges Nadia de vous…
George se mit à rire ce qui fit rougir la petite humaine. :
-Et puis vous sentez bon.
Le rieur fit les gros yeux avant de se rapprocher imperceptiblement de la mystérieuse femme. :
-Je veux faire mes devoirs mais je ne veux pas rentrer !
-Pourquoi François ? demanda Marie.
-Bah… Je suis bien avec vous.
Nous avions tourné nos visages étonnés vers le malheureux matheux qui baissa la tête vers son sac entrouvert. Nous venions de découvrir que nous étions une vrai bande de copains… Nous comptons les uns les autres depuis le premier jour sans aucune explication, réaliste bien évidement. Et le pire, c’est que nous étions unis sans savoir ce que chacun cachait, ne voyant que le bon côté en lui. Aveuglément… comme des hommes. :
-Allez, fit George en tendant son bras devant lui, nous sommes le gang des salauds.
-Pourquoi des salauds ?
-Nous avons tous de la saloperie en nous Greg, nan ?
Quand maintenant j’y repense… :
-Alors, le gang des salauds.
Frédéric posa son bras tendu sur celui de George, Nadia hésita mais fit de même ainsi que Sandy, François et moi. Billie ne sembla pas d’accord. :
-T’en fais bien un de beau salaud… murmurais-je.
-Pardon ?
-Je trouve que t’es hypocrite avec toi-même c’est tout.
-Surtout que je n’entre pas dans tes convictions c’est ça ?
-Euh... tenta de calmer mon frère. Les gars...
-T’as beau faire l’ange, souffla Billie, tous finissent comme Lucifer.

Je le toisais, il avait deviné mon vrai moi. Je m’énervais un peu. :
-Je suis bien plus honnête que toi et tes pratiques douteuses.
-De quoi ils parlent Fred, je comprends rien. chuchota Nadia.
-Oui ça suffit maintenant. Arrêtez.
-Est-ce que tu me connais assez pour me juger ?! criait mon « ami ».
-Après ce que j’ai découvert j’ai bien l’impression que non !
-Alors pourquoi vous nous persécutez ?!
-Stop !
-Parce que ce que vous faites est ignoble.
-Vous aussi je signale… Vous avez emmené ma mère.
La discussion allait loin mais je ne faisais rien pour l’arrêter… Et tout empira quand Billie me bouscula. J’ai vu rouge, je lui ai empoigné le col de son manteau gris. Frédéric se redressa soudain, et tentait de nous séparer calmement. Sandy se rapprocha de Nadia qui essayait de cacher sa stupeur de ses mains. François recroquevilla sur le banc tandis que George attendait debout, voyant que Fred me maîtrisait un peu.

Puis j’entendis un son, pur, doux qui venait du sol. Billie ouvrit ses yeux avec horreur, je suivis son regard vers son pendentif, le caducée des alchimistes était au sol. J’ai lentement relâché mon ami, le regardant avec miséricorde. Il ramassa sa chaîne d’argent avec la croix et constata. :
-La chaîne est cassée.

***

Je suis en train de tomber, tomber éternellement. Quelle horrible sensation de chute. Je suis Grégoire, l’Ange au prénom d'humain. Celui qui a été au Paradis et je suis en train de tomber. Autour de moi le néant, pas de noir pas de blanc, juste le néant. Pas de bas, pas de haut, je ne sais pas où je dois poser mon regard. J’ai l’impression que l’on m’enveloppe et qu’on m’étouffe : regarde ce que tu hais, regarde ce que tu es ! Et puis on me brûle… J’ai chaud, et le monde autour de moi rougit. Des flammes m’enlacent, j’ai l’impression que je vais mourir une nouvelle fois. Mais c’est impossible alors je souffre. Cette fois, je me rends compte que je tombe à plat ventre et je vois, les flammes qui me touchent, qui me lèchent, qui me caressent presque indécentes. La chaleur m’abrutit, je crois voir le visage de Marie. Soudain, mon long voyage se termine. Je m’écrase lamentablement sur le sol brûlant. J’ai cru l’espace d’un instant que j’allais fondre et puis tout à coups… Elle m’assaille, elle me bat, elle me tue une nouvelle fois pointant son arme sur moi. Elles l’entourent, les flammes, cette silhouette noire… Elle n’a plus son arme, elle se redresse, elle me regarde et elle me sourit. :
-Tu l'as déjà rencontrée ?… Je suis contente.
La silhouette s’évanouit mais le feu est toujours là.
PRENDS-MOI DANS TES BRAS !
-AAAAAH !


Je me redresse, assis sur mon lit. La couverture au sol, en caleçon, je transpirais. J’avais l’impression que je revenais de mon rêve. J’ai entendu des pas puis je vis la porte s’ouvrir dans la volée et Frédéric dans l’encadrement, complètement paniqué, le visage alarmé, le souffle coupé. :
-Salut frérot. fis-je essoufflé.
Il tomba à genoux devant mon lit, comme s’il s’apprêtait à prier. Je sentais, je savais qu’il attendait ma réponse. C’est normal, si un ange rêve c’est un message souvent prémonitoire. J’ai eu mal au ventre… J’ai… peur ? :
-Alors ? s’impatientait mon frère.
-Je sais pas… J’espère pas en tous cas.
-Ca va les jumeaux ?
Gabriel était à l’entrée, sous son apparence féminine. Il avait l’air inquiet. Frédéric se leva. :
-Ouais… T’es au courant de quelque chose ?
L’Archange abaissa son regard. Je sortis mes jambes du lit, m’appuyais sur Fred. :
-Laisse-le, va. Va me faire du chocolat chaud.
-Tu ne bois plus de chocolat depuis 13 ans frangin… Tu ne peux plus précisément.
-Ah… Ouais… Gabriel ?
Il releva la tête, les yeux pleins de larmes. :
-Ca n’arrivera pas hein Greg ?
Il sanglota. J’eus un peu mal, un peu de pitié. J’étendis mes bras, Gabriel se précipita vers moi. Ces pleurs me faisait pas de la peine non… J’ai eu cet orgueil de me dire que j’avais fait pleurer mon ami. Frédéric tapota l’épaule de l’ange qu’il brûla un peu sans le vouloir. :
-Allez, demain on a des trucs à faire nous.
Puis il s’en alla. :
-Dis-moi que ça n’arrivera pas. me chuchota Gabriel.
-…Tu veux dormir ici ?
-… Hum…
Il s’écarta de mes bras pour s’allonger dans mon lit.

Pourquoi tu n’as pas cherché à comprendre ? Pourquoi tu n’as pas cherché à me l’expliquer ? … C'était déjà en route, simplement du à notre humanité retrouvée et nos amitiés. Mais nous avons pas voulu regarder, pas voulu analyser le pourquoi. Nous étions devenus égoïste comme les hommes car c’est ce que nous sommes redevenus pour mourir à nouveau. Tu n’as pas répondu à ma question… Toi non plus…

Gabriel est parti tôt ce matin. Il s’est levé sans me réveiller et s’est envolé par la fenêtre. Je me suis levé ensuite, pour préparer le petit déjeuner de mon diable. Je lui ai fait une pizza tomate-jambon-6 fromages-poivrons-oignons-pommes-bolognaise-foie de canard-pâte d’amande et avec ça, un verre de lait. Pile au moment où je posais l’assiette sur la table, il sortit de sa chambre. Il s’étira. :
-Bonjour frangin.
-Bonjour… Ne m’appelle pas comme ça.
Il se mit à sourire puis s’assit à sa place, moi à la mienne. :
-C’est pas juste, toi t’as des visites de nuit.
-Pas drôle…
-Je voulais dire que t’as des amis toi !
-T’as qu’à inviter quelques démons…
-C’est vrai ?
L’espace d’un instant j’ai regretté mes paroles… Mais après tout… :
-Ouais. A condition qu’ils ne fassent pas de conneries.
-Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en Enfer !
-Pas drôle Fred…
Il but cul sec son lait avant d’attaquer sa pizza. :
-Gab’ est parti tôt ce matin…
-Oui, sans me dire au revoir.
-Moi non plus. dit-il les yeux mouillés de larmes naissantes.
-Crétin.
-C’est ce que tu lui as dit à propos de Billie qui l’a fait fuir ?
-A propos de Billie ?
Il resta un instant en suspens, la bouche ouverte à deux centimètres de la pizza. Il lâcha le tout avant de me regarder droit dans les yeux, l’air indigné. :
-Tu n’as pas signalé que Billie était alchimiste ?!
-Non…
-Mais !… s’opposa-t-il avant de s’interrompre.

Il se reposa sur sa chaise et avala tout rond la pizza. Il regarda la table. :
-Tu as encore faim ? demandais-je.
-Non… Ce matin, nous devons aller chez Billie pour préparer Halloween dans une semaine. Je ne vais pas t’accompagner mais je vous rejoindrais cet après-midi.
-OK.
Fred était déjà parti quand je sortis de l’appartement. Il avait un rendez-vous en Enfer peut-être… Les rues du quartier étaient devenues triste, cela sentait l’automne : le sol était constamment mouillé de pluie et les arbres qui perdaient leurs feuillages petit à petit.

Et quelque chose d'étrange me fit tiquer... Enfin, ce n'était pas plus étrange que d'avoir un frère démon, un ami alchimiste et une protégée dont on ne comprend pas les prières... Disons que c'était singulier. Un homme, un sans-abri, remontait la rue en me suivant sur le trottoir opposé. Il était sale, tellement sale que la seule chose qui ressortait chez lui était le blanc de ses yeux abîmés... Il devait être aveugle. Chaque fois que je m'arrêtais, il s'arrêtait... Je ne cherchais pas à comprendre... Il ne vint pas à ma rencontre, et en me fixant, il ne faisait rien de mal... Bientôt, il dut s'arrêter à un carrefour, comme s'il avait peur de traverser et me regarda m'éloigner sans en avoir l'ombre d'un sentiment.

J’arrivais chez Billie, il avait une de ces grandes maisons qu’on trouve rarement en ville. Il y avait une baie vitrée à l’étage qui laissait voir une immense bibliothèque. J’attendais devant la grille. Je n’avais pas peur, je voulais rester neutre pour mon ami. Même le jardin m’indignait : des sapins, des épineux partout, signe d’éternité. J’étais immobile et j’avais mal au ventre. Pourquoi le seul humain que j’avais trouvé correct avait choisi une des voies que je détestais le plus ? Peut-être a-t-il déjà croisé le Maître des Enfers ? A-t-il pour but de m’éloigner de ma mission, de Marie ? Je n’ai même pas sursauté quand il apparut devant moi, derrière la grille… Je devais être et demeurer neutre. :
-Ca va Greg ? T’as l’air pâle.
-Les anges sont connus pour l’être… Salut.
-Euh… Je te fais entrer.

C’était assez étonnant à l’intérieur. Tout était recouvert de poussières, comme si personne n’avait habité ici depuis des siècles. Je passais mon doigt sur le buffet que je ne soupçonnais pas fait de bois à la base puis fixais la saleté avec désespoir. :
-On a du boulot…
-C’est pas ici, signalait l’alchimiste, le pire c’est là-haut !
Il pointa le plafond de son index, j’ai cru qu’il se moquait des cieux mais il indiquait juste l’étage du dessus… Tout avait un air lugubre sans être dévasté ici bas. Mais au premier, tout était lumineux grâce à la baie vitrée et même si les murs étaient couverts de livres, la pièce n’avait rien de confinée. :
-Voilà ma pièce.
Il y avait sur le sol de nombreux parchemins, livres et pots éparpillés. Trois tables seulement pour soutenir le reste,  celle du milieu avait une montagne de casseroles, de cuillers, d’alambics, d’entonnoirs empilés (je me demandais sérieusement comment cela pouvait tenir en équilibre !), celle de droite encore des livres eux aussi empilés et ouverts avec une plume et une dizaine de pots d'encre vides, et sur celle de gauche je pus reconnaître son sac de lycéen au sol et ses devoirs terminés et proprement fait dessus. Le contraste me fit sourire. Dans un coin, il y avait un poêle avec un soufflet et plusieurs tenailles de différentes tailles que Billie avait réussi à accrocher au mur. D’ailleurs, mon ami courut à l’autre bout de la pièce. Il regarda un étrange four dont émanait un grande chaleur qui me fit un peu reculer. :
-Qu’est-ce que c’est ?
-Un athanor… Le four de l’alchimiste !
-Qu’est-ce qui brûle pour qu’il fasse aussi chaud ?
-Rien… A l’intérieur, c’est un feu perpétuel. Tu sais, le même feu qui est apparu à Moïse je crois… Bah c’est l’un de ce genre. Sauf que je sais pas si c’est Dieu qui a fait le mien !
Je le regardais tout sourire fasse à son « four ». :
-Pourquoi tout ça ?
Il devina que je ne comprenais pas son envie de savoir, et d’être un horrible alchimiste. :
-Je pensais bien que tu me poserais cette question… Ma mère était une alchimiste, droguée certes mais alchimiste. Elle passa du temps à rechercher la pierre philosophale afin de combler ses envies et pulsions humaines… Elle n’y a pas réussi. Je suis tombé sur ses recherches par hasard il y a quelques années, et elle a découvert que la pierre pourrait guérir beaucoup de maladie comme des cancers et peut-être même le sida et la leucémie ! Je me suis dit que, même si ma mère avait de mauvais penchants, elle n’en restait pas moins une humaine douce et honnête. Alors j’ai poursuivis ses recherches, pour elle et pour peut-être, sauver des êtres qui méritent de vivre…
Je l’ai regardé quelques instants encore. Puis j’ai admiré le sol, couvert de papiers sur lesquels je ne comprenait pas les écritures mais juste quelques dessins comme des papillons et des yeux (que Billie faisait à la perfection). :
-Je me demande comment on va ranger tous ça… soupirais-je.
-J’ai des cachettes secrètes dans les lattes de plancher !
-Comment ça ?
-Des vieux réflexes d'alchimistes... Comme on était poursuivi à la fois par les Démons et par les Anges, dans le temps, ils ont appris à se cacher. Et c'est resté depuis faut croire.
-Ouais... Faut croire.


Chapitre X

Nota.0 : Grosse référence au forum dans ce chapitre What a Face !

Nota.1 : Un petit cours d'histoire des Enfers ?... Dans plusieurs encyclopédies sataniques, on peut trouver des arbres généalogiques pour Satan et quelques autres des Princes. Avec différentes Démones, il aurait eu un fils aîné, deux filles et deux paires de jumeaux... Les plus jeunes jumeaux auraient eu une relation incestueuse. Satan l'a tout de suite désapprouvée mais c'était trop tard, sa fille était enceinte de Lorelei. Il a décidé qu'ils garderaient l'enfant mais en cacherait ses origines... Pour les Enfers, Lorelei est comme un Jésus infernal : une immaculée conception d'une fille de Satan afin d'assurer la pérennité des Enfers. ...Quand je vous dis que les Enfers c'est une histoire de famille.

Nota.2 : Et si vous ne connaissez pas cette MAGNIFIQUE chanson alors je vous en SUPPLIE écoutez-là... MAINTENANT !


J’avais peur de demander à mon père, en même temps, c’est normal. Mais depuis que j’ai dormi chez les jumeaux, il est plus méfiant et plus dur que d’habitude. Alors je voulais en parler à Eve avant… Même si nous habitions dans la maison, que nos chambres étaient l’une en face de l’autre, il fallait toujours parler via internet. :
Marie dit
-Qu’est-ce que je dois lui dire ?
Eve dit
-A papa ? S1plmen la vérité. Tu pe ri1 fer dotre.
Marie dit :
-Parle français s’il-te-plaît…
Eve dit :
-Ok. Je sais que c’est une mauvaise habitude.
Marie dit :
-Ouais, pour en revenir à papa, je n’ai vraiment pas envie de risquer ma peau !
Eve dit :
-Je comprends mais tu ne peux pas faire autrement. Soit tu lui mens (ce que tu n’oseras pas faire, c’est con), soit tu le lui dit... Et puis de quoi tu as peur... Tu as deux super-héros qui veillent sur toi !
Marie dit :
-
Eve dit :
-Tu vas lui mentir ?
Marie dit :
-Je vais tout de suite lui en parler.
Eve dit :
-Dégonflée.

Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, je ne suis pas comme elle. Mentir à papa, c’est impossible. C’est idiot peut-être dans certains cas mais c’est comme ça chez moi. Je suis allée d’un pas décidé jusqu’au salon, puis j’ai ralenti devant la porte ouverte. Il regardait la télévision d’un air blasé, une canette de soda dans une main, la télécommande de l’autre. Il a maigri depuis quelques temps, je l’ai déjà vu comme ça à la disparition de maman. J’ai attendu dans l’entrée. :
-Excuse-moi mon ange, viens.
Je me suis assise à côté de lui, il poussa doucement ma tête pour qu’elle se pose sur son épaule. :
-Qu’est-ce que tu veux dis-moi ? demanda-t-il comme si il était déjà au courant.
-Je ne veux pas… Je souhaiterais aller à une fête pour Halloween.
-Une fête ?
-Oui.
-…Explique-moi.
-Le père de Billie a accepté qu’on fête ça dans sa maison pour éviter qu’on traîne en ville…
-Et il y aura ?
-Mes amis…
-Donc pas d’adultes.
-Non… Enfin, quelques uns d’entres nous ont déjà 18 ans mais ce n'est pas pareil je sais.
-Ouais.
Il y eu un silence profond, j’attendis sans impatience. :
-Tu feras attention à toi.
-Oui papa. Merci.

Je suis restée sur son épaule et me suis endormie. Cela faisait longtemps que papa n’avait pas maigri, cela faisait longtemps qu’il ne m’a pas dit « oui ».

***

Le lendemain, au lycée, Billie donnait les dernières infos pour le 31 octobre. Son adresse pour ceux qui ne la connaissait pas, George qui devaient emmener telle ou telle musique… Marie souriait beaucoup et je devinais qu’elle avait eu l’autorisation de venir ce soir-là. Je n’arrivais à comprendre les sentiments du père à la fois protecteur et désintéressé de sa fille. Enfin, elle venait, c’était le principal… :
-On fera chambre mixte ? demanda George innocemment.
-Ah non ! Ah non !
-Je suis d’accord avec Nadia. dit Sandy. On ne va pas là-bas pour te servir de viande, hein Marie ?!
-Euh…
-Mais t’avais dit que je sentais bon !
-Je ne parlais pas à toi en disant ça George.
Tout le poids des mondes tomba sur les épaules du rouquin… Le pauvre homme. Il enchaînait les râteaux. François changea de sujet :
-By the way, qui va se déguiser en quoi ?
-En diable ! déclara Fred.
-En sorcier ! hurla Billie.
Je saisis l'ironie de la situation et tenta tant bien que mal de garder mon calme.

C’était notre dernier jour au lycée avant les vacances. Je n’aurais jamais cru qu’on aurait été si vite intégré à un groupe d’humain… Enfin humain, l’un d’entres eux, Billie, avait déjà un ticket V.I.P. pour brûler en enfer et une autre, Sandy, semblait intouchable selon Frédéric. :
-J’ai beau chercher et me concentrer, j’arrive à ne percevoir que son péché.
-Qui est ?
-L’Envie.
Je réfléchissais à une espèce (d’ombre ou de lumière) ayant couramment ce vice… Quelques uns me vinrent en tête et… :
-Qu’est-ce que tu fous Greg ?
Je me suis retourné un peu paniqué. Je fixais le sourire de Sandy, dents parfaitement blanches… :
-Je méditais.
Elle souriait une nouvelle fois avant de caresser ma joue. Elle devait avoir froid puisqu’elle ne me brûla pas. Puis elle courut rejoindre Nadia, loin devant nous. :
-Tu as supporté son contact ? demanda mon frère.
-Je ne la sens pas plus humaine que toi et moi.
Il soupira tandis qu’on descendait les escaliers pour rejoindre nos amis qui n’étaient pas si simples.

-DOUDOU !
Fred se pétrifia, je suivis son regard pour voir arriver un nuages de tulles noires. Le démon tenta de s’enfuir mais la chose, qui était une jeune fille, sauta à son cou. Il garda son apparence humaine mais j’eus quand même une frayeur. Elle était habillée tout en noir, une robe, une cape, de longs tissus si légers qui donnait l’impression qu’elle volait. Et elle parlait fort. :
-Fredoudou ! Qu’est-ce que j’apprends ce matin ?! Que tu descends nous rendre visite sans oser venir me saluer ? Qu’est-ce que tu peux être mignon toi !
-Lorelei ! Tu m’étouffes !

Lorelei… La petite-fille de Satan… La patronne de mon frère... Sur terre… A quelques mètres de Marie… Mais t’étais complètement fou ! Crétin des flammes ! Mais t’avais dit que je pouvais inviter qui je voulais… Et en plus, je voulais lui faire plaisir ! Tu ne t’es pas rendu compte qu’elle représentait un danger pour la mission ?! Non ! Lorelei n’est pas comme ça ! En attendant, elle nous a aussi mené à notre perte !

Nous sommes rentrés Fred et moi après avoir souhaité de bonnes vacances à tout le monde. Lorelei avait disparue de mon champs de vision, je la supposais retournée en enfer. Elle nous avait collé, même quand nous avons bu un verre, même quand George lui a fait des avances (énième râteau le pauvre), elle avait l’air d’une enfant qui suivait sa famille plus âgée. Les démons m’exaspèrent avec leur rire glauque et leur façon d’envier les humains tout en les côtoyant. Alors ce soir-là j’étais un peu fatigué de tout ça… J’avais presque envie de rentrer au paradis. :
-Je vais prendre une douche. dis-je.
-Ok.
Il n’y a pas plus propre qu’un ange, j’ai même pas besoin de douche (comme les stars de cinéma qu’on ne voit jamais dans les toilettes). Mais ça fait toujours du bien.

Les pensées de Marie étaient floues, elle devait être en train de dormir alors je n’ai pas enfoncé un peu plus mon esprit dans le sien, la laissant dans la plus belle des choses qui puisse exister, le sommeil. Je suis sorti de la douche, pris une serviette et sortit de la salle de bains pour m’habiller dans ma chambre… Et je me suis retrouvée devant Lorelei. :
-QU’EST-CE QU’ELLE FOUT LA ??!!
-J’ai l’impression d’avoir déjà vécu cette situation… murmura mon frère.
-J’avais envie de rester, justifia la démone à la voix chantante, alors Frédéric m’a proposé de venir.
Je n’ai pas réussi à comprendre ce qu’elle me disait, tout ce que je savais c’est que j’étais un ange presque nu devant l'engeance de Satan ! :
-Oh ! Qu’est-ce qu’il est mignon quand il rougit !
J’ai évité son étreinte à temps puis j’ai hurlé. :
-Discussion familiale !
Je me suis assis sur ma chaise habituelle, Fred en face, Lorelei ne bougea pas. :
-J’ai dit « familiale » …
-Mais je fais parti de la famille !
-Depuis quand t’es sortie du même trou que le notre !
-Greg ! cria mon frère en se levant. S’il-te-plaît, sors Lorelei.
Elle ne fut même pas surprise et sortit doucement de l’appartement. :
-Qu’est-ce qu’il te prend Fred ? Et la mission tu veux la foirer ?!
-Non ! Je veux juste faire plaisir à…
-Comment tu veux lui faire plaisir mon pauvre ?… En l’invitant sur terre pour quelques temps, la réduisant à la condition humaine ?! Tu n’as pas compris que nous sommes les seuls à la supporter en Haut et en Bas ?! Tu n’as pas compris que tu ne lui feras « plaisir » qu’en lui ramenant des humains peureux ?… La Reine de la Peur… Tu l’as oublié, ce surnom ?!
-Le seul surnom que je lui ai donné est celui de « sœur »… C’est grâce à elle que j’ai une bonne place dans la Cour de Satan, c’est grâce à elle que je sais tout sur moi, sur mon apparence et sur mon rôle Ici et en Bas. Durant les années où nous avons été séparé par la mort, c’est elle qui a pris soin de moi…
-Nan mais je rêve…
-Quoi ?
-Pour toi, je suis moins ton frère qu'elle ta soeur ?! MAIS TU T'ENTENDS ?!
-...Je rêve où tu es jaloux ?
Je soupirais pour toute réponse. Mes cheveux avaient séché… :
-Je vais m’habiller, fais-la entrer… Nous dormirons tous les deux…
-... Ouais.
Fred ouvrit la porte à Lorelei qui s’était assise dans le couloir. Pour moi, elle souriait trop pour avoir l’air définitivement innocente… Elle avait des cheveux courts ondulés d’un châtains un peu clair qui m’étonna. Elle avait l’apparence d’une adolescente de 16 ans mais si je compte bien, elle avait un peu moins de 2000 ans à cette époque… :
-Je vous fais un cocktail du diable pour fêter ça ?
-S.M.Q.I. grondais-je.

Qu’est-ce que tu lui avais dit ? Sunt Mala Quae Libas… Qui veut dire ? Tes breuvages sont mauvais. … Et tu crois qu’elle t’a compris ? Bien sûr ! Il n'y a que toi qui ne suit pas les cours de latin des Anges !... ...Deux jours plus tard, je lui avais fait du café, et elle a dit I.V.B.[/i] ????? Ipse Venena Bibas soit Bois toi-même tes poisons. Moi qui croyait qu’il y avait une bonne ambiance dans l’appart’. Je te signale que, comme Gabriel, Lorelei nous a élevé aussi ! Faisant d'eux les parents les plus bizarres de l'univers... Ouais j'suis au courant. Héhé, imagine-les en train de se bécoter... AH ! SEIGNEUR NON ! TA GUEULE SALOPERIE DE DÉMON !



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Satan
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Jeu 4 Sep - 15:41
Chapitre XI

Il était là. En bas de l'immeuble... Quand j'ai soulevé le rideau ce matin pour admirer le soleil se lever, il était déjà là... Il a levé ses yeux morts vers moi, comme s'il me sondait. Ca m'a pétrifié. La lumière gênait Fred (qui avait dormi avec moi pour laisser son lit à Lorelei) et il se leva en maugréant, demandant ce que je pouvais bien foutre à la fenêtre à cette heure. Mon frère se plaça à mes côtés pour suivre mon regard. Il se pencha perplexe. :
-Bah quoi ? C't'un clodo.
-Je crois qu'il me suit.
Un long silence... suivi d'une gifle qui me fit perdre de vue le sans-abri. :
-Fred ! Bordel mais t'es con !
-C'est toi l'con... Pourquoi il te suivrait ce pauvre bougre ?! Regarde il est parti.
Il sortit de la chambre en slip et en bougonnant que c'était grave si les Anges se droguaient au point d'avoir des hallucinations, puis il rentra presque aussitôt, plaquant son dos à la porte. :
-Faudra qu'on songe à leur apprendre à se servir de la porte d'entrée.
-Gabriel ?
-Bingo.
-Tu n'as qu'à songer à t'habiller avant d'entrer dans le salon.
-CA VA !
Je souris, et vite, bien trop vite, j'oublis cet homme étrange.

J'entre dans le salon, en jean et en chemise blanche, et j'accueille Gabriel sous sa forme féminine d'un sourire. Par habitude, je vais aux fourneaux. :
-Salut Gab' !
-Vous dormez ensemble maintenant ?
-Lorelei est ici.
Comme pour approuver mes dires, la démone sortit de la chambre à son tour, habillée de sa robe noire voluptueuse. Elle ne se départit pas de son sourire en voyant l'Archange. :
-Gabriel.
-Lorelei...
Avoir ces deux-là comme tuteurs m'a toujours donné l'impression d'avoir des parents divorcés... C'étaient des personnes qui se respectaient mutuellement, mais dès qu'ils étaient en présence de l'autre, une espèce de tension naissait dans la pièce, comme si au moindre moment ils pouvaient se jeter dessus et se déchirer... Heureusement pour nous, ils étaient assez matures pour laisser leurs différents de côté pour nous aider à grandir. Lorelei vint près de moi. :
-Fred mange correctement ici ?
-Te fais pas de soucis pour ça, dit l'intéressé en entrant à son tour habillé cette fois, je rattrape toutes mes années au pain et à l'eau grâce au frérot.
-C'est bien mon grand !
Elle lui papouilla les cheveux et sa barbe naissante avant qu'il ne parte se raser dans la salle de bains. :
-C'est vrai qu'il a bien grandi ! remarqua Gabriel.
-Pas autant que Gregougou ! Mais il a su se rattraper. Il a une énorme …!
-Gabriel, interrompis-je, tu es venu pourquoi cette fois-ci ?
-Oh, j'ai entendu dire que vous alliez à une fête et j'avais envie de vous aider à vous préparer.
-Ouh ! Moi aussi ! Moi aussi !
De voir mes tuteurs aussi fébriles, j'eus du mal à refuser leur aide bienveillante.

Après le déjeuner, Fred posa les sacs plastiques sur la table. :
-Vous avez prévu de vous déguiser ? demanda Lorelei. En quoi ?
Je soupirais, j'étais contre cette idée mais Greg y tenait absolument. :
-En ange et en démon.
-Pff...
Gabriel éclata de rire, mais j'étais loin de partager son euphorie. J'allais être ridicule pour le bon plaisir de mon démoniaque de frère, et ça me tapait sur le système. Néanmoins, je n'en laissais rien paraître... Manquerait plus que je lui fasse le plaisir de m'en plaindre. Lorelei sortit du sac les ailes de plumes et de carton, ébahie par cette situation hors du commun. :
-Fred, ce n'est pas très original.
-Je ne suis pas Bête à réfléchir.

-Putain Greg ! Grouilles-toi on va être en retard !
Mais quand je me regardais dans le miroir, j'avais honte. Mon auréole se résumait à un anneau d'aluminium dorée posé sur mon crâne... Ma mèche cachant mes yeux, obstruant ma vue comme toujours. Et il fallait aller jusque chez Billie, se montrer aux autres comme ça. J'aurais voulu le tuer mais je suis sortis. :
-Ah enfin !
Je me sentis mieux soudain, il avait deux ridicules petites cornes de plastiques sur sa tête et une queue en tissu. Je me retins de rire, il avait l'air joyeux. Lorelei regardait consternée. :
-Comment pouvez-vous vous rabaisser ainsi ?
-Mission. avions-nous répondu en cœur.
-Allons, allons, fit l'Archange, vous allez être les plus beaux ce soir... N'est-ce pas Lorelei ?
-...Bien sûr ! Ce sont nos chouchous !
Puis elle bouda, ayant été obligée d'admettre qu'elle appréciait la vue.

Les rues étaient transformées pour l'occasion : les jardins étaient remplis de citrouilles évidées, de guirlandes d'os tremblant aux vents et de balais de sorcières. :
-Cette fête est vraiment ironique...
-Pourquoi tu penses ça ? m'étonnais-je.
-C'est sensé être un jour de peur ici.... Mais en Enfer c'est comme une nuit de repos, pour les âmes et pour les diables. Une nuit sans torture...
-Le scoop... C'est peut-être pour ça.
-De quoi ?
-Que les hommes pensent que les démons viennent sur terre pendant leur jour de repos.
-Mouais...
Avant même de voir apparaître la maison de l'alchimiste, nous percevions déjà la musique. :
-Allons-y l'angelot !
-Il n'y a pas de quoi rire...

Billie était dans l'entrée, avec une longue cape de "sorcier" en lambeau qui lui servait en fait de blouse à la base, un pentagramme dessiné sur son front, un plateau avec des verres dans les mains. :
-Tout se passe en haut ! hurla-t-il.
Fred gravit les escaliers à une vitesse stupéfiante (pour un humain cela devait l'être) et moi, je me croyais en boîte de nuit. La musique me faisait vibrer tout entier. :
-T'as vu ?! J'ai mis mon pentagramme à l'endroit !
Il me fit sourire. :
-Qui est déjà arrivé ? demandais-je en commençant à monter les escaliers.
-Sandy, Nadia, Moïse et George.
-Il manque Marie et François ?
-Ouais...
-... On est 9 ?!
-Ouais...
-J'aime pas les chiffres impairs...
Il rit avant d'ouvrir la porte de la bibliothèque. La pièce était métamorphosée : les livres étaient cachés par de longs draps noirs que j'avais pris la peine de placer, on pouvait voir le sol (chose quasi-impossible dans l'état premier de la pièce), un magnifique parquet ciré, la baie vitrée qui laissait passer les lumières de la nuit, semblait attirer les forces sombres d'Halloween... :
-Wouah...
-Tu m'étonnes ! dit fièrement le proprio.
Nadia était déguisé en vraie sorcière, avec un chapeau pointu qu'affectait les humains. Elle était assise sur un banc à côté de Moïse qui voulait sans doute ressembler un minimum au monstre de Frankenstein, des clous sortant de son cou faussement ensanglanté. Frédéric faisait le con sur la piste de danse avec George habillé en zombie. Il avait des habits très déchirés et un maquillage douteux que même certains hard-rockeurs n'oseraient porter. Sandy dansait déjà, habillée très légèrement, déguisée en... en quoi ? :
-Vampire ! souriait-elle dévoilant ses canines.
-Pff... c'est devenu d'un classique ! soupira mon frère.
François entra et tout le monde le félicita pour son costume (qui lui allait étrangement bien) : un scientifique fou. Du coup, il se compléta à Moïse...
Merci beaucoup papa de m'avoir emmenée... Oui je ferai attention... Je t'aime aussi.
Marie entra quelques secondes plus tard, déguisée en fantôme... Elle avait teint ses cheveux en blanc, portait de longs voiles blanchâtres. Et la fête commença.

Tout le monde dansait... J'aurais du me douter que ça ne se passerait pas autrement. Je me suis assis sur le banc, la peur au ventre d'affronter la piste de danse. Je n'avais pas peur de me ridiculiser, mais de voir ce que cela allait donner. Parce que je n'ai jamais dansé. J'étais tellement dans mes pensées que je n'ai pas vu Marie s'installer à mes côtés. J'ai cru que mon cœur allait exploser. :
-Pourquoi cet air si sérieux ?
Elle souriait, elle devait être heureuse de se trouver là... Pas moi. :
-Je dois t'avouer que je n'ai jamais dansé.
-Moi non plus... Mais qu'est-ce qu'on risque ?
Elle me tendit sa main mais je me suis levé par mes propres moyens. Je la suivais lentement, elle souriait pour m'encourager mais je n'avais aucune envie d'avancer... Mais je le faisais.


Mon frère me frappa dans le dos en chantant le refrain. Je saisis toute les allusions qu'il pouvait faire entre cette chanson et notre vie, je lui jetais un regard mauvais, ne pouvant rien faire d'autre pour le moment. Il ignora complètement mes remontrances silencieuses et m'invita à sauter sur place tout en criant, drôle de danse... Marie fit de même et se mit à rire. La folie des hommes... On ne la comprend que lorsqu'on la vit. C'est peut-être pour ça qu'on a choisi ce boulot avec Fred. Parce que finalement, on s'y retrouve : l'enfance diabolique, l'adolescence perdue, les adultes en guerre et la vieillesse pleine de souffrance. Et après, on s'étonne de ne voir plus personne arriver jusqu'au Paradis.

***

-Tu viens danser avec moi ?
J'étais en train de discuter avec François quand Marie vint me demander de danser avec une toute petite voix. Celui-ci profita du fait que je me tournais vers elle pour s’éclipser. L'enf... :
-Euuh...
Ah, il ne veut pas...
-Oui !
Son sourire était aussi lumineux que le pouvoir des Anges. Pour la rendre heureuse, il était de mon devoir de faire n'importe quoi... Y compris me ridiculiser. Du coin de l’œil, je vis Fred murmurer à l'oreille de Billie qui pouffa... Je fronçais les sourcils, qu'est-ce qu'ils mijotaient ? :
-On attend la suivante Grégoire ?
-Hm... oui...
Billie se dirigea vers l'ordinateur et une musique bien trop reconnaissable s'éleva. 


Bande de trous du cul.
Elle se colla à moi... Bordel, c'était chaud. :
-Tu as froid ?
-Non, non.
Je me retenais de soupirer et de grimacer de douleur en prenant sa main. :
-C'est la première fois qu'on m'invite à une fête... Je suis contente.
L'ange en moi se réveilla. Elle était heureuse... Peut-être avons-nous plus avancé dans la mission sans nous rendre compte ? Dans ce cas, comment cela se fait-il ? Elle aurait juste besoin de s'évader de chez elle ? Non... plus que ça... : d'avoir une vie sociale humaine, se sentir aimée et désirée... Mais n'est-ce pas là un vice ?... J'avais trop chaud pour réfléchir. :
-Je suis content que tu sois venue.
Elle posa sa main libre sur ma joue. :
-Merci...
Putain, ça brûle ! J'entendis Fred hurler de rire... J'aurais donné n'importe quoi pour qu'il s'arrête... Et Sandy exauça mes prières. Elle s'empara du bras de mon démon de frère pour l'emmener sur la piste lui aussi... hinhin... bien fait.

A la fin de la chanson, je m'éloignais de ma protégée... peut-être un peu trop vite mais qu'importe, j'avais chaud, j'avais soif. Je versais de la limonade dans mon verre en plastique quand Fred arriva, bizarrement pâle pour quelqu'un de sa race, et se servit d'une bière qu'il décapsula. :
-C'est l'Enfer...
-C'est aussi de ta faute si tu t'es retrouvé dans cette situation gros malin.
-Non tu ne comprends pas.
Il abaissa le col de sa chemise pour me montrer l'état de son cou sur lequel une immense trace de morsure se trouvait. Je fixais la blessure médusé avant de comprendre soudainement et de me retourner vers Sandy. Celle-ci fit claquer ses dents en m'apercevant. :
-Ouais... me confirma Fred. C'est un vampire... Un vrai de vrai.
Il massa son cou et commença à boire sa bière. :
-Et toi avec Marie ?
Je posais mon verre de limonade même pas entamé avant de prendre une bière moi aussi. Au diable mes vœux, j'étais sur Terre j'en avais le droit pour paraître plus « normal »... Et là, il était normal que je prenne un remontant. :
-Cette Mission est la plus grosse mascarade qu'on ait rencontré frangin.
-Ouais... C'est l'Enfer.



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Satan
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Sam 6 Sep - 14:42
Chapitre XI

Billie éteignit les projecteurs vers trois heures du matin. Il ramena plusieurs matelas gonflables que nous avons tous regroupés au centre de la pièce légèrement éclairée. Tout le monde était couché et bientôt, j’entendis la respiration douce de Marie, le ronflement bruyant de George, les sifflements de François et les grognements de Moïse. Sandy se redressa alors, mais je vis à peine le mouvement qu’elle fit. :
-Grégoire, je sais que tu es éveillé alors va chercher Billie et allons sur le toit.
Ce que nous fîmes… Nous sommes passés par les escaliers, Sandy toujours en tête, portant Nadia dans ses bras.

Il faisait doux dehors, mais humide. Billie bailla. :
-Ca ne pouvait pas attendre demain ?
-Nan.
-On n’a pas le droit de dormir ?!
-Les vampires ne dorment pas ou peu… calma Nadia. Qui êtes-vous ? Des vampires aussi ?
-Je ne suis qu’un alchimiste… rougit Billie.
-Un quoi ?
Pour illustrer son propos, il prit une fiole dans une de ses poches de pyjama, laissa tomber une goutte du liquide vert sur un caillou qui se transforma en rose blanche. :
-Ouah !
-Il n'y a rien d'impressionnant. fit-il modeste.
-Aller à l'encontre des lois de la nature... oui, bien sûr...
-Greg !
Je levais les bras, je devais laisser passer ça et faire avec. J'appréciais Billie malgré tout et je n'avais pas à lui dicter sa vie... Il n'était pas ma Mission. :
-Désolé...

-Je sais que Fred est un diable… Son sang à un goût infernal.
Il soupira et jeta un coup d'oeil vers moi. Je lui fis un geste vague... j'étais plus à ça près, il pouvait bien faire ce qu'il voulait de son apparence. Le temps qu'il s'adosse à la cheminée, donc en moins de temps qu'il en faudra pour l'écrire, les flammes commencèrent à lui lécher le corps, provenant de son propre esprit. Doucement, ses vêtements se déchirèrent pour laisser apparaître sa queue et ses ailes membraneuses. L'air empesta le souffre à l'instant où il expira, dévoilant ses canines. Ses cornes s'agrandirent jusqu'à atteindre une taille très respectable (paraît-il) pour un Ange Gardien. Mais dans tout ça... Ce qui me gênait le plus était ses yeux. Ses iris vertes transperçaient l'obscurité et sondaient les âmes sans pudeur aucune, c'était les yeux qui arrachaient chaque centimètres de votre esprit pour le faire sien... ce n'était plus les yeux de mon petit frère...
Niveau réaction, Billie avait les yeux grands ouverts... Il était au courant de nos états, mais c'était la première fois qu'il voyait un Démon, ça laisse toujours des traces. Nadia tremblait de tout son corps, elle s'accrocha à Sandy comme un nageur perdu dans l'océan s'accroche à une bouée. Quand à la vampire... elle se lécha la lèvre supérieure. Je suppose qu'entres démons, ce devait être normal. :
-Et Grégoire aussi ? demanda la petite Nadia.
-Non, sûrement pas.
-Mais... vous êtes pas des jumeaux.
-Si, répondit Fred, et c'est justement ça le problème.
Je fronçais les sourcils... Faire sortir mon apparence d'Ange sur mon corps humain était mille fois plus douloureux que de serrer Marie dans mes bras... Mais je me résolus à le faire, sinon, personne ne nous aurait cru. Comme Lorelei et Gabriel eurent du mal à croire notre histoire dans un premier temps. Dès que la Lumière commença à m'entourer, Fred me tourna le dos. Il n'y pouvait rien, je savais que de me regarder lui faisait mal. Avec difficulté, mes ailes sortirent doucement dans un craquement effroyable qui fit sursauter l'alchimiste. Je secouais mes plumes en ouvrant grand mes ailes, les nettoyant du peu de sang qu'il pouvait y avoir dessus. Mon teint devint plus blanc, mon auréole éclaira la nuit... Sandy dut plisser ses paupières pour la supporter. Mes yeux aussi devinrent plus clairs... J'étais devenu une étoile dans l'assemblée.
Les yeux de Nadia voyagèrent entre mon frère et moi tandis que nous nous tournions mutuellement le dos. Je lus en elle qu’elle se demandait si cela pouvait être possible et je sentis que cette question fit sourire Frédéric. :
-C’est une longue histoire…

Billie se tourna vers Nadia et changea de sujet. :
-Et toi ? Qui es-tu ?
-Euh…
Elle regarda son amie vampire qui haussa les épaules puis avança timidement. :
-Je suis humaine.
Billie sursauta de surprise. Fred explosa de rire et tomba en arrière, chutant dans le vide. Nadia poussa un cri d’horreur que Sandy s’empressa de calmer, puis elle me regarda. Moi... Je me suis mis en colère. :
-Quoi ?!
-Je...
-Non, ne t'expliques pas, j'ai bien compris... Mais...
Fred réapparut, pleurant de rire tout en grimpant avec aisance sur le toit. :
-C’est trop mortel !
-FRED ! C'est sérieux ! On n'a pas le droit de dévoiler notre identité à des humains !
-Et alors ?... Billie a beau être un alchimiste, il est humain aussi.
-C'EST PAS UNE RAISON POUR AGGRAVER NOTRE CAS !
Fred se renferma dans le silence, me regardant d'un air désapprobateur. :
-Écoute, je doutes qu'Ils nous en veuillent vraiment.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?!
-J'ai mis Nadia au courant de la vérité de ce monde, expliqua Sandy, il y a déjà bien longtemps de cela.
-Je... Je suis désolée... J'espère que vous ne serez pas punis.
La petite humaine se triturer les doigts dans tous les sens, vraiment mise mal à l'aise par cette situation. Je m'en voulus aussitôt, j'avais laisser mes émotions déborder. Je posais doucement ma main sur son épaule. :
-Non, c'est à moi de m'excuser... Fred a raison... pour une fois.
-Salaud d'emplumé.
Nous sommes restés longtemps sur le toit. Nous avons expliqué que nous étions en Mission, sans révéler qu'il s'agissait de Marie. Nous sommes redescendus nous coucher après avoir récupéré nos apparences humaines...

Greg ? ... C'est vrai que tu n'as plus aimé mes yeux après... notre mort ? ... Moi, j'ai toujours aimé tes yeux. Même si tu n'as plus été mon frère après ça, il y avait toujours cet amour fraternel... Et... malgré tout... je crois que ça me rassurait, même en tant que Démon. ... Même de notre vivant, tu ressemblais à un ange tu sais... J'avais l'impression que c'était fait pour toi. ...Fred. Arrêtes s'il-te-plaît. Ca me fait mal.

***

Frédéric et Grégoire ont 4 ans... Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Ils sont bruns, ont la même bouille et les mêmes vêtements... Mais un des mystère de la médecine a fait que l'un avait les yeux bleus, l'autre les yeux verts. Leur père, bien que sceptique au début, ce fit à cette idée que ses jumeaux étaient différents des autres... Et qu'au moins, ainsi, il ne les confondait pas. Grégoire ne parlait pas beaucoup, quand il voulait quelque chose, c'était son petit frère qui allait le demander. Et entre eux, ils avaient un langage qu'eux seuls comprenaient... Les yeux.

Ils pouvaient jouer pendant des heures sans prononcer le moindre mot.

Un soir, Frédéric tomba malade. Leur père dut les séparer pour éviter que Grégoire soit malade aussi. Il laissa son lit à l'aîné tandis qu'il dormait dans le salon. Les jumeaux pleuraient en silence, séparés par un mur... Ils ne pouvaient plus parler avec les yeux. Alors Grégoire se mit à chanter. La berceuse calma son petit frère qui s'endormit paisiblement, et lui, il tomba de fatigue.

A partir de ce jour-là, ils communiquèrent plus vivement.

-Fred.
-Oui ?
-J'aimerais avoir tes yeux.
-...
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Maman... Je me souviens.
Dans son regard, Fred disait "Les yeux verts vont en Enfer". Dans son regard, Greg disait "Les yeux bleus vont dans les Cieux"...



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Satan
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Sam 6 Sep - 23:24
Chapitre XIII

Nous sommes rentrés en silence... Mais sur le chemin, une question me taraudait. :
-Dis Fred... Je peux savoir comment Sandy a pu boire ton sang le temps d'une danse ?
Il rougit... Seigneur, un Démon qui rougit. C'était comme voir de la neige au milieu du Sahara en plein mois d'août. Malheureusement, cela ne lui fit pas perdre de sa répartie. :
-Je t'expliquerai quand tu seras plus grand.
Il entra vivement dans le salon où nos tuteurs nous saluèrent. :
-Alors Grégoire cette fête ?
-Infernale...
-Tu m'en diras tant !
Lorelei se mit à rire puis brusquement s'arrêta en voyant Fred frotter son cou au niveau de la morsure. Elle se leva pour la voir de plus près, s'emparant de sa main avec une force impressionnante. :
-Qui t'as fait ça ?
-...Sandy.
-...Une fille donc.
-Une sacré nana. fit mon frère.
-Une vampire. précisais-je.
-Une fille donc. répéta Lorelei.
La Démone devint extrêmement froide. Je vis Gabriel faire signe qu'il partait et aussitôt qu'il referma la porte derrière lui, elle explosa. :
-Je suppose que c'est une impure !
-Oui et alors ?
-Que tu t'abaisses à te déguiser comme les humains je comprends... Mais te laisser mordre par une Impure !
-Quoi ?! s'énerva-t-il. Tu n'es ni ma mère, ni ma femme... Je me contrefiche de ce que tu peux penser !
La gifle retentit, sonore. Sans doute la plus belle que je n'ai jamais vue. Ils se regardèrent un instant dans les yeux, ceux de notre tutrice humides, ceux de mon frère complètement ébahi. Ce devait être la première fois qu'elle le frapper pour une raison aussi... stupide en fait, il n'y avait pas d'autres mots. Elle s'en alla à son tour, faisant claquer la porte derrière elle. :
-Oh ben merde alors... ...Greg. Fais-moi plaisir et ne sors jamais avec une nana.
-Je n'y comptais pas frérot. dis-je en me concentrant sur la préparation du repas.

-Viens manger Fred !
Il accourut vers sa place à table tandis que je remplissais son assiette de lasagnes, de blanc de poulet, de jambon de Bayonne, de petit pois, de bananes et de coulis de framboise. :
-Tu pourrais sortir le ketchup ? … Greg ?… GREG !
-Marie pourquoi tu es partie ?… Pourquoi tu m’as laissée avec lui ?!
-Il semblait aller mieux, je croyais qu’il ne te toucherai plus !
-Il m’a fait mal… Toute la nuit…
-Calme-toi Eve… Calme-toi…
Je me maudirais toute ma vie pour avoir quitté la maison. Pourquoi a-t-il fait ça ? Cela faisait deux ans qu’il ne l’avait pas touché comme ça. Je croyais que c'était fini ! Seigneur, s’il-vous-plaît, je vais vous demander autre chose mais sauvez ma sœur. Éloignez-la de mon père, elle est trop fragile. :
-Marie… Tu pleures ?
-Non, je pries.
-Comment peux-tu avoir foi alors qu’il nous laisse subir tout ça ?!
-Pour nous rendre forte…
Les larmes s’échappaient de moi alors que je n’étais pas triste. J’avais mal certes… Mais je n’étais pas malheureuse, pas comparée à Eve qui endure à nouveau les pulsions de papa. Je regarde par la fenêtre, il pleut… Et je crois croiser le regard de Grégoire.

-PUTAIN !

J’avais les deux poings serrés posés sur la table et je fixais le bois avec obstination. Des larmes y tombaient lourdement face à la violence des sentiments de Marie qui m’avaient traversé. Frédéric ne montrait pas sa panique. :
-Greg… Tu pleures ?
-Non, je pries.
Il se leva et continua à me regarder avec ses yeux diaboliques. :
-Marie a des ennuis ?
-Pas elle, sa sœur Eve.
-On va les aider…
-Elles arrivent.
-Ok… Remets-toi je vais tout préparer…
J’essayais de contenir toute ma colère au fond de moi. C’était quoi son problème à celui-là ?! Pourquoi il s’en prenait à ses filles ?… Il faut qu’on trouve d’abord un moyen de détruire le mal-être du père si on veut sauver cette famille. Le salopard… Comment peut-on battre toute une nuit le fruit de ses entrailles ?! :
-Calme-toi Greg… Calme-toi…

Je suis parti faire couler l’eau dans le lavabo de la salle de bains. J’ai regardé mon visage dans le miroir. J’étais blafard, blanc comme un cadavre… Mes yeux d’un bleu étincelant étaient devenus comme vert marécageux. J’avais des cernes violettes et mes cheveux étaient gris. En me voyant ainsi, je me suis demandé comment j’ai pu être humain, et comment les humains faisaient pour supporter cet état de torture… J’ai enlevé mon maillot, mes ailes commençaient à sortir doucement, me faisant un mal de chien. Je contractais les muscles de mon dos pour les ramener au fin fond de mon âme. Mais la douleur fut insupportable, je cassais le miroir d’un coup de poing. Frédéric n’ouvra pas la porte. :
-Doucement là-dedans !
Je passais de l’eau froide sur mes plaies qui guérirent vite, de l’eau chaude sur visage.

De quel côté est l’horreur Greg ? On ne pose pas ce genre de question Fred… Pourquoi le Diable est beau, pourquoi l’Ange souffre ? Ne dis pas ça devant les juges crétin des flammes !  Quand on sait que cela devrait être l’inverse… Pourquoi ne fait-on rien ? Mais tu vas la fermer !

Je n’ai pas réagi immédiatement lorsque l'on frappa à notre porte. Je me suis levé doucement suivi de près par Fred… Pourtant, de nous deux, c’est moi qui devrait le surveiller. J’ouvris la porte : Marie et Eve étaient trempées de pluie, serrées l’une contre l’autre avec des yeux rouge suppliants, l’aînée cachait sa petite sœur. N’importe qui aurait compris. Je me contentais d’ouvrir la porte sans lire en elle… Frédéric alla chercher des serviettes et moi, des couvertures ; nos gestes étaient lents, le silence s’imposait. Parfois Eve échappait quelques sanglots… Marie avait le regard d’une mère et cela me troublait. Alors, comme d’une envie, je décidais de réaliser la prière de ma protégée. :
-Eve… murmurais-je. Tu veux de la soupe ?
La jeune leva son regard tuméfié, ses lèvres étaient bleutées et un peu ensanglantées. Je lisais un peu de peur entre ses bleus et ses larmes. Bravant ma douleur sous les yeux alarmés de mon frère, je posais ma main sur sa joue. :
-Je te la conseille, elle réchauffe le cœur.
-Ou… Oui.

J’évitais de regarder Marie. Une immense joie émanait d’elle, comme les rayons du soleil, alors je m’éloignais de cette source incroyable de sentiments. Fred attendit que j’aille préparer le repas pour faire rire les filles et oublier leurs soucis. Les Anges sont là pour le réconfort, les Diables pour la joie. Ainsi pendant quelques minutes je n’existais plus. Frédéric s’amusait avec les cheveux des filles encore un peu mouillés. Je mettais les couverts sans me faire remarquer, je chantonnais dans l’indifférence la plus complète. :
-A table !
Le diable se contenta de ce repas trop commun et trop fade pour lui. Les demoiselles reprirent vite des couleurs plus rassurante que bleu ou blanc. :
-Reposez-vous cet après-midi, proposa Fred, nous irons aider Billie à ranger. D’accord Greg ?
-Mais … !
-Non Marie. lui répliquais-je. Tu dois dormir et surveiller ta sœur.
Je pensais avoir été trop dur avec elle, mais ma protégée me sourit en hochant la tête. Après manger, nous sommes sortis en leur laissant les clefs de l'appartement. :
-Que comptes-tu faire Greg ?
-Après avoir aidé Billie, nous passerons voir le père.
-Je pourrais lui foutre une raclée ?!
-Pas de violence… Je lui ferais bien pire.

Nous sommes entrés chez Billie sans ménagements, encore un peu à vifs. Il ne comprit pas tout de suite que nous n’étions pas là que pour le ménage. :
-Il est arrivée quelque chose à celle que nous devons protéger…
-Putain mais la ferme Fred !
-Non Grégoire ! s’insurgea l’alchimiste. Ca m’intéresse, je ne veux pas qu’une de mes amies subisse un sort quelconque ! Bon, je vous promet, sur la Bible, sur Dieu, sur Satan, sur qui vous voulez, je vous promets, je vous jure que jamais je ne dévoilerai vos secrets… Parce que je vous dois au moins ça mes amis céleste et démoniaque…
Il sous-entendait qu’il ne pouvait rien faire pour nous aider, à part nous soutenir… Il était bel et bien autre chose qu'un alchimiste... C'était quelqu'un de vertueux. J’inspirais… :
-Il s’agit de Marie…

Monsieur Billie Mabillot, vous avez été convoqué en tant que témoin sur cette affaire. Confirmez-vous l'authenticité des charges qui pèsent sur nos deux accusés ? Je n'ai rien à dire. Avez-vous quelque chose à dire pour leur défense ? ...Je n'ai rien à dire.

J’ai ouvert la porte d’un coup de poing. Fred passa devant moi pour aller immobiliser le père. Billie était confus et pensait qu’il gênait une organisation alors qu’il ne s’agissait que de nos instincts d’Anges Gardiens. Je me tournais vers lui. :
-Sois, genre... menaçant. Et quand je te fais signe plonge-le dans un sommeil profond… Est-ce dans tes cordes ?
-Pas de problème.
Pour la première fois depuis que je le connais, je vis un peu de haine sur son visage. Nous entrâmes. Mon frère avait ligoté l’homme à une chaise de la cuisine. Il avait déjà quelques brûlures au visage, ce qui signalait qu’il avait voulu essayer d’hurler. Je me rapprochais de lui en ayant l’air un minimum effrayant. Apparemment c’était réussi. :
-Tu te souviens de nous ?
-Oui, vous avez accueilli mes filles chez vous une fois.
-Bien… Savez-vous où elles sont maintenant ?
-… Je… Je ne sais pas.
-Savez-vous pourquoi nous sommes ici ?
-Non.
-Pourquoi mentez-vous ?
L’homme leva la tête, complètement apeuré. Billie ne manquait pas une miette du spectacle, Fred était aux aguets. J’articulais sans pitié. :
-Durant toute la nuit d’hier, vous avez violentée votre plus jeune fille.
-Non !

Je posais mon index sur son front mais le choc de ce simple contact se répandit dans tout son corps, il cria l’espace d’un instant. :
-Ceci est ce que vous avez infligé durant un quart d’heure.
Fred souriait, Billie semblait toujours aussi concentré, je reposais la question. :
-Pourquoi avez-vous fait ça ?
-Ce n’est pas vos oignons.
Je reposais mon doigt, il beugla encore. :
-Une demi-heure…
-Arrêtes ! Je ne veux pas en parler !
-Une heure… murmurais-je impitoyable.
Il se tut, la tête ballante. Pour le faire réagir, je tendis ma main… :
-Une nuit ?
-OK STOP !… Je vais expliquer… Je vais parler…
Je ne bougeais pas, la Diable desserra les liens et l’alchimiste se rapprocha. :
-Ma femme, qui est la mère de mes filles, est partie une nuit, sans prévenir. Eve lui ressemble beaucoup : les mêmes cheveux, les mêmes yeux, le même corps… Je suis content qu’elle ait les traits de sa mère néanmoins… Ma femme donc, même si nous n’étions pas mariés, est partie sans raison, me laissant seul avec mes deux anges dont je pris soin. Elle est revenue deux mois plus tard, un revolver à la main. Elle a dit qu’elle n’avait plus besoin de moi, qu’elle avait trouvé quelqu’un capable de lui donner ce qu’elle voulait : un garçon. Je fus horrifié de sa trahison puis de sa déclaration… Elle voulait tuer mes enfants ! Elle disait qu’elles ne serviraient rien qu’à tuer ses projets, un truc de ce genre… Elle caressait son ventre plat avec la douceur d’un carnivore affamé… Je l’ai repoussée toute la nuit. Elle est partie le matin avant le réveil des petites, en me faisant promettre de tenir mes filles tranquilles… Ce que j’ai fait, tout en nourrissant une haine infaillible envers cette femme. Mais Eve… Eve qui lui ressemble tant et de plus en plus… J’ai évacué une fois ma colère sur elle… Et puis c’est devenu une affreuse habitude… Je veux être un bon père mais…
-UNE NUIT !!!

J’abattais froidement ma main sur le front de cet homme. Quelle faiblesse ! Quelle belle excuse ! Une histoire de bonne femme alors on maltraite sa fille, mais ridicule ! Cet homme… Cet homme devait aller en enfer, brûler avec les autres déments de son genre. Je lui fis subir la nuit de souffrance d’Eve en une minute. Quand ceci fut fait, Frédéric le ramassa et le rassit, me regardant comme si j’étais un meurtrier. :
-Plus jamais… chuchotait-il. Plus jamais vous ne devrez confondre la douce Eve avec ce qu’a pu être votre femme. Apprenez à être un bon père en apprenant qui elle est… En attendant si vous la touchez encore une fois, cela pourrait être fatal pour vous.
Je fis signe à Billie qui fit sentir une fiole bleuâtre à l’homme qui s’évanouit bientôt.

Nous sommes partis en silence, le froid traversait nos manteaux, cela ne faisait trembler que Billie qui me semblait encore impressionné par moi. Nous le raccompagnâmes puis nous sommes rentrés doucement, c’était le milieu de l’après-midi. J’allais entrer dans notre l’immeuble mais Fred s’arrêta, immobile au milieu du chemin. :
-Tu sais… Tu m’as presque déçu. me dit-il.
Il se mit à neiger. :
-Qu’est-ce que ça peut me faire ?
-Tu crois pas que désormais j’ai une mauvaise vision des Anges ?
-Tu as toujours eu…
-Faux.
Des flocons de neige se posèrent sur ses cheveux ébènes. :
-Cet homme était manipulé…
-Quoi ?
-Tu étais tellement en colère que tu n’as pas vu, tu n’as pas senti les démons de la maison !
Ses yeux devinrent rouge. :
-On ne peut pas punir un homme malheureux !
-Tu ne sais pas ce qui est bien pour l’Homme, sale démon… La preuve, c’est que tu pense qu’un homme qui maltraite sa fille n’est pas condamnable à l’Enfer.
-Parce qu’il aime Eve.
-Tu me débectes…
J'entrais dans l’immeuble en le laissant dans l’hiver blanc.

Et j’avais raison ! J’avais raison ! Oui, mais c’est pas une raison. Ce n’est pas LEUR raison. En fait, moi aussi j’ai été manipulé c’est ça ?… A m’en remettre toujours à cette façon de penser, je croyais que le bien s’arrêtait où le mal commençait et inversement… A ne pas savoir ce qu’il y avait entre eux… Maintenant je sais. Maintenant tu sais mon frère, maintenant tu souffres… Toi aussi tu savais ? Oui… Mais je me taisais. Je ne voulais ni perdre ma place, ni te perdre… Alors je me taisais. Et moi pendant ce temps...



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Satan
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Lun 8 Sep - 16:39
Chapitre XIV

Les filles sont rentrées avant le dîner... Eve s'était montrée silencieuse au moment des "au revoir", elle était inquiète... Mais au vu de la trouille qu'on avait fait à son paternel, je n'avais aucun souci à me faire. Après le départ, le silence s'était fait encore plus lourd, plus gênant. Mais il n'y avait rien de plus normal... J'avais un démon pour frère, ou un frère pour un démon... Ca dépend comment on voit les choses. Ce qui était sûr, c'est que je ne le supportais pas. Pas pour ses comportements lubriques ou ses origines au final... Mais de croire qu'il y avait quelque chose de bien en cet homme, c'était comme s'il me disait que notre mère avait raison de me tirer dessus, et d'achever notre père après. :
-Tu es... un être ignoble Fred... Alors arrête de me faire croire qu'il y a du bon en chacun.
Il se leva en soupirant. :
-Ouais je sais... C'est ton boulot. Alors arrête de me faire croire que tu n'as pas compris le père de Marie.
Il entra dans la salle de bains me laissant dans mes réflexions... Je dois l'avouer maintenant. Ce qu'il a dit était vrai. J'avais laissé mes émotions prendre le dessus bêtement... M'étais-je trop attaché à la douce Marie ? Il faut dire que son mal-être m'atteignait beaucoup, et que c'était bien plus que mon devoir d'Ange qui me faisait agir... Je voulais la voir heureuse, comme tous nos amis. Et de voir sa soeur, la personne à laquelle elle tient le plus, mutilée, blessée... Ca m'a fendu le coeur.

De la musique retentit, je me tournais vers la porte de la salle de bains... Fred se tenait là, se dandinant d'une manière tout à fait ridicule. :
-Fred... non je suis pas d'humeur.


Il retira son haut tout en chantant le premier couplet. Je levais les yeux au ciel... Cette chanson, on la chantait souvent petit... et dans nos missions, chaque fois qu'on était au bout du rouleau, on la chantait ensemble... Pour nous donner du courage je suppose. :
-We've got to hooold ooon, to what we've got !
-Fred, je te dis que ...!
Il s'empara de mes mains, me brûlant un peu, me forçant à gesticuler avec lui. :
-We've got each other, and that a lot... Aller Greg fais-moi plais' !
Ce p'tit con... J'appréciais l'effort qu'il mettait afin que je ne me perde pas sur des chemins sinueux... Quoi qu'il dise au final, je pense qu'au fin fond de son coeur... je suis resté son grand frère. :
-Oooooh we're half way there !
-WE'RE LIVIN' ON A PRAYEEER !!!
J'éclatais de rire en le voyant tomber à genoux devant moi, en position de prière.

Fred... Tu es le meilleur petit frère qu'un Ange peut rêver d'avoir. ...On était pas sensé surveiller nos paroles devant eux frangin ? Bah, de toute façon, ils sont trop cons pour comprendre... Ils n'écoutent pas du Bon Jovi là-Haut. Ah ah les nuls ! It doesn't make a difference if we make it or not... We've got each other and that's a lot...
FOR LOVE

Un peu plus tard dans la soirée, quelqu'un frappa à notre porte... C'est Fred qui ouvrit, vu que j'étais occupé à cuisiner. :
-Qui est-ce ?
-C'est... C'est Billie qui nous a dit où vous trouver.
Nadia s'excusait platement avec sa petite voix intimidée. Sandy ne se gêna pas pour entrer sans être invitée par contre... Fred referma la porte derrière elle. :
-Oui bonjour... Oh et entrez hein, faites comme chez vous.
-De rien, fit Sandy en s'installant à table, j'ai pensé qu'il fallait qu'on discute.
Je baissais le feu de la gazinière avant de rejoindre tout le monde, je sentais que ça allait être long. :
-Nous n'avons pas le droit de divulguer les raisons de notre présence ici Sandy.
-Ce n'est pas pour ça que je suis là.
Fred soupira tandis que je me frottais les mains sur mon visage. :
-Sandy, tu ne peux pas redevenir humaine.
-Mais ! s'interposa Nadia. Ce n'est que le venin du vampire qui l'a mordue qui la rend ainsi non ? C'est bien comme ça que cela se passe pour les Impurs ? Il suffit de le retirer et de faire en sorte que son coeur...
-Même si on arrivait à retirer le venin, expliqua calmement le démon, Sandy est déjà morte. C'est ce venin qui l'a maintient en vie et qui l'empêche de pourrir debout.
Nadia commença à pleurer, sans faire le moindre bruit, des grosses larmes tombant de ses yeux ambrés. Sandy posa doucement sa main sur son épaule pour la consoler, ce qui était loin de fonctionner. :
-Je voudrais... sanglota notre amie. J'aurais tellement aimé que ce soit possible... Que tu arrêtes de souffrir, de te sentir coupable pour quelque chose qui n'est pas de ton ressort. Qui nous dépasse...
La vampire la prit dans ses bras pour qu'elle puisse laisser éclater sa tristesse à l'abris de nos regards. Je sentais que Fred était mal à l'aise... Moi, je n'étais pas touché par cet effusion de tendresse. Trop de questions se bousculaient dans mon crâne. :
-Tu arrives à bien te contrôler pour une Impure.
-J'ai plus de cinquante ans d'existence... J'ai appris à maîtriser mes pulsions.
-Comment fais-tu pour te nourrir actuellement ?
-GREG !
-Nadia... calma Sandy. C'est normal qu'il me pose la question. C'est un Ange, il s'inquiète de la sécurité des humains comme toi. ...Je vais à la morgue. Il y a des pochettes de sang plus ou moins frais.
J'hochais la tête, satisfait. Puis ce fut au tour de Fred de poser une question. :
-Comment vous vous êtes rencontrées ?
Tiens, c'est pertinent pour une fois. :
-Nadia était encore toute petite... A l'époque j'étais une vagabonde et j’exécrais la vie, les hommes, le monde... J'avais fui ma vie d'esclave et j'étais totalement hors de contrôle. Je pénétrais dans les maisons la nuit, pour boire le sang des enfants... Il est... meilleur... plus sain...
Elle se tut... C'était la première fois que je voyais un vampire s'en vouloir, se dégoûter ainsi... C'est Nadia qui se montra réconfortante cette fois. Pas assez néanmoins pour redonner le sourire à son amie. C'est donc elle qui reprit l'histoire. :
-Elle est entrée chez moi par la fenêtre... Sauf que je ne dormais pas encore à ce moment.
-C'était la première fois que je voyais une des mes proies éveillées... Bien vivante devant moi.
-Elle était sale et maigre... J'étais petite et j'ai toujours aidé les gens dans le besoin.
-Elle m'a demandé... si j'avais besoin de quelque chose... de nourriture ou d'un bain.
-...Quel sang froid Nadia. remarqua Fred. Quelqu'un entre chez toi par effraction en pleine nuit et tu veux l'aider ?
Elle se mit à rougir... Je sentais bien qu'elle n'avait aucune explication à ça. Elle avait agi ainsi car c'était une enfant pure et innocente. C'était normal que Fred ne le comprenne pas. Je le fis taire d'une tape sur l'épaule, à laquelle il réagit à peine. :
-Continuez. Ne faites pas attention à ce que dit ce cornu.
Nadia cacha Sandy à ses parents. La vampire venait lui rendre visite la nuit... Petit à petit, elle se laissa comme, domptée par l'humaine. Elle ne but plus de sang pendant une longue période jusqu'au jour où son instinct, ses envies reprirent le dessus. :
-Je m'en suis pris à Nadia...
-Je me suis laissée faire... Je savais que c'était horrible pour elle de faire ça mais... elle n'avait pas le choix. J'ai encore la cicatrice de ses dents sur mon bras. Mais...
-Je n'ai pas réussi à boire une seule goutte de son sang. Et je me suis enfuie.
-...Quelques jours plus tard, elle est revenue. Elle s'est excusée je ne sais pas combien de fois, m'expliquant qu'elle avait trouvé un moyen de se nourrir sans blesser personne. Je l'ai pardonnée.

Cette histoire était quelque chose de rare. De précieux. Ce n'était jamais arrivé avant, sinon je pense que les Cieux aurait fait autre chose que d'éradiquer les vampires... Une nouvelle fois, mon devoir aurait été de prévenir les Anges-d'armes. Mais... je n'étais plus à ça près. Je fis ce qui me semblait juste, ce qui me semblait être mon devoir en tant qu'Ange... mais aussi en tant que personne. Je me suis levé sous le regard terrifiée de la vampire et je posais ma main sur mon épaule. :
-Sandy... Tu n'as pas besoin de retrouver ton humanité. Tu l'as déjà.
Ses traits se tirèrent, et bien qu'il lui fut impossible de pleurer, j'étais persuadé du contraire. Nadia sourit et la prit dans ses bras. Sandy s'accrocha à elle désespérément, se laissant aller au soulagement. :
-Merci... Merci Nadia, je te remercierai jamais assez !
Fred laissa un doux sourire gagner ses lèvres. :
-Vous voulez rester manger ?
-Euh... Je peux pas. dit Nadia. Je fais le ramadan.
-Oh.
Mon frère éclata de rire face à mon air contrit. Je lui jetais un regard froid et Sandy s'occupa de le gifler. Nadia rougit de plus belle... :
-Je suis désolée de ne pas croire en ton Dieu Grégoire.
-Quel Dieu ?... Ah.
-Tais-toi donc Greg. Tais-toi donc.

Cette semaine de vacances s'écoula tranquillement. On reçut la visite de Nadia et Sandy de temps en temps et Marie nous appela pour nous dire qu'il n'y avait pas de soucis à se faire... Son père était plus souvent à l'usine et laissait les filles tranquilles, sans rien leur dire. ...De là à dire que c'était une bonne chose, je ne le pensais pas... Cela faisait deux mois que nous étions ici, et nous n'avions encore aucune idée de ce que souhaitait réellement Marie. Aussi nous tanguions presque littéralement entre bonne humeur et silence dépité... L'appartement nous semblait vide dans cette bipolarité morbide. Et puis, le vendredi soir, une visite nous surprit. George était sur le pas de la porte, tout sourire avec une bouteille d'alcool à la main. :
-Salut les salauds ! Alors ?... J'peux rentrer ?
-Euh ouais...
Il déposa la bouteille sur la table et nous invita à nous asseoir... Au delà de son arrivée impromptue, c'était les raisons qui l'avait poussé à venir qui me laissaient perplexe... Qu'est-ce qu'un humain (un vrai, il n'y avait pas de doute sur lui en tout cas) pouvait bien nous vouloir ? Il nous répondit tandis que Fred distribuait les verres. :
-J'avais pas de nouvelles depuis la fête... Et Billie m'a dit que c'était pas la joie chez vous. Je lui ai soutiré des infos sur chez vous et me voilà !
-C'est... très gentil mais...
-Chut ! Tais-toi le blondin ! J'suis pas là pour vous servir de psy et j'ai rien envie de savoir sur votre vie... J'suis là pour qu'on s'détende mes potos. Alors on va boire deux ou trois verres, on va s'marrer comme des vaches et vous allez oublier vos problèmes. C'est à ça que j'sers mes gars.
Fred et moi nous nous sommes regardés. Un peu confus par la situation... mais nous nous sommes laissés prendre au jeu. Fred fit semblant de remplir mon verre tandis que je détournais l'attention de George et me tandis un verre de jus d'orange... Je lui fis un clin d'oeil discret pour remerciement. Bon, lui, il ne se gêna pas pour se servir une bonne dose. :
-Alors George ? T'as des idées pour ton anniversaire ?
-J'aimerais aller en boîte... Après tout, j'pourrais y aller légalement cette fois !... Mais bon, j'suis pas sûr que mes parents veuillent bien.
-...Ils t'ont laissé te percer sur tout le corps mais ils diront non pour que t'ailles danser ?
-Pauvre Greg, t'es bien naïf. Mes trous sont faits maison !... J'vous dis pas la punition à laquelle j'ai droit l'jour où ils ont vu ça !
Il se mit à rire tout en fouillant dans ses poches. Puis il me regarda. :
-Oh... Tu veux peut-être que je fume dehors ?
Je me levais et pris un bol au hasard dans l'évier. :
-Tiens, un cendrier de fortune.
-Ah Greg ! T'es vraiment l'meilleur ?!
-HAN ! Tu me trompes avec mon frère ?!!
-Mais ta gueule Fred ! J'suis pas gay moi !



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Satan
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Lun 8 Sep - 20:07
Chapitre XV

La rentrée... On voyait les élèves traînant des pieds, dans la rue, dans le bus, dans les tramways... Mais nous, on avait le sourire jusqu'aux oreilles. En bas du lycée, tout le monde était là. François, Nadia, Sandy, Billie, Marie et même Moïse. George arriva un peu après, casque sur les oreilles, s'assourdissant de Saez. Il arriva auprès de Marie, le regard lubrique. :
-Dis-moi c'est quand qu'on fait l'amour ?
-Le jour où tu sauras chanter.
-Tu risques d'attendre longtemps.
La remarque de Billie nous fit rire. Et peu après commença la longue ascension vers les bâtiments.

Tous les profs s'étaient donnés le mot. La rentrée était le meilleur moment pour eux pour briser la bonne humeur des adolescents... Parlant sans cesse de l'importance du bac, qu'il y avait intérêt à ce que nous ayons travaillé pendant les vacances, bande d'idiots qui ne pense qu'à s'amuser hein ? Ca a du bon d'être mort... J'ai pas eu à subir les remontrances des adultes. 'fin là je le subis, mais je ne me sens pas concerné... Fred non plus d'ailleurs, qui commençait sérieusement à s'ennuyer, s'étalant de tout son long sur la table. La seule chose qui le réveilla fut l'annonce de la prof de sciences. :
-Pour fêter la rentrée, évaluation surprise.
Des gémissements plaintifs emplirent la salle tandis qu'elle sortit des copies de son sac... Les élèves purent l'inspecter après la distribution. C'était des questions basiques, portant sur ce que nous avions fait cette année... En soit, rien de bien compliqué pour ceux qui ont suivi les cours. Et en jetant un regard sur ma gauche, je sus que cela allait être plus compliqué pour ceux qui ont passé leur temps à roupiller en classe. Fred secoua sa tignasse, agacé et George chercha à attirer mon attention pendant au moins dix minutes afin que je lui donne une réponse. La vie reprenait son cours.

A midi, entres toutes les discussions sans queue ni tête qu'on peut avoir à notre âge, j'essayais d'en apprendre un peu plus sur Marie. :
-Nan mais Fred laisse tomber, t'y connais rien aux femmes.
-Je te rappelle George que tu n'y connais pas grand chose non plus...
-Pardon ? s'étonna Billie. Oh... Tu sais, on t'acceptera quel que soit ton orienta...
-JE SUIS PAS GAY !
-Mais oui bien sûr, se moqua François, tu vas nous faire croire que t'attends la perle rare.
-Ta gueule le puceau.
-Au risque de te décevoir, ce n'est plus le cas.
-Quoi ? T'as couché avec ton DM de Physique ?
-Les garçons, interrompit Sandy, vous commencez à être vulgaire.
-Tiens Sandy... T'aurais du te taire. Dis-nous est-ce que tu es déjà sortie avec quelqu'un ?
Voir George frétiller des sourcils face à une vampire me fit pouffer. Mais je récupérais aussitôt mon calme face au regard glacial de Sandy. :
-Oui.
-Oh... Je te vois bien sortir avec un vieux.
-C'est sûr que n'importe qui est beaucoup plus mature face à toi.
Les filles rirent en coeur. Cela me fit plaisir que Marie partage la pensée de Sandy. :
-Et toi Marie ?... Tu es déjà tombée amoureuse ?
-Hein ? Euh...
Elle se mit à rougir furieusement. Je regardais Fred de travers. :
-Tu n'as pas à répondre Marie, il se moque de toi.
-Non ! Ca m'intéresse !
-Ouuuh... Marie tu as une touche.
-Mais nan !
-Non... Je n'ai jamais été amoureuse.
Timidement, elle replaça une mèche de ses cheveux indomptables derrière son oreille en se mordant la lèvre inférieure.
Les garçons sont vraiment trop curieux.
Trop mignonne. :
-Et toi Greg ?
-Quoi ?
Fred explosa littéralement de rire, renversant son verre d'eau. Cette diversion me permit d'éviter de répondre à la question qui fut vite éludée par une autre : est-ce que le prof de maths aller aussi nous donner une évaluation surprise ?

-Vous êtes normaux.
Nous rentrions après cette dure journée avec Billie à nos côtés. Nous le regardions étonné après sa déclaration... Ce n'était pas une question, juste une constatation. Et cela nous surprit qu'il la partage avec nous. :
-Ben oui...
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Ben... Vous êtes un Ange et un Démon quand même. Ca me fait... bizarre, de voir que deux forces de la nature puissent se satisfaire d'une vie... normale.
-Ah ah... Des forces de la nature.
-Comment te dire... tentais-je d'expliquer en ignorant le sarcasme de mon frère. Je crois qu'il n'y a rien de mieux en fait. Vivre la vie.
-On donnerait n'importe quoi pour la consumer à nouveau. D'autant plus que nous n'avons pas eu le temps de la découvrir...
-...Vous me raconterez votre histoire un jour ?
-Non.
C'était la première fois que nous parlions d'une même voix à ce sujet. Il arrivait que nous soyons d'accord, que nous partagions la même opinion... Mais de ressentir la même chose. C'était nouveau. :
-Pardon j'voulais pas être indiscret.
-T'occupes Billie ce n'est rien...
J'ai cru l'apercevoir, dans mon champs de vision loin devant nous, dans la rue. Je fixais l'endroit d'où je le vis disparaître. :
-Greg ?
-C'était lui... Ce clochard... Je suis sûr qu'il me suit cette fois !
-Tu le connais ?
-Mais non !
-Peut-être que lui te connais.
La supposition de Billie était pleine de sens et pourtant je n'arrivais pas à comprendre...

On aurait pu éviter ça ? ...Non. C'était son jugement. Sa justice.

-Eve ! Eve, tu m'aides à ranger les courses ?
-Je fais mes devoirs !
La bonne excuse !... Je rangeais tout pour aller rapidement faire les miens. Sauf qu'une fois à mon bureau, je commence à dessiner... Des petites ailes d'anges, partout sur mon cahier. Bien sûr, j'étais une poussière dans la multitude, mais j'espérais tellement... Tellement fort... Et bien que la violence ne soit plus dans la maison, il me manquait quelque chose. Et je le désirais de tout mon coeur avec toute ma sincérité... S'il-vous-plaît...

-Greg... La viande est en train de cramer.
-MERDE !
J'étais parti dans le monde de Marie sans m'en rendre compte et voilà que le repas de mon diable en pâtissait. :
-'scuse-moi j'étais ailleurs.
-Beh, tu m'connais, tant que ça se mange.
Je posais le tout devant lui et m'apprêtais à sortir pour aller dégourdir mes ailes... sauf qu'il rattrapa mon bras. :
-Grégoire... il faut qu'on discute.
Il me força à m'asseoir... presque gentiment. Un peu éberlué, je me laissais faire. :
-Qu'est-ce qu'il y a Fred ?... Ca faisait longtemps que tu n'avais pas prononcé mon prénom en entier.
-Tu m'inquiètes... Depuis qu'on a rendu visite au père de Marie.
-Je... Je sais. Mais ça va mieux. Je me suis laissé emporté parce que...
-Oui... oui.
Il regarda son repas sans y toucher... Il était vraiment inquiet. Il prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage. :
-Mais j'ai peur... Tu sais entre ton cauchemar, ça et... le fait qu'on arrive pas avec Marie.
-Oui moi aussi Fred. C'est pour ça que... j'ai un peu...
-Beaucoup.
Je souris. Il daigna enfin s'emparer de ses couverts pour commencer à dîner. :
-Ca m'ferait mal de perdre mon emplumé de frangin. Même si t'es un emplumé.
-...Merci Frédéric.

C'est après. Oui. J'ai pas envie de raconter. Moi non plus. ...Putain mais qu'ils crèvent sans déconner ! Ils savent déjà tout pourquoi on devrait raconter ça ! Calme-toi... Je ne veux pas mourir ! Vous entendez ?! JE NE VEUX PAS MOURIR UNE DEUXIEME FOIS !!!



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Satan
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Jeu 11 Sep - 4:01
Chapitre XVI

Deux semaines s'écoulèrent... Tranquilles, sans aucune étrangeté. Rien d'extraordinaire ne s'était présenté. Et bien que nous faisions de notre mieux pour comprendre et nous rapprocher de Marie, quelque chose nous empêchait de l'atteindre, de la saisir entièrement. Je l'aidais souvent dans ses devoirs de maths, Fred partageait avec elle des musiques et des films qu'ils regardaient en version originale. La seule chose qui nous rappelait que nous faisions pas parti de ce monde c'était notre retour au bercail... Quand nous laissions nos apparences originelles reprendre le dessus, usés par la fatigue. Il y avait Sandy qui nous visitait parfois la nuit, après ses repas... Elle ne rentrait jamais voir Nadia avant d'être parfaitement sûre de se contrôler. Entre la jeune fille silencieuse du lycée et la vampire souriante de nos soirées, il y avait un gouffre. Elle partageait avec moi des anecdotes de son passé, que j'écoutais avec attention, ayant beaucoup d'amis au Paradis étant morts durant cette période de l'Histoire, j'étais la seule personne avec laquelle elle pouvait avoir de telles conversations animées sur les années 60-70. C'est d'ailleurs une de ces nuits où j'appris qu'elle dormait dans le grenier, dans la maison de Nadia et de sa nombreuse famille. Fred et moi lui avons proposé de nombreuses fois de venir avec nous... mais elle ne voulait pas nous poser des problèmes, et surtout, je lisais dans ses yeux qu'elle ne pouvait laisser son amie. Nous passions nos week-end à sortir entres amis ou à assister Billie dans ses expériences d'alchimiste. Contrairement à tout ce que j'avais pu voir de lui avant, lors de ses travaux, il était silencieux, concentré sur sa tâche... Et à chaque élixir qu'il créait, il s'efforçait de trouver des ingrédients de remplacement à ceux qui nécessitait de retirer la vie d'un animal. Il savait exactement où trouver l'information dont il avait besoin et pouvait passer de longues minutes à feuilleter ses grimoires aux étranges écritures et aux parchemins jaunis et abîmés par les âges... Pendant que je l'admirais, Fred s'amusait à chouchouter les araignées s'étant logées entres les bibliothèques, dont parfois Billie prélevait quelques toiles pour ses enchantements.

C'est en rentrant que Fred, après un long moment de silence, décida à dire ce qu'il avait sur le coeur. :
-Greg, ça va pas là, il faut qu'on bouge.
-Pardon ?
-Tout ça là ! On est en train de se faire bouffer par la vie humaine ! Tu te rends compte ? Nous, les meilleurs éléments des Cieux et de l'Enfer.
-Parle pour toi, moi je vais très bien.
-S'il-te-plaît ! Il faut absolument qu'on arrête de se voiler la face.
D'un coup d'épaule, je retirais sa main de mon bras. :
-Je ne me voile que dalle Fred. Je constate qu'on stagne et moi aussi ça me frustre. Mais on ne peut pas agir maintenant...
-Et pourquoi ?!
Je me taisais... car je n'avais pas de réponse. Je n'avais aucune idée de pourquoi on agissait pas. Je m'attendais à ce que mon Démon de frère se décide à pervertir l'âme de Marie bien avant qu'on ne découvre ce pourquoi son âme reste divisée, mais vu qu'il ne s'était pas décidé à le faire, je ne faisais rien non plus... Nous laissant dans l'inactivité la plus totale. :
-Moi j'vais te dire pourquoi on lève pas un putain de petit doigt, s'agaça-t-il en entrant dans notre immeuble, parce qu'on s'est mis à apprécier Marie pour qui elle est et qu'on a peur qu'elle change du tout au tout.
-Sois pas ridicule.
Quand j'ouvris la porte de l'appartement, un nuage de fumée noire nous poussa à l'intérieur. La porte d'entrée se referma dans un claquement et au milieu de la pièce, Lorelei se tenait debout sous sa forme démoniaque, triomphante, avec un fouet à la main. :
-Fred, dit-elle en susurrant, c'est l'heure de payer.
J'étais tellement abasourdi par la beauté qu'elle était sous sa forme infernale que je n'eus pas le temps de répliquer quoi que ce soit... D'un mouvement ample et gracieux de son bras, elle me repoussa contre le mur et feula sur mon frère comme un animal déchaîné. :
-Tu as trop souvent dit la vérité. Tu connais la punition. Cent coups de fouets... Alors je te conseille de retirer ton haut si tu ne veux pas que Satan se décide à te faire subir bien pire.
-Quoi ? Fred ? Qu'est-ce qu'elle raconte ?!
Ma question resta sans réponse... Il ne me regarda pas une seule fois quand il retira sa veste, son gilet et sa chemise... Il se mit à genoux et offrit son dos à la démone. :
-Non... NON !
J'avais la sensation que me débattre resserrait l'emprise que Lorelei avait sur moi... Elle se servait de ma peur pour me maintenir au mur et dans la panique, je n'arrivais pas à la surmonter. Le premier coup de fouet claqua dans l'air, Fred gémit mais se retint de toutes ses forces d'hurler... Moi pas. :
-NON ! NON ! ARRÊTE ESPECE D'ENFOIREE NE TOUCHE PAS A MON FRERE !
Plus les coups s'accumulaient, plus Fred avait du mal à contenir sa douleur, plus le sang giclait jusqu'au plafond, plus j'hurlais de désespoir... Bien sûr qu'aucun humain pouvait m'entendre, il était certain que Lorelei avait ensorcelé la pièce. Je me tordais dans tous les sens pour me défaire et envisageait même de me déboîter le bras quand je vis mon petit frère qui laissait tomber des larmes. Lorelei me plaqua un peu plus, sentant ce que je comptais faire. :
-Je te le déconseille, Gregougou. Je ne suis là que pour ton frère ce serait dommage que...
La porte se dégonda.

Mes yeux s'agrandirent sous l'effet de surprise et je n'eus pas l'occasion de voir cette expression se dessiner sur le visage de Lorelei... Sandy se jeta sur elle, crocs et griffes en avant. Son pouvoir s'évanouit aussitôt, je m'effondrais au sol en reprenant une grande inspiration, rampant le plus rapidement vers mon frère qui perdait trop, beaucoup trop de sang à mon goût. Il grimaça que je lui suréleva la tête mais j'en avais rien à foutre, tant qu'il était vivant. Tremblant de tout mes membres, j'inspectais les blessures profondes qui ne se refermaient pas. :
-Merde, merde, MERDE ! Pourquoi tu ne te régénères pas sale diable ?!
-La seule chose qui peut battre l'enfer... C'est l'Enfer.
Une petite explosion retentit, je sus que Lorelei était partie. Je jetais un regard vers Sandy pour m'assurer qu'elle allait bien... Elle nous regardait avec des yeux voraces, remplis d'un désir monstrueux ; la soif. Je tendis ma main vers elle. :
-Éc... Écoute-moi Sandy... Tu vas reculer...
Elle s’exécuta, mais ses yeux restaient horribles... Je sus à cet instant qu'elle s'accrochait à mes paroles pour rester saine d'esprit. :
-Tu vas... Tu vas aller dans ma chambre... Tu vas regarder le mur au-dessus du bureau et... tu vas regarder les photos. D'accord ?... Je viendrais te chercher quand j'aurais tout rangé... Hein...
Avec une lenteur animale, elle s'enferma dans ma chambre. Fred murmura avec une voix rocailleuse. :
-Y'a... quoi... sur ton mur ?...
-Ta gueule toi ! Sérieusement ta gueule !
J'avais repris mon souffle et j'étais un peu moins sonné... Mes tremblements ne s'arrêtèrent pas et j'avais même entrepris de me balancer d'avant en arrière. :
-...Il faut que je te soigne. Je... Je vais essayer...
Je reposais délicatement sa tête au sol avant de me mettre à courir un peu partout, marchant pour rien, faisant de multiples allers-retours entre la cuisine et la salle de bains. Je revenais avec tout mon attirail auprès de Fred qui respirait difficilement. Il sourit en voyant la bouteille d'alcool. :
-Qu'est-ce que tu crois faire ? "Désinfecter" un Démon ?
-Quoi ?! Ca peut marcher comme l'eau bénite pour moi !
-...T'es un malin.
Je lui mis un torchon dans la bouche et le retourna... Son dos... Je retins un sanglot et débouche la bouteille. Je le préviens même pas et fait couler un filet du liquide sur ses plaies. Son hurlement fut étouffé par le tissu mais ça me surprit tellement que je faillis en lâcher la bouteille. :
-Pardon ! P...Pardon...
C'est à ce moment que j'ai tout relâché... Je me suis effondré en larmes tout en continuant à faire aller mes mains.

... Hé Greg. Quoi ?! ...Au moins on peut dire que c'est un souvenir... qui déchire ! ... ...Roooh vas-y elle était bonne celle-là ! Je sais pas ce qui me retient de te tuer pauvre con.

Après avoir bandé, posé mon frère sur une chaise et nettoyé l'appartement du sol au plafond au point où il n'a jamais été aussi propre afin d'éviter à Sandy de souffrir un peu plus, j'ouvris la porte de ma chambre. Elle me tournait le dos, assise à la chaise de mon bureau. :
-Sandy ?
Elle ne pipa mot et se retourna doucement vers moi... Ses yeux calmes étaient de retour. Je lui fis signe de venir. Elle s'approcha comme un rongeur intimidé mais finit par nous rejoindre dans le salon. Si les plaies de Fred étaient encore ouvertes, j'avais arrêté les saignements et bien tout recouvert d'un bandage... Il était pâle, il était cerné... Il me faisait mal d'avoir mal. :
-Merci Sandy, expira-t-il dans un souffle, mais maintenant tu vas avoir l'Enfer au cul.
Elle lui offrit un sourire qui se transforma en grimace. Je tiquais sur un détail, son bras gauche était trop ballant pour que ce soit naturel. :
-Sandy tu... Qu'est-ce qu'elle t'a fait ?
Toujours muette, elle jeta un regard à son bras avant de me montrer sa blessure, comme si elle avait honte...

C'est là que j'ai compris. Non seulement nous étions inutiles pour Marie mais on se faisait du mal... Si Fred avait dit trop de vérités, moi je m'étais trop menti... L'humanité nous bouffait. Mais seulement Fred en avait subi les conséquences. J'avais été aveuglé par tout ça... Je m'étais concentré sur Marie sans me rendre compte de la souffrance de mes amis... de ma famille. Pourtant, personne ne m'en faisait par, sinon Fred un peu plus tôt... Sandy remboîta son bras dans un craquement sonore qui me fit verser une larme et me gratifia d'un sourire épuisé. ...J'ai pris mon manteau et j'ai fui.

Bon maintenant tu peux me dire ce qu'il y avait sur ton mur ! J'ai fui Fred, putain j'ai fui et tout ce qui t'intéresse c'est les photos qu'il pouvait bien se trouver sur le mur ?! ...Ouais et ben ?



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Satan
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Dim 14 Sep - 18:43
Chapitre XVII

Je courrais dans les rues, perdu, sans pouvoir m'empêcher de pleurer... Ah il était beau l'Ange, à cause de lui son frère s'était fait fouetté. Je ne voyais même plus où j'allais, les larmes m'empêchant de voir correctement. Soudain quelqu'un s'empara de mon bras, sous l'effet de la surprise je n'ai rien pu faire pour me défendre. La personne me colla au mur avec une force et une poigne qui me surprit... Le sans-abris. :
-Qu'est-ce que... ?
-Ah... Je vois. Tu commences à entrevoir la Vérité hum ?
Son haleine fétide s'écrasa sur mon visage, il colla son corps amaigri au mien pour me plaquer sans que je puisse réagir. Mais ses yeux étaient tellement clairs, ils paraissaient malades, aveugles... D'aussi près c'était saisissant. Il se mit à sourire, découvrant ses dents pourries dont certaines manquaient à l'appel. :
-Oh... Tu ne me reconnais pas petit ?
-Je... Non... Laissez-moi.
-Pourtant, ce n'est que Justice...
Il sortit un couteau étrangement propre par rapport à lui. Mais je n'eus pas le temps d'essayer de savoir s'il avait pensé à désinfecter la lame qu'il la planta dans le dos de ma main gauche. Je grimaçais, bien sûr que c'était douloureux, mais je savais bien que j'allais me régénérer, et pour une aussi petite blessure, ça allait être vite fait... Non ce qui m'inquiétait le plus c'est que le sans-abris semblait me connaître ou avait complètement perdu la boule, ce qui, dans les deux cas, n'était pas rassurant. Il retira le couteau. :
-Omnis homo mendax. Dura lex, sed lex. In lex veritas.
-Quoi ?!
Je reconnus instantanément l'incantation. La blessure me brûla tout entier et ne se referma pas complètement, laissant un cicatrice en chiffre romain : le I... Je m'effondrais en fixant la plaie, retenant ma nausée... :
-Ha... Haniel c'est vous ?
-Le mensonge est une chose propre à l'homme Ange Grégoire... Tu me déçois.
-C'est un Archange déchu qui me dit ça... Comment osez-vous ?!
-Je suis peut-être déchu mais je n'ai jamais menti.
Il s'accroupit pour relever ma tête. :
-Tu n'es tellement pas prêt... Comment ils peuvent envoyer des Anges comme toi en Mission ?...
Il se releva et cracha au sol négligemment. Il commença à s'éloigner sans jeter un seul regard en arrière... :
-Tu devrais commencer à réfléchir Grégoire. Regarde donc autour de toi... Et essaye donc de comprendre à quoi les Anges peuvent bien servir ici.
Il s'évanouit dans la nuit... Comme ce qu'il venait de faire n'avait pas plus d'importance. Mais l'ancien Archange de la Justice venait de me marquer de la trace des menteurs... Je pleurais d'autant plus fort, me sentant misérable. Je me relevais et repris ma course dans les rues...

Sans m'en rendre compte, je me suis dirigé droit vers chez Billie. J'ai ouvert son portail et me suis jeté sur la porte sans ralentir mon allure. Je tambourinais à la porte comme s'il me restait que quelques secondes à vivre. Quand il ouvrit enfin, je me jetais dans ses bras et m'accrochais à lui... C'est seulement à ce moment que je me rendis compte d'à quel point il était petit... Il dut se mettre sur la pointe des pieds pour tapoter mon dos. :
-Greg ?! Mais qu'est-ce qu'il t'arrive t'as le diable aux trousses.
-Non... pire...
J'avais du mal à parler entre mes sanglots. Perplexe, il me prit la main et m'invita à entrer à l'intérieur. Comme un père, il referma la porte et monta les escaliers tout en gardant sa main dans la mienne, me consolant par des mots doux. Dans son salon immense, il déplaça un montagne de papiers pour y placer une chaise et m'installer dessus. :
-Bon Greg... Explique calmement. J'ai beau parler plusieurs langues anciennes, j'ai du mal avec le bourré et la pleureuse... Donc inspire, expire et dis-moi tout.
Sa remarque me fit sourire, mais je m'exécutais. Je lui racontais tout ce qu'il s'était passé lors de cette soirée, des coups de fouet de Fred, au sauvetage de Sandy, à l'arrivée d'Haniel. Il s'empressa de vérifier ma main. J'étais étonné qu'il soit au courant de cette légende du Paradis... J'aurais du m'en douter vu qu'il avait beaucoup de connaissances. :
-Bouge pas.
Il grimpa à une échelle pour aller chercher un livre en haut d'une étagère et d'un chiffon sur sa table de travail. :
-Tiens, mouche-toi... T'inquiètes, fit-il en voyant mon regard suspicieux, c'est un torchon que j'utilise après mettre lavé les mains, t'auras pas de troisième narine.
Je me mouchais donc tandis qu'il ouvrait son livre, cherchant une ligne particulière de son index... Du peu que j'arrivais à voir, je sus que le livre était en latin. :
-Hanieeel... Haniel, Archange de la Justice, chassé du Paradis... Pourquoi ?
-Il avait... empêché un Ange de sauver une âme sous prétexte qu'elle ne le méritait pas.
-Ah ouais.
-Haniel était quelqu'un qui avait un sens aigu de la justice. Au fil des siècles, on a fini par le prendre pour un fou. Mais un jour, il a décrété qu'il était prêt à faire tomber le Paradis si c'était pour servir la Justice... On l'a viré peu après.
-Mais c'était il y a des siècles ! Comment il peut te connaître ?

***

Tout le Paradis était en émoi... On racontait partout qu'il était de retour, mais je ne comprenais pas. Je n'avais que six ans, et certains aspects des Cieux m'échappaient encore. Gabriel était venu me chercher, s'emparant de ma main sans me demander mon reste, alors que je n'avais pas fini mes devoirs. Nous nous sommes envolés et je dus battre frénétiquement des ailes pour pouvoir suivre le rythme... Nous nous sommes posés devant le grand bâtiment des Trônes, c'était très impressionnant. Là, se tenait tout une horde d'Anges et d'Archanges, protégeant la porte de leur corps. Gabriel s'avança entre la troupe et un autre Archange...
Je ne le connaissais pas, il était sale et ses ailes étaient abîmées, attachées les unes aux autres par un ensemble de chaînes en fer. Il avait un couteau d'argent dans une main et une balance dans l'autre qu'il jeta aux pieds de mon tuteur. :
-Tenez, j'ai oublié de vous rendre ça.
-Que fais-tu ici Haniel ? Comment as-tu réussi à t'envoler malgré tes chaînes ?
-Ca n'a pas d'importance... pour vous en tout cas.
Il posa son regard glacé sur moi... Je tremblais aussitôt. :
-Je venais vous prévenir que si vous continuez dans cette voie, les Humains n'auront plus de foi en qui que ce soit... L'Enfer et le Paradis s'effondreront. Si on continue à se mentir...
-Il n'y a que toi qui ment Haniel, sinon tu ne serais jamais tombé.
-Je ne mens PAS !
Les chaînes tintèrent aussi fortement qu'il avait hurlé... Le silence s'abattit sur la place avant que de nouveau, son attention se pose sur moi. :
-Dis-moi petit Ange... Etais-tu Humain ?
-Ou...oui...
-Laisse Grégoire tranquille. gronda Gabriel.
-Grégoire oh, comme c'est intéressant... Dis-moi pourquoi ton nom n'est pas celui d'un "enfant du Seigneur" ?...
-Je... Je sais pas monsieur.
-Peut-être simplement que le Seigneur n'est plus, et donc il ne peut pas avoir d'autres enfants.
-ASSEZ HANIEL ! Repars ou je te jette encore par dessus les Nuages !
-...Ne t'inquiètes pas. Moi, j'ai appris à tomber Gabriel.
Et il est partit en boitant jusqu'aux abords du Paradis avant de se laisser tomber sur Terre.

***

-...Il était fou donc ?
-C'est ce que tout le monde pensait en tout cas.
Billie referma son livre, le rangea et sortit son téléphone. :
-Qu'est-ce que tu fais ?
-J'appelle George. T'as besoin d'un remontant et c'est le meilleur pour ça.
-Billie non... C'est justement pour ça que je me suis laissé aller au mensonge, que Fred a été fouetté jusqu'au sang et qu'on a failli perdre Sandy.
-...Greg. T'as rien compris... Ah ! Allô George c'est moi. ... Ouais alerte niveau 3, t'as quoi ?... ...D'acc, on arrive !
Il me força à remettre ma veste et prit la sienne. :
-Écoute Greg, tu es quelqu'un de bien. Fred aussi à sa manière... Vous êtes là pour nous, nous sommes là pour vous. S'il t'est arrivé de nous mentir, je te pardonnerai... Parce que plus qu'un Ange, qu'un Homme ou qu'autre chose... tu es mon ami.
Je baissais les yeux en essayant de retenir un nouveau flux de larmes. Billie reprit ma main gauche et frotta ma cicatrice. :
-Ca, ça n'a aucune importance Greg. Ok ?... Bon viens, on va se bourrer la gueule.
-...mais je peux pas...
-...Tu te bourreras la gueule au Coca, voilà. Viens !



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Satan
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Jeu 25 Déc - 17:24
Chapitre XIII

Arrivés devant la maisonnée de George, je m'étonnais de la singularité qu'elle avait ; je peux l'avouer aujourd'hui, j'avais mal jugé ses parents en voyant le style de l'adolescent. Quand il sortit, triomphant, housse de guitare à l'épaule et bouteille de whisky à la main, un homme, qui était donc son père adoptif, se précipita à sa suite. :
-George ! Je t'interdis de te soûler !
-Calmes-toi le vieux, c'est le sang du petit jésus en mieux.
La colère se peignit sur les traits de l'homme avant que son regard ne se pose sur nous. :
-Mes enfants, sachez faire la fête avec modération... pour le salut de votre âme.
George poussa un soupir. Le connaissant, je savais qu'il retenait une réplique cinglante sur le bon Dieu et son pote modération. Nous allions pour partir quand un dernier appel retentit derrière nous. La mère adoptive arrivait avec un sac de plastique. :
-Cache donc ça ! dit-elle en désignant la bouteille. Les voisins n'ont pas à être témoin de ta dépravation.
Elle nous regarda à peine et rentra rapidement à l'intérieur, malmenant son pendentif doré en forme de croix avec ses doigts agités... Cette scène, qui dura moins de cinq minutes, me faisait comprendre un peu mieux l'environnement dans lequel vivait mon ami. Il soupira à nouveau, nous sachant gêné d'avoir aperçu un peu de sa vie qu'il tenait à garder secrète. :
-Mes parents ne songent qu'à l'apparence... Ils se foutent complètement que j'aime les Clash et le cuir. Pour eux, j'écoute de la musique satanique et revêt les habits du diable pour faire mon intéressant... Mais bon ! On s'en fout de ça, on est là pour Greg ! Taïaut !
Il attrapa la main de Billie qui s'empara de la mienne avant de nous emporter dans une course folle au coeur de la ville endormie.

Je dois avouer que je ne pris guère part à la petite fête improvisée. Nous nous étions installés devant la cathédrale et nous buvions (enfin, les deux autres, pas moi) en nous donnant tour à tour la bouteille tandis que George jouait de la guitare, essayant de nous faire deviner les titres. Mais, malgré les chants joyeux et les rires de mes amis, je ne pouvais m'empêcher de penser à une chose depuis que le flot de mes souvenirs m'embrouillait l'esprit ; Haniel, la Vérité, les "Enfants de Dieu",... Entre les coups de coude de George et les mimiques de Billie m'intimant d'au moins sourire, je décidais finalement de réfléchir plus tard et de me laisser aller. C'est en voyant l'heure et le dangereux tangage de mes camarades que je sus qu'il était temps de rentrer. Mon coeur se serra à nouveau à l'idée d'affronter mon frère dans un sale état. C'est le pas lent, un peu affecté par les vapeurs d'alcool que je poussais ma porte d'entrée. Sandy, qui faisait la vaisselle, sursauta. :
-Tu nettoies les couverts ? fis-je interloqué.
-Oui et alors ?! Tu as vu l'heure... Tu... Attends.
En une seconde, elle se retrouva nez à nez avec moi. :
-Mais tu pues l'alcool ! s'offusqua la vampire.
Un hurlement se fit entendre dans la pièce d'à côté et Frédéric sortit de sa chambre, rouge de rage, encore couvert de ses bandages. Il boitait mais semblait s'être remis puisque après son entrée, j'ai pas pu en placer une. :
-Boire ça ne résout rien frangin !
-Je peux savoir avec qui tu étais ?
-C'est indigne de toi !
-On s'est fait un sang d'encre !
-Mais... bégayais-je. J'ai... J'ai pas... bu...
En même temps, deux grosses larmes roulaient sur mes joues. Ils ont failli crever par ma faute et j'étais déjà pardonné. Fred soupira. :
-Sandy fais-lui un café... Et j'en ai RIEN A FOUTRE de ton vœux d'abstention ! C'est un café ou UNE TARTE dans ta gueule d'ANGELOT !

Les jours qui suivirent cette mésaventure furent calmes... Sans aucune visite de Lorelei ou de Gabriel. J'aimais à penser que la raison à cela était la présence de Sandy à l'appartement. Comme elle ne dormait jamais, elle veillait sur Fred et le soignait la nuit. Son self control face à ses blessures encore sanguinolentes quand elle les nettoyait avec l'application d'une mère, me stupéfiait. Billie était venu pour constater les dégâts de ses yeux, car il n'avait rien remarqué au lycée. Son choc restera gravé dans ma mémoire ; il avait instantanément fouillé ses poches à la recherche d'un anti-douleur assez puissant pour un démon, qui fit effet pour son plus grand bonheur. Je parlais de ma rencontre avec Haniel avec Fred qui, pour une fois, prit un ton sérieux et grave. :
-Cette Mission commence à nous dépasser Greg.
-Tu crois qu'on devrait passer le relais ?
-Hors de question. Nous sommes les plus expérimentés, imagine d'autres Anges Gardiens à notre place.
-Certes... Alors nous devons nous concentrer sur l'essentiel.
-Marie.
Notre protégée, elle, n'avait pas changé. Elle restait douce et amicale et nous montrait fièrement l'écharpe rose qu'elle avait tricoté elle-même. Elle aidait François à la philosophie, l'unique bête noire de notre premier de la classe. Elle continuait à sourire bien que son souhait n'ait été encore exaucé. J'en ressentais d'autant plus de tendresse pour la petite humaine. Malgré les épreuves, elle restait debout, joyeuse et pleine de vie. J'espérais vraiment l'aider à trouver le bonheur qui lui manquait... cette fois sans plus jamais faillir à mon devoir de grand frère.

***

-Nom de Dieu de Seigneur de bordel de Chérubins avariés.
-Arrête de jurer Fred...
La tête du démon percuta la table sur laquelle nous étions en train d'étudier les comportements humains. Il parla sans se soucier de son nez écrasé. :
-A douze ans on a autre chose à foutre que d'étudier ce machin.
-Si tu faisais l'effort d'au moins lire tu comprendrais que ce qu'il y a d'écrit, on le sait déjà.
Il se redressa, fit la moue et plongea dans son livre... Ce qui faisait que nous étions les meilleurs de notre session d'Anges Gardiens était en partie le fait que nous étions morts jeunes... Ensuite, nous avions vu et vécu le meilleur et le pire de l'humanité.

Nous soulevons des poids de plusieurs tonnes sous les yeux de nos tuteurs. Je tenais le mien dans ma main droite, mon cahier d'étude dans la main gauche. :
-Les suicidaires sont au Couloir de l'Envie...
-...ce que les martyrs sont à l'Espérance.
Je lève un sourcil à la bonne réponse de mon frère. Il pose les deux poids qu'il soulève brutalement, créant un trou dans le parquet du Purgatoire. :
-Eh ouais, j'apprends aussi mes leçons sur le Paradis tête de plumeau.
Je secoue la tête.

-GREG !
Je me retourne et reçoit un coup de poing dans le ventre. Notre adversaire, un Ange-d'arme formé au combat... Autant dire que deux gamins comme nous ont peu de chance de s'en sortir, mais on n'a pas le choix. Fred repousse l'Ange d'un coup d'épaule magistral, le projetant contre le mur. Il a tout juste le temps de m'aider à me relever avant qu'il ne revienne à la charge. :
-A deux ! hurle mon démon. Faut le percuter ensemble !
Je saisis les ailes de mon frère, m'envole aussi haut que je le peux tout en tourbillonnant et, quand j'atteins la vitesse maximale, je le balance droit sur l'Ange-d'arme. Les deux se percutèrent dans un bruit de tonnerre assourdissant et tombèrent l'un et l'autre. Je rejoignis Fred avant qu'il ne s’assomme au sol, maintenant fermement sa main... Il me regarde, sonné, l'arcade saignant un peu. :
-Ok, je ne m'attendais pas à ça mais c'était une putain d'idée de génie.

Pourquoi tu parles de ça maintenant ?... Ca n'a rien à voir. Ca a tout à voir. Ce sont les rares fois on se tapait pas dessus comme des cons, ce sont les rares fois où j'oubliais qu'on était mort, ce sont les rares fois où je te regardais sans te haïr. Les rares fois où tu fus mon grand frère. Les rares fois... où je me foutais complètement d'être un Ange.

***

La cours de récréation était déserte, couverte de neige. Il faisait trop froid dehors pour que les élèves y traînent maintenant. Fred commençait sérieusement à péter des plombs, bien qu'il ne puisse rien faire à cause de ce temps... Moi, vu que j'étais froid naturellement, ça n'avait pas d'importance. J'étais assis à l'un des bancs, inspirant longuement et calmement l'odeur caractéristique de l'hiver approchant à grand pas et du parfum de Marie... J'ouvre les yeux. Elle se tient devant moi, emmitouflée dans sa veste scolaire d'hiver et son écharpe rose, les mains dans les poche, ses grands yeux noisette me fixant. Je luis souris. :
-Quoi ?... Tu as besoin de quelque chose ?
-Non je... fit-elle en rougissante et en déviant son regard. Tu avais l'air si pâle de loin.
-J'ai toujours été très blanc de peau. Ne t'inquiètes pas.
Je ne m'inquiète pas... Tu es juste très beau sous la neige.
J'essayais de me voir avec ses yeux mais je ne percevais qu'un pauvre gamin blond, blanc comme un cul de lavabo, dont les yeux bleus ressortaient avec force. J'haussais les épaules et me levais. :
-Aller viens, je te paye un café. Tu vas tomber malade dans ce froid.
La cafétéria était animée, mais dans le fouillis, je reconnus la tignasse ébène de mon frère à côté de celle de feu de George, en train de battre à plate couture, au baby-foot, des secondes qui n'avaient rien demandé. Je tirais la chaise pour que Marie s'installe et me dirigeais vers la buvette. :
-Latte svp.
J'attendis qu'on me le tende pour donner ma monnaie et repartir vers la table où Marie m'attendait. Je lui posais la boisson chaude devant elle tout en souriant. Quand elle voulut réchauffer ses mains, elle entra en contact avec ma peau. Elle fronça les sourcils. :
-C'est toi qui devrait te réchauffer... Tu es plus gelé que moi !
-Je n'ai pas froid. Je ne suis pas une frileuse comme Fred.
-J't'ai entendu enfoiré !
Sa voix fit sursauter tout le monde mais il ne s'en préoccupa pas le moins du monde, s'efforçant de prendre un air menaçant à mon encontre. Marie pouffa un peu et trempa ses fines lèvres dans le liquide chaud. :
-La façon dont vous vous disputez Fred et toi, ça me rappelle Eve dans ses mauvais jours.
-Vous allez mieux ?
-Oui, beaucoup. Un peu grâce à vous.
Beaucoup en fait. Mais c'est mon secret ça. :
-Tant mieux. ...Tu te disputes avec Eve alors ?
-Des chamailleries entre sœurs ! Elle est plus jeune que moi, on m'a toujours dit d'être un modèle pour elle... Force est de constater qu'elle ne me ressemble pas du tout !
Elle rit dans sa tasse tandis que je jette un coup d'oeil à mon frère, qui avait reprit son jeu. :
-Comme je te comprends...
-Des fois je me dis qu'elle ressemble trop à maman.
-Ahah... Tu sais quoi qu'il arrive... Elle reste ta soeur.
Elle leva les yeux puis m'offrit un doux sourire. :
-Ca fait du bien de parler avec toi.
-Parler de quoi ?
Fred apparut soudain à ma droite et s'empara d'un chocolat qui était posé sur la table. :
-C'pas tes oignons, retourne jouer.
-Haaan qu'il est vilain avec moiii... Marie console-moi !
Elle riait alors que j'empêchais le démon de lui sauter dessus... Oui, tout était revenu à la normale.



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Satan
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Dim 1 Fév - 3:42
Chapitre XIV

De gros flocons duveteux tombaient presque tous les matins maintenant. Une fine couche de neige blanche recouvrait l'asphalte tandis que nous nous dirigions vers le lycée... Je marchais paisiblement, les mains dans les poches, la tête remplie de toutes nouvelles réflexions : étions-nous désormais assez proche de Marie pour lui demander directement son vœu le plus cher ? que voulait dire Haniel quand il annonçait que je n'étais pas un "Enfant du Seigneur" ? la longue absence de Gabriel et Lorelei était-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ?... Un éternuement interrompit mon chemin de questions et, du coin de l’œil, je vis Fred glisser dans la neige, claquant fortement des dents bien qu'il soit bien mieux couvert que moi. :
-Graaah l'hiver, bougonna-t-il, cette saison infernale...
Je souris à sa remarque... Depuis sa punition au fouet et mon marquage des menteurs, nous sommes plus ouverts et conciliants l'un l'autre. Cette épreuve bien loin de nous éloigner, nous rapprocha, et, nous en étions ravis, je pense. Oh, bien sûr il arrivait encore qu'on se dispute... Mais c'est bien normal après tout, il n'y a rien de plus différents qu'un Ange et un Démon côte à côte. Pourtant, j'étais persuadé que nous avions passé une phase, que pour une fois depuis notre mort, nous passions carrément outre. D'un geste, je le retiens de s'écraser au sol après une énième glissade, alors que nous montions la côte vers le lycée. Arrivés dans la cour, je le lâchais. :
-Greg... Il nous faut un plan je pense.
-Tu penses ?
-Oui.
Je m'arrête et soupire. Je sentais venir la divergence d'opinion et, du même coup, une éventuelle dispute... :
-Dis-moi.
-On sait tout de Marie, ses activités extra-scolaires, ses passions, les membres de sa famille -on a même réglé quelques problèmes de ce côté-là n'est-ce pas ?-, et je pense qu'on a plutôt bien réussi la phase d'approche... Elle passe toutes ses récrés avec nous, on sort souvent tous ensemble le week-end, bref notre situation actuelle est parfaite.
-Tu songes à la phase 2 ?
-Oui.
Je regarde le ciel, je pèse le pour et le contre. Je hausse les épaules. :
-Très bien... D'ailleurs, ajoutais-je en voyant Marie arriver, là voilà. Tu commences ?
-Pas de soucis frangin.

Marie arriva en courant, un grand sourire sur son visage de porcelaine, levant les bras en nous voyant arrêté à mi-chemin entre la cour et le préau. Elle se jeta sur le dos de Fred mais il réagit à peine à l'agression, se contentant de me jeter un regard rempli de haine auquel je faisais de mon mieux pour répondre. Voyant cela, son sourire disparut, me déchirant le cœur au passage. :
-Que se passe-t-il ? Vous allez bien ?
-Oh moi oui, répliqua sèchement mon Démon, si seulement j'avais pas un grand frère aussi débile.
Je laissais planer un moment de silence, prenant soin d'éviter le regard de Marie, perdue, inquiète, le temps qu'elle comprenne la situation. :
-Moi, débile ? Je ne fais que ce que je pense juste pour nous deux.
-Va te faire foutre Greg.
-Ne me parle pas sur ce ton !
-TU N'ES PAS PAPA !
Le reste est allé très vite ; je vis au loin Georges et Billie courir vers nous tandis que Fred empoignait ma veste. Mais l'imprévisible vint de Marie. Elle nous sépara d'un geste et nous mit une gifle chacun, en même temps. Le temps sembla s'arrêter, même la sonnerie ne sortit personne de sa torpeur... Je restait là, complètement ébahi par Marie, alors que des larmes de colère naissaient dans ses yeux. Elle prit une grande inspiration en détournant son regard. :
-Ne vous battez pas. Ce n'est pas comme ça que vous allez résoudre vos problèmes...
Et elle partit en cours, la tête basse, nous fuyant presque. Geroges et Billie arrivèrent enfin près de nous. :
-Qu'est-ce que putain de quoi ? fit le rouquin.
-On sait pas très bien nous-même... répondit mon frère.
-Oui ben on verra ça après les cours... On va être en retard.
Billie fut obliger de nous pousser pour nous réanimer.

En soit, la réaction de Marie n'avait rien d'étonnant, mais c'est la rapidité avec laquelle elle avait fait preuve qui nous a surpris... Nous avions déjà testé cette méthode sur quelques Humains sans Destinée, autant pour éprouver le lien qui nous unissait que pour le pousser à se livrer un peu plus... De voir deux amis se déchirer, l'on fait en sorte de les réunir, de réparer les choses pour les retrouver tous les deux... Marie n'avait pas eu besoin de ça. Avant même d'en arriver là, sans même chercher à comprendre ce pourquoi on se serait éventuellement déchirer, elle avait pris les devants. Mon respect pour ce petit bout de femme allait grandissant... Dans le couloir après notre cours de physique, avec Fred, nous essayions tant bien que mal de trouver une conclusion à cette formidable réactivité. :
-Elle a peut-être déjà perdu quelqu'un ainsi... Sur un malentendu, auquel elle n'a pu réagir, ou bien trop tard.
-Non, elle a toujours dit qu'elle avait eu des copines, mais pas au point de les considérer comme des amies... Souviens-toi au début de l'année.
-Pas faux. concédait-il. Dans ce cas, je pense qu'on va devoir changer de plan.
-C'est-à-dire ?
Il fit un mouvement de tête derrière moi. Au bout du couloir, Marie nous attendait. Droite comme un i, les mains serrées sur la bretelle de son sac, un peu tremblante, les lèvres serrées... Elle nous regardait comme si elle attendait qu'on explose l'un sur l'autre. On s'est lentement approchés d'elle, comme deux enfants allant avouer qu'ils ont fait une bêtise à leurs parents, et nous avons avancés nos bras d'un mouvement synchrone, dans un câlin auquel elle ne s'attendait pas. :
-Pardon Marie.
-...Me refaites plus JAMAIS ça... Idiots !

-Marie m'a dit.
Je soulevais un sourcil à l'annonce de Georges. Dans la cafétéria, les autres étaient occupés dans leurs devoirs ou à jouer au baby-foot. Je voyais pas où il voulait en venir. :
-Tu sais, j'ai pas de frère ou de sœur... Du moins, de mon sang. J'dois pas être le mieux placé pour essayer de comprendre votre situation... Mais je sais ce que c'est de pas avoir de parents.
Je poussais un "oh". Pour les Humains, nous étions deux adolescents ayant demandé à être émancipé pour des problèmes que nous efforcions de cacher avec nos parents. Georges continua. :
-Mais je sais ce que c'est que de devoir se débrouiller sans parents, sans adultes. Il m'a fallu du temps avant... avant que cette famille ne m'accepte.
Pour la première fois que je le connaissais, Georges se dévoilait un peu. Au fond de moi, j'étais un peu énervé... Le but c'était que Marie parle... pas les autres ! Mais j'accueillais tout de même la gentillesse de Georges. Ce garçon mal aimé et mal jugé simplement parce qu'il avait des piercings et qu'il écoutait du rock. Il secoua la tête comme s'il sortait d'un mauvais rêve et posa sa lourde main sur mon épaule. :
-Quoi qu'il arrive en tout cas, comptez sur moi pour vous aider. Quitte à vous rabibocher en vous forçant à vous embrasser devant le monde entier... avec la langue. Peu après cet échange, notre dispute fut vite oubliée. A la fin des cours, nous nous sommes réunis en bas du lycée, par habitude. :
-Alors Georges, ton anniversaire ? demanda François.
-Ah oui ! Alors ça se passera bel et bien le week-end prochain, à la boîte "Darkin'Sensation".
Nadia trembla au nom de l'établissement, Sandy s'empressa de passer un bras par dessus son épaule. Même Moïse, notre rugbyman, ne semblait pas approuver son choix. :
-Tu comptes vraiment fêter ça là-bas ?
-On sera tous majeur ! se défendit-il. Et puis j'ai déjà réservé le carré V.I.P. !
-Le carré... Attends, comment t'as pu payer ça ?
-J'ai bossé cet été. Et mes parents m'ont dit que je pouvais faire ce que je voulais de l'argent.
Face à notre manque d'enthousiasme, il tapa dans ses mains, sa clope au bec. :
-Alleeeer ! Ce sera fun ! Il y aura de la bonne musique et on dansera !
-Moi, fit Fred, j'ai hâte de voir de nouveau Greg bouger son cul.
Me rappelant Halloween, je rougissais sous les éclats de rires de mes camarades.

C'était le week-end, et les détendeurs de notre secret étaient tous réunis dans le salon bordélique de Billie. Celui-ci rougit en voyant Nadia poser son regard un peu partout sur ses outils de travail. Il s'efforça de le cacher en se cachant derrière un grimoire immense. Je discutais avec Billie de cette marque que j'avais sur la main gauche. :
-Je t'ai déjà dit que je cherchais pas un moyen de la retirer, je la mérite. Je veux juste comprendre.
-Mais il n'y a rien à comprendre ! s'exclama l'alchimiste. Tu as caché une Vérité au Seigneur du coup, voilà ! Si ça n'avait été le cas, tu n'aurais pas eu de cicatrices après l'incantation.
-J'aurais du en avoir plusieurs. J'ai caché aux Anges-d'armes que Sandy était une vampire impure libre, j'ai omis mon manque de contrôle avec le père de Marie, j'ai dévoilé mon état d'Ange ! J'ai fait un nombres incalculables d'erreurs.
-J'aurais jamais cru que ça me ferait autant de plaisir à entendre...
-Il faudrait... commença Billie en ignorant la remarque de mon frère. Il faudrait savoir exactement ce pour quoi tu as menti Greg.
-Tu n'as pas une formule magique pour ça ?
L'intervention de Nadia était tellement mignonne... Elle comprenait si peu et pourtant, elle faisait de son mieux pour aider. :
-Ca ne marche pas comme ça, la Justice c'est aussi reconnaître sa faute.
-C'est jamais simple avec les emplumés.
Fred haussa les épaules et reposa l'araignée qu'il chatouillait jusqu'alors sur sa toile. Sandy prit soudainement une grande inspiration qui surprit tout le monde, vu qu'elle n'avait pas bougé de son siège, ni rien dit depuis plusieurs heures. :
-C'est Marie.
Je fronçais les sourcils sans répondre. :
-C'est Marie votre protégée. Vous avez joué la comédie l'autre jour.
Nadia posa ses mains sur sa bouche, retenant un cri de stupeur. Billie regarda alternativement Fred et moi, essayant de savoir si ce qui était en train de se passer était grave. Le Démon expira... :
-Au point où on en est. Oui, c'est elle.
Il ignora mon regard désapprobateur. Sandy hocha lentement la tête. :
-Ca explique pas mal de choses...
-C'est-à-dire ?
-Je pense que tu as menti concernant ta vie sur Terre Grégoire... Tu te plais ici non ?
-Oui évidement.
J'avais rencontré des amis qui ne nous jugeaient pas, des personnes à la grandeur d'âme qui pourrait défier les Archanges. :
-As-tu songé, ne serait-ce qu'un instant, à mentir sur l'avancée de votre Mission pour rester plus longtemps avec nous ?
Le silence s'abattit dans le salon. Lourd. Étouffant. Fred se leva, les sourcils froncés, le regard vrillé dans mon dos. J'allais dire la vérité, et rien que d'y songer, ma cicatrice sur ma main gauche m'irrita instantanément. :
-Oui.

***

-Gabriel... Pourquoi les autres Anges me traitent différemment ?
-Parce que tu es exceptionnel Grégoire.
-Mais... Je m'en fous ça. J'aimerais avoir un ami.

***

-Françoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
Le beuglement de Moïse revenant de l'entrainement de rugby nous fit nous retourner, sauf le principal intéressé plongé dans son livre de mécanique quantique. Moïse glissa dans la neige, se rattrapa de justesse et plaqua François qui emporta le petit Billie tout près de lui, dans sa chute. L'intello se releva prestement, revissa ses lunettes sur son nez et commença à crier sur le rugbyman avant même que les deux autres ne se soient relevés. :
-Brute épaisse ! Tu voyais pas que j'étudiais ! Tu ferais bien d'en faire autant si tu veux avoir ton bac et tes bourses pour ton université de sport !
Moïse fit une moue qui fit glousser Marie, ce qui me surprit et François s'éloigna à toute jambe, sans doute réviser au calme dans la bibliothèque. Moïse retira distraitement la neige de son manteau tandis que Georges voyait l'intello s'éloigner. :
-Eh ben. Il en faut d'habitude pour l'énerver... Il a ses règles ou quoi ?
Sandy lui donna une claque bien méritée dans la nuque. Marie ria de plus belle. Nous nous éloignions petit à petit de l'établissement, pour passer notre fin de journée dans notre bar habituel. Je me retirais, à l'arrière du groupe avec Marie. :
-Qu'est-ce que tu trouves si drôle ?
-Oh... J'ai pensé un instant que Moïse et François ressemblaient à un couple de vieux mariés quand ils se disputaient. C'était mignon.
Je regardais avec étonnement ma petite protégée tout en fixant sa croix chrétienne se balançant par dessus son écharpe. Elle le remarqua et tritura son pendentif. :
-L'amour est le plus beau sentiment qui existe. Le Seigneur l'a toujours dit.
Je ne peux que sourire face à tant de sagesse... J'entendis un crissement de pneu... Au carrefour que Billie était sur le point de traverser, une voiture accéléra pour ne pas à avoir à s'arrêter au feu rouge. Aussitôt je courrais dans sa direction, et comme Moïse un peu plus tôt, je percutais l'alchimiste avec force, nous étalant tous les deux dans la neige sale du trottoir d'en face, nous évitant le contact mortel avec l'automobile. Le cri de Nadia me sembla tellement loin... Je relevais la tête vers mon ami. :
-Tu vas bien ?
-Non ! Tu m'écrases !
On se relevait, trempés, tremblant de peur, l'adrénaline parcourant mon corps... J'avais failli sortir mes ailes devant tout le monde pour sauver un Humain. Fred s'accrocha à nous comme si nous allions disparaître de devant ses yeux, je vis de parfaits inconnus s'enquérir de notre santé. Mais la vision la plus inquiétante que je vis alors, dans le fouillis de bras, de sensations et d'émotions, c'était un sans-abris qui, depuis une ruelle sombre, me fixait intensément avec un sourire ni mauvais, ni franchement bienveillant... Haniel me guettait encore.



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Satan
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Dim 1 Fév - 15:48
Chapitre XX

Je restais absent le reste de la journée. Les autres eurent vite fait de mettre ça sur le compte du choc post-traumatique, puisque Billie arborait les mêmes yeux hagards que moi. Mais j'avais été bien plus effrayé par le regard de Haniel -il me semblait tellement impossible que Billie meure. Il me tournait encore autour, pour quelle raison ? S'attendait-il à ce que je fasse une nouvelle erreur ? Prenait-il du plaisir à me voir enchaîner les fautes ? Mon poing se serra avec force et je sentis une douce main se poser dessus. Marie me regardait, inquiète, toutes ses pensées tournées vers moi. Je n'avais pas remarqué que les autres avaient poussé Billie vers le billard, pour lui faire changer les idées. :
-M... Marie ?
-Ca va aller Grégoire. Vous vous en êtes sortis... Vous allez bien. Il ne faut plus y penser.
Elle me regardait avec une détermination nouvelle, et je sentais, avec mes sens d'Ange Gardien, que si je n'avais couru plus vite qu'elle, c'était elle qui aurait sauvé Billie... ou pris la voiture de plein fouet.  J'écartais une terrible vision de mon esprit et j'inspirais lentement, suivant son conseil. :
-Bien.
Nous sommes sortis du bar alors que la nuit était tombée, les journées se faisant de plus en plus courtes. Petit à petit nous nous séparions au fil du chemin qu'on parcourait, certains prenant le bus, d'autres prenant une rue différentes de la nôtre, si bien qu'au final, il ne restait plus que Frédéric, Billie et moi. L'alchimiste avait la voix tremblante quand il brisa enfin le silence. :
-Greg ? Est-ce que... Est-ce que je devais mourir ? Est-ce que tu as désobéi à la loi disant que tu ne dois pas sauver un Humain au bord de la mort ?
-Non. s'empressa de répondre le Démon. Nous voyons la Mort arriver bien avant vous. On l'aurait senti si tu devais mourir...
-Si je n'avais pas été là, ça aurait été Marie qui se serait jetée pour te sauver.
Billie gémit, nous faisant sursauter. Des larmes coulaient sur ses joues, de soulagement ou encore de peur, je n'en savais rien... mais le petit Billie, cache-oreilles orange vissé sur son crâne, emmitouflé dans son manteau, paraissait si minuscule, si faible. Alors qu'habituellement, il se montrait si fort et si courageux, de voir la Mort de d'aussi près l'avait transformé en n'importe quel adolescent, disparu l'alchimiste défiant les lois de la création, envolé l'ami qui m'avait soutenu quand mon frère s'était fait fouetté jusqu'au sang,... il était Humain, et c'était à mon tour de l'aider. Je regardais autour de moi, la rue étant déserte puis mon frère qui hocha doucement la tête. Doucement, je laissais ma Lumière sortir hors de moi, les ondes de mes valeurs apaisant la souffrance de Billie, et je le pris dans mes bras. :
-Mais...
-Chut.
Il s'accrocha à moi avec une vigueur qui ne me surprit guère. Je répondis à son besoin, le serrant plus fort, le rassurant de ma Lumière, tentant de lui faire comprendre qu'il était bien vivant.

Dans l'appartement, comme je m'y attendais, Gabriel était là, debout sous sa forme masculine qu'il prend souvent pour paraître plus autoritaire. Il ne lança pas un regard à Fred qui sut se faire tout petit. :
-Je veux des explications.
-Il n'était pas destiné à mourir Gab'.
-Ca n'explique pas pourquoi c'est TOI, qui l'a sauvé.
-Je cours plus vite que Marie... A moins que tu souhaitais que nous perdions prématurément notre Protégée.
L'Archange pinça ses lèvres, comme si cette raison ne lui suffisait pas bien qu'elle soit suffisante. Il jeta un regard sombre à Fred qui le lui rendit, par politesse. :
-Fais attention à toi Grégoire.
Il disparut dans un nuage d'étoiles. :
-Ouais. fit Fred. Et moi j'peux aller m'faire foutre. Salut Gab' au fait hein !
-Ne t'énerves pas.
-Oh toi le défend pas ! Surtout !... Ta gueule !
Il s'enferma dans sa chambre sans manger de la soirée.

Qu'est-ce que t'avais ? J'étais en colère. Non sans blague. J'étais en colère parce que, Gab', sensé être notre tuteur, accordait plus de crédit aux lois de son Paradis plutôt qu'à notre Mission... Alors que l'important, c'était quand même Marie ! Après ça, il ne venait plus que pour une chose, pour nous mettre en garde, nous remonter les bretelles... J'avais la sensation qu'il nous fuyait. Qu'il avait peur de nous comme il avait eu peur de Lucifer. Chut, ne parle pas de ça. Hm... N'empêche que j'ai raison. Il n'a même pas senti que tu avais la Marque... Il s'est désintéressé de nous à partir du moment où il s'est rendu compte qu'au bout d'un moment, on agissait plus pour les Enfers ou pour le Paradis... mais pour l'Humanité.

***

C'était la période des questions, car avant d'être un Ange, Grégoire était un petit garçon. :
-Gabriel, pourquoi on ne doit pas mentir ?
-Car même si la Vérité est parfois plus dure à entendre, elle apporte bien plus de solutions qu'un mensonge.
-Gabriel, pourquoi les Humains n'aiment pas les homosexuels ?
-Beaucoup pensent que ce n'est pas naturel. Souvent les sentiments comme l'amour et la haine les dépassent.
-Gabriel, pourquoi tu n'as pas sauvé Lucifer ?
-Car il a agi avec Orgueil, il a été justement puni.
-Dans ce cas, pourquoi on se bat contre les Enfers si il est juste de punir les Humains pécheurs ?
-Car il faut Espérer.

J'avais espéré longtemps. Que mon sacrifice pour la survie de mon frère n'ait pas été vain, que les lois des Anges soient parfaites, que mon devoir soit... Soit quoi ? ...Je ne sais pas très bien moi-même.

***

Notre premier plan de la phase 2 ayant échoué, nous réfléchissions encore à un autre stratagème pour que Marie se livre un peu plus à nous... ou l'un d'entre nous. Je faisais un peu plus confiance à Fred, je pensais qu'il ne réfléchissait plus à guider notre protégée sur le chemin de l'Enfer, sachant qu'il avait moult occasion de le faire avant. Nous travaillions vraiment, pour la première fois depuis notre accession au rang d'Ange Gardien, pour le bien de l'Humain sans Destinée... Il voulait autant que moi réaliser son vœu le plus cher. "Elle le mérite largement" disait-il, comme s'il avait été un Trône pour en juger. :
-Un cadeau peut-être. disait-il sans conviction. Les filles aiment les cadeaux.
-Marie est désintéressée des choses matérielles.
-Raaah, c'est tellement plus simple avec les superficielles.
-Si elle l'était tu ne te casserais pas la tête pour l'aider.
Je le vis bouder, me faisant tendrement sourire. :
-Retire donc ça de ton visage l'emplumé !
Il se jeta sur moi pour secouer mes cheveux avant que ne pénètre l'enceinte de l'établissement scolaire. Les heures passaient avec une lenteur qui, loin de me gêner, me ravissait. Contrairement à mes camarades. :
-Si je passe encore une seule minute de ma vie à faire des calculs de probabilité, souffla Georges, je sens que je vais exploser.
-Je vois pas pourquoi.
-François, dit Moïse d'une douce voix, il n'y a que toi pour aimer les études tu sais...
-MOÏSE !
La voix tonitruante de Sébastien, le capitaine de l'équipe de rugby, retentit dans la cafétéria. Moïse se leva en poussant un soupir et dut partir à l'entrainement, sous nos encouragements. :
-Il n'y a que toi pour aimer courir jambes et bras nus dans la neige après un ballon.
La remarque de François fit rougir Moïse sans que je comprenne pourquoi puis il sortit. Fred lui, trembla à l'évocation du froid qui nous attendait dehors, serrant sa tasse de café noir dans ses mains. Marie le vit et frotta le bras du Démon comme si ce simple geste pouvait le réchauffer. Sandy fit de même avec son autre bras, un sourire ironique sur le visage... Elle qui savait notre secret, elle savait bien que rien ne pourrait réchauffer Fred sinon les Enfers... Mon frère lui jeta un regard assassin. Georges fit alors semblant de trembler et se rapprocha de la vampire. :
-Moi aussi je caille... Tu veux bien réchauffer mon corps d'Apollon ?
-Plutôt mourir.
Nadia poussa un petit rire, mais loin de se décourager, il se tourna vers Marie. Mon corps fit un mouvement en avant mais elle se défendit d'elle-même. :
-Georges, si tu tiens tant que ça a avoir une petite amie commence par t'exprimer avec plus de sincérité !
-Mais je tiens sincèrement à vos corps de braise !
Fred hurla d'un rire rauque, mais il reprit son calme pour pouvoir embrasser la joue de Marie qui rougit jusqu'aux oreilles. Elle me jeta un regard en biais mais j'étais tout sourire, ce qui calma ses rougeurs.

-Fred est... très tactile.
La phrase de Marie me surprit, après le bref silence qui s'était installé à table que nos amis quittèrent pour jouer au baby-foot libre. François lui était resté, plongé dans son livre. Je fronçais les sourcils. :
-Si tu n'aimes pas ça, il faut le lui dire. Il va se croire tout permis sinon.
-Non, non ! s'empressa-t-elle de dire. Je... J'ai été surprise c'est tout.
Elle replaça une mèche de ses cheveux châtains bouclés derrière son oreille, les yeux fixant la table. :
-J'étais dans une école privée avant, uniquement composée de filles, des élèves au personnel, et je n'ai connu que mon père dans ma famille. Je n'ai pas l'habitude d'avoir des amis garçons.
-Garçon ou fille, ce n'est pas important. Le mot "ami" devrait être un nom neutre...
Je relevais la tête vers François qui tourna la page de son livre avant de nous regarder à son tour. Il haussa les épaules. :
-Depuis que Moïse m'a taclé, j'ai compris qu'il fallait que je vous prête plus d'attention...
Et il replongea dans ses études... Marie avait un sourire flamboyant tandis que je la regardais avec des yeux écarquillés. :
-Je... repris-je non sans mal. François a raison. Nous sommes des amis, un gang de salauds. Ne sois pas intimidée par nos gestes... et surtout hésite pas à hausser le ton si tu penses qu'une ligne est franchie.
Je fixais d'un œil sombre Georges qui était loin de s'en douter. Marie passa alors sa main chaude sur ma joue avec une lenteur exaspérante, me brûlant allègrement, me remerciant avant d'aller chercher un café. Elle se plaignait des garçons tactiles alors qu'elle l'était tout autant qu'eux.



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Satan
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Mar 3 Fév - 19:49
Chapitre XXI

-Une chemise !... En plein hiver !... Bordel !
Fred continuait de s'énerver tout en boutonnant sa chemise noire. Je secouais la tête en constatant qu'il ne comptait absolument pas la mettre dans son jean. La mienne, aussi blanche que mon teint, l'était. Je resserrais ma cravate sous ses yeux médusés. :
-Mec ! Tu vas en boîte ! Pas à un entretien d'embauche !
Sans demander mon avis, il s'approcha de moi pour la défaire, remonter mon col de chemise et secouer mes cheveux peignés. De le voir si près de moi dans si une apparence si humaine, j'en ressentis une vague de bonheur qui aurait fait rougir de honte les autres Anges, de penser du bien d'un Démon. Fier de lui, Fred posa ses poings sur ses hanches, l'air triomphant. :
-Là ! T'as enfin l'air d'un ado mal dans sa peau mais prêt pour la draguouille.
-La quoi ?
-Laisse tomber frangin. Bon ! Couvrons-nous maintenant !
L'hiver était arrivé si tôt que j'espérais le retour du printemps pour Mars minimum... afin de ne plus supporter les jérémiades de Fred. Heureusement tout le monde était déjà arrivé avant nous, pourtant, Moïse nous mena jusqu'à sa voiture (il avait le permis depuis quelques mois, ayant eut sa majorité l'année dernière) dont il ouvrit le coffre. :
-Mettez vos manteaux là, ça nous évitera de payer pour le vestiaire.
-QUOI ? On doit marcher jusqu'à la boîte en chemise !
-De quoi tu t'plains ? répliqua Sandy dont le long manteau rouge cachait une fine robe de soirée noire.
Les garçons se turent un moment, et bien que réticents, tout le monde déposa sa veste dans la voiture. Fred claqua aussitôt des dents et lorgna Georges qui ne tremblait même pas. :
-Comment tu fais ?
-J'sais pas, j'ai naturellement chaud.
Fred se colla presque aussitôt à Georges... Marie dont la jupe blanche et aérienne tombait à ses genoux pouffa en voyant notre rockeur rougir au point de faire disparaître ses tâches de rousseur. Secoués par les rires et sous les hurlements de Georges, nous arrivâmes devant le videur qui, malgré son air perplexe face à nos âges, nous laissa entrer. Rien que dans le couloir, la musique techno faisait trembler les murs. Nous arrivâmes dans la salle principale, déjà bondée de monde, où des inconnus dansait sur une musique frénétique qui n'avait aucun sens à mes oreilles, balançant leurs bras au même rythme qu'un DJ placé en hauteur. Georges pointa du doigt une table posée en hauteur par rapport aux autres, entourée d'épais rideaux rouges entrouverts ; ce carré V.I.P. était pour cette boîte de nuit ce que les loges sont pour un théâtre. Je fus absorbé par la contemplation des rideaux qui étouffaient étrangement bien le bruit -même si nous vibrions tous encore au rythme des puissantes basses- quand un serveur entra avec une bouteille d'alcool à la main. :
-Celle-ci est offerte, précisa-t-il avant de ressortir, amusez-vous bien !
-Laissez-moi vous servir !
J'allais pour riposter mais Fred me donna un coup de coude avant de s'asseoir... Bon, c'était l'anniversaire de notre ami le plus rebelle, apparemment j'allais devoir y passer.

C'est une étrange sensation de chaleur qui, très rapidement se transforme en sentiment d’invincibilité incroyable. Plus rien ne peut nous arrêter, ni le regard des autres, ni nos propres barrières. Nous dansions sans honte au milieu de la foule, hurlant à qui mieux mieux, sous les yeux ébahis de mes amis qui ne s'attendaient sûrement pas à ça de moi. J'ai même aidé quand les garçons décidèrent soudain de soulever Georges en l'air. Essoufflé, la voix enrayée, rendu à moitié sourd, je me dirigeais vers le bar pour commander de quoi me rafraîchir, accompagné de Sandy et de Nadia, la seconde voulant faire une pause, la première ne la lâchant pas des yeux dans l'unique but de la protéger des importuns. Je demandais une bière, n'ayant aucune connaissance en cocktail et ne souhaitant pas me retrouver totalement hors de contrôle non plus. Sandy souleva un sourcil. :
-Greg, je me demandais. Fais-tu ça pour paraître plus humain, pour faire plaisir à Georges ou pour ton propre plaisir ?
Nadia la frappa doucement, comme si cette question ne devait pas se poser. Je me penchais pour qu'elle entende ma réponse par dessus le vacarme. :
-Un peu des trois. Je n'oublie pas que je suis un Ange, mais, je suis ravi de pouvoir partager ce moment avec vous.
Nadia eut un petit sourire et je fis un mouvement, naturel pour moi, lui caressant délicatement la joue. A ce moment, Marie apparut dans mon champs de vision et s'empara de mon bras. :
-Greg viens ! Ton frère et Georges font un concours de shot !
-Un concours de quoi ?!
-Sais pas ! Mais ça a l'air fun !
Elle éclata d'un rire qui illumina la salle sombre.

Marie s'émerveillait de tout. Elle n'était jamais sortie faire la fête à ce point et découvrait en même temps que moi, les plaisirs et désagréments de l'alcool sous les conseils avisés de nos grands manitous, Fred et Georges. :
-Et là !... là... Tu plonges le bourbon dans la bière.
-Et ça vait... pff... ça fait ! Un Molotov !
-Ooooh ! s'exclama Marie en voyant les deux liquides se mélanger.
Le front de Billie percuta la table de plein fouet... Nadia le redressa avec douceur, tapotant son front qui présentait maintenant une grande marque rouge. Marie trempa ses lèvres dans le cocktail et fit une grimace en me tendant le verre. :
-C'est fort. dit-elle tandis que je le constatais à mon tour.
-Pas grave. Chacun ses goûts ! Moi perso, j'veux pas de gâchis !
Georges le but quasiment cul-sec sous nos yeux médusés... Je me demandais depuis combien de temps il buvait pour tenir aussi bien l'alcool. A cet instant, Moïse entra dans le carré V.I.P. avec François et deux plateaux. :
-On a pensé que quelque chose de sucré nous ferait du bien !
-Pas faux. fit Billie en revenant à lui.
C'était quatre grands et longs verres, rouges et orangés, dont deux pailles dépassaient de chacun d'entres eux. Après un rapide calcul mental, je sus qu'il y allait avoir un problème. :
-Merde, j'avais oublié qu'on était neuf !
-Pas grave, r'garde.
Fred prit aussitôt une paille dans un de ses anciens cocktails vide et la mit dans un verre au hasard et approcha les deux autres pailles de Marie et moi. :
-Faut que je vous évite de boire ça comme du p'tit lait !
-La bonne excuse !
Marie gloussa, placée entre nous deux. Entre un bloc de glace et un radiateur... quoi qu'elle ne devait se rendre compte de plus grand chose vu tout ce qu'on avait bu.

On est sorti de là, très tard ou très tôt selon comment on voyait les choses, en zigzaguant, l'air éperdus mais parfaitement comblés au fond de nous-même. Nous avons monté la colline derrière la boîte de nuit, à pied, car Moïse était bien incapable de conduire dans cet état. Georges prit son téléphone et eut un mal de chien à faire démarrer son lecteur de musique sur "Highway to Hell" de AC/DC. Arrivés en haut, emmitouflés dans nos manteaux, serrés les uns contre les autres sur l'unique banc de bois qu'on put trouver, nous avons observé le soleil en train de se lever, donnant à la brume en contrebas de douces couleurs rose orangées... Au bout d'un énième refrain, Georges se leva se plaça face au soleil, les bras en croix comme pour le narguer et hurla. :
-BEST ! BIRTHDAY ! EVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER !!!
Puis il s'effondra, la tête la première dans la neige... Un ventre gronda et j'entendis la voix de Billie de l'autre côté du banc. :
-Fait faim quand même...
-Go chercher des croissants ! fit Georges en rampant au sol.



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Satan
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Mar 3 Mar - 20:47
Chapitre XXII

-On tire une carte au hasard d'un jeu de 52 cartes... La probabilité de tirer la dame de cœur est égale à ?...
Le professeur tentait tant bien que mal de nous sortir de notre torpeur... Début décembre. La plupart des élèves ne songeaient déjà qu'aux vacances de Noël qui approchaient à grand pas... moi, je me sentais simplement nauséeux depuis l'anniversaire de Georges. J'avais la sensation d'avoir encore de l'alcool dans le sang et j'espérais qu'elle disparaisse ce lundi matin pourtant j'avais encore quelques sueurs froides en me levant : "c'est parce que c'est la première fois que tu te prends une telle murge" m'avait dit Fred, en m'assurant que cela passerait dans les jours à venir. Tant que ça ne se voyait pas que j'étais dans un triste état, je m'efforçais à faire l'effort d'aller en cours... Marie avait toujours besoin de nous. Mais le plan de la phase 2 avait échoué, nous laissant le goût amer de l'échec dans la bouche, c'était la première fois qu'il ne fonctionnait pas, aussi nous étions revenu au point mort... Cet après-midi là, pendant la pause, tandis que Fred s'amusait à lancer des boules de neige à Nadia et Marie, je restais sur le banc... Spectateur, je fixais ma Protégée, tentant de sonder son âme et ses souhaits. Sandy, assise à côté de moi, se mit à soupirer bruyamment. :
-On dirait un vampire qui s'apprête à se jeter sur sa proie.
-Ahah, très amusant.
-Je ne comprends pas pourquoi vous êtes bloqués... Marie est une jeune fille aux désirs simples. ...Greg me regarde pas comme ça ! J'ai pas dit qu'elle était simplette !
Je reposais mon regard azur sur ma Protégée qui me remarqua... Elle me fit un petit signe de la main avant de prendre une boule de neige en plein visage. Sandy soupira à nouveau. :
-Ce ne serait pas plus simple de lui demander directement ?... J'veux dire, vous êtes déjà si proche... Tous les trois...
Je percevais du regret dans sa voix... bien que je ne sache pas pourquoi cela pouvait la toucher autant... Elle savait très bien que c'était notre travail. Gardant ça dans un coin de mon esprit, je lui répondis clairement. :
-Si nous sommes là c'est justement parce qu'elle n'en a pas conscience elle-même... et que ce souhait peut, soit la guider vers le Paradis, soit vers l'Enfer.
Elle hocha la tête. A ce moment, George revint de sa pause cigarette, en bas du lycée. Casque sur les oreilles, je sentais chez lui quelque chose d'anormal... :
-Georges ?
-Ouais ! fit-il retrouvant le sourire, me faisant croire que j'avais halluciné.
-Tu écoutes quoi ?
-Ma chanson préférée de Saez. Tiens écoute.
Comme un éclat de rire
Vient consoler tristesse
Comme un souffle avenir
Vient raviver les braises
Comme un parfum de soufre
Qui fait naître la flamme
Jeunesse lève-toi
Contre la vie qui va qui vient
Puis qui s'éteint
Contre l'amour qu'on prend, qu'on tient
Mais qui tient pas
Contre la trace qui s'efface
Au derrière de soi
Jeunesse lève-toi

-C'est triste comme chanson. dis-je en m'étonnant qu'il l'aime, m'attendant à quelque chose de plus vif.
-Tu trouves ?... C'est vrai qu'il y a pas mal de fatalisme dedans mais... J'y sens aussi beaucoup d'espoir. Il suffirait de se lever pour changer les choses.
Autant de sagesse de sa part, c'est comme si François lâchait son livre de maths pour nous faire un lap dance... Même Sandy ne put retenir une expression étonnée avant de lâcher dans un rire. :
-Tu vois que t'es un grand sensible Georgeounnet !
-M'APPELLE PAS COMME CA !

-Greeeeeeeeeeeeeeeeeeg ! On fait quoi maintenant ?
Mon démon de frère, carrément allongé sur notre table, faisait allusion à Marie. Je touillais pensivement la mixture, mélange de légumes, de viandes et de sucreries différentes, dîner étrange pour sa faim insatiable... :
-Hé bien...
La sonnerie de mon téléphone portable m'interrompit, je décrochais. :
-Oui ?
-Billie à l'appareil ! Dis ! Dis ! J'peux passer chez vous ?! Je crois avoir réussi ma potion pour ralentir la repousse des cornes de Fred !
-Oui bien sûr.
-Ok ! J'me prépare et j'arrive !
Je raccrochais, expliquais la situation à mon frère ravi d'apprendre la nouvelle puis reprenais mon travail en cuisine. Je pris une inspiration... :
-Concernant Marie...
On sonna à la porte. Je fronçais les sourcils... Ce ne pouvait pas être Billie. Fred sautilla jusqu'à la porte. :
-Sandy !
-Bonsoir les garçons.
-Tu viens dîner ? dit le démon en lui tendant son bras.
-J'en reviens gros débile.
Elle repoussa son bras et s'installa à table. :
-Ca va j'dérange pas trop ?
-Comme si tu t'en inquiétais... A table Fred !
Je posais la lourde marmite sur la table et servit de grosses louches de nourritures à mon frangin, trépignant de bonheur tout en se léchant les lèvres. A peine servi que mon téléphone sonna à nouveau. :
-C'est François, dis-je en décrochant, allô ?
-Excuse-moi si je dérange... Mais je comprends pas le sujet de philo et j'ai pas le numéro de Marie pour m'aider...
-T'inquiètes pas. T'as choisi lequel ?
-L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?
-Ah, t'as pris le plan le plus simple.
-Ouais mais je manque de citation.
-J'ai évoqué les trois illusions de Freud personnellement. indiqua Sandy qui suivait la discussion, rechignant à regarder Fred dévorer son dîner.
-Oui, tu as Freud pour confirmer que les hommes s'illusionne... Pour la désillusion, il y a Socrate.
-Ok... Au pire si je galère, il y a toujours le sujet sur les hypothèses scientifiques. Bref, merci. J'y retourne.
-Courage mon salaud ! A plus !
Je remettais mon téléphone dans ma poche et m'assois à mon tour. Sandy à un sourire quand Fred rote à la fin de son repas, et lui tapote gentiment l'épaule. :
-Sinon, vous parliez de quoi avant que j'arrive...
-En fait...
Je fus de nouveau interrompu par la sonnette. Billie entra s'en nous attendre, sac à l'épaule, une bouteille avec un liquide rouge dans la main. Il s'exclama vivement. :
-Aller Fred ! Tu es mon cobaye du jour !
-T'as pas intérêt à me teindre les cheveux en rose sinon je te mange tout cru et je ferai en sorte que tu subisses mille damnations !

-A taaaaaable !
Aussitôt dit, papa et Ève se ruèrent jusque dans la cuisine... Je les regardais se chamailler gentiment tandis que je leur servais à chacun leur côte de bœuf cuite selon leur souhait. Je m'assis, je prie et les rejoins dans le bonheur simple de manger à sa faim en compagnie de sa famille... Plus d'ambiance lourde, plus de violences gratuites... Nous ressemblions enfin à ce que nous étions avant le départ de maman... J’espérais de tout mon cœur que cela dure. :  
-Alors les filles, s’enquit papa, les études ça avance ?
-Nous avons un sujet de philosophie à rendre avant les vacances.
-Dans ce cas, travaille bien. Tu seras tranquille à Noël au moins.
-Diiis papa ! Moi aussi j'aimerais faire la fête avec mes amis.
-Tu es trop jeune pour aller en boîte de nuit Ève.
-Mais !...
-On ira ensemble quand tu auras l'âge, si tu veux.
-Beeeh ! Non ! Tu seras déjà vieille et toute fripée !
Le rire de papa fait trembler la table tandis que je fais semblant de bouder ma petite sœur... Le bonheur simple...

-Youhouuuuu ! Greg tu rêves encore debout !
-Mmniiiieh ? Ah pardon.
-Qu'est-ce que t'en penses ?
Billie me montra la tête de Fred. Certes on ne voyait plus du tout ses cornes, pas même la base qu'il cachait habituellement avec sa tignasse, mais ses cheveux étaient devenus blonds... me faisant constater à quel point on se ressemblait au final. Sandy éclata de rire, le Démon lui, mit une claque à l'alchimiste, lui pressant de lui rendre sa couleur de cheveux.

Énième plan pour Marie, appelé par Fred : "Psycho chaussette". Je n'ai aucune idée de pourquoi... Mais ce matin-là, nous avions attendu Marie en bas du lycée. Elle arriva bientôt, rayonnante, heureuse, comblée... :
-Bonjour les garçons !
-Salut ! Alors ça va ?
Elle sursauta, surprise que Fred s'inquiète de sa santé alors qu'habituellement, il n'en faisait rien. Puis son sourire s'épanouit sur son visage d'ange. :
-Oui et vous ?
-Bien merci. Et Ève ? Ca fait longtemps qu'on ne l'a pas vue...
Cette fois, elle parut presque en colère que je lui pose la question, mais je n'eus pas le temps de fouiller en elle qu'elle répondit joyeusement. :
-Une vraie tornade ! Ce matin, elle a failli rater le bus scolaire.
Fred et elle éclatèrent de rire... Mais derrière eux, je vis passer Georges, encore le casque aux oreilles... Il ne nous remarqua même pas, plongé dans ses pensées... Ca ne lui ressemblait pas. :
-Au fait ! s'exclama Marie, me ramenant à notre conversation. Vous fêtez Noël entre vous ?
-Euh... Oui.
-Ca vous dirait qu'on vous invite dîner à la maison ?
-Oh !
Un mélange d'émotions s'empara de moi : de la stupeur, de la joie et de la peur... La dernière fois qu'on avait fêté Noël mon frère et moi, nous étions vivant... Et puis, il y avait... Mon démon me donna un coup de coude et répondit à ma place. :
-On voudrait pas vous embêter en ce jour ! C'est une fête de famille !
-Oooh, mais si je vous invite c'est que ça ne nous dérange pas !
-Ne te fais pas de soucis Marie...
Mon ton parut la rassurer... Je lui étais reconnaissant d'avoir pensé à nous. C'était dommage, cela aurait été un avantage certain de vivre cette fête avec elle... Nous montions la côte vers la cour du lycée ensemble...

D'ailleurs... "Psycho chaussette" ?... Ben oui ! Psychologie inversée ou je sais plus quoi !... A retourner comme une chaussette ! Mais... Pauvre débile.

Notre idée allait devoir mettre un temps avant de se montrer efficace... ou non. Dans tous les cas, il fallait qu'on se montre sous un tout nouveau jour à Marie. Et si c'était simple comme "bonjour" pour Fred, j'avais nettement plus de complications. :
-Je peux pas être méchant avec elle.
-On te demande pas d'être méchant, 'spèce de poulet ! Mais plus... Hm... Comment dire... Comme tu te montrais ouvert et sympathique, il faut que tu sois genre... Mystérieux tu vois ?
-Oui, comme euh... Lointain, un peu sombre. renchérit Sandy qui tenait à nous aider plus activement. Comme lorsque tu réfléchis.
Quand je réfléchis ?... Je posais mon regard au loin. J'avais l'air de quoi quand je réfléchissais ? Je ressemblais à ce point à un émo ?... Merde si j'avais su. :
-Voilà ! hurlèrent les deux bêtes de l'Enfer dans un chœur parfait.
-Mais ! Mais je n'y arrive pas quand elle est là...
-De qui ? De quoi ?
Marie sauta sur mon dos... et je tentais tant bien que mal d'éviter d'avoir une quelconque expression sur mon visage... Mystérieux, sombre, lointain. Mystérieux, sombre, lointain. :
-Hmm... Rien. dis-je en m'éloignant d'elle.
Mystérieux, sombre, lointain... Et ça fonctionnait. Son regard se voila de perplexité, puis elle se tourna vers Fred. :
-Vous êtes sûr pour No... ?
-C'est non Marie.
Je l'avais interrompu et je partais sans dire un mot, ne lui laissant pas l'occasion de répliquer. Mystérieux, sombre, lointain. Soudain, elle s'accrocha à mon bras en tentant de me faire ralentir. Le visage arborant une expression boudeuse. :
-Si t'aimes pas Noël, il suffit de me le dire ! J'vais pas t'en vouloir parce que c'est le jour de la naissance du Christ !
Je n'y avais pas pensé une seconde... d'autant plus que pour moi, Noël était une fête païenne, aucunement la naissance du fils du Seigneur. J'avais oublié cette partie de l'histoire de l'humanité... Ma surprise me fit oublier à quel point je devais être mystérieux, sombre et lointain... Je glissais mon index sur sa joue pour effacer sa colère comme neige fond au soleil. :
-Ce n'est pas ça Marie. Et je t'ai dis de ne pas t'inquiéter.
Elle rougit avec violence, mais ce qui me choqua, c'est une nouvelle fois la présence de Haniel dans la même ruelle sombre le jour où j'ai sauvé Billie... Arborant un terrible sourire carnassier. Fred suivit mon regard, m'arracha à Marie et partit dans sa direction en s'écriant. :
-On a un truc urgent à faire ! A d'main les salauds !
Voir un Démon et un Ange courir après un Déchu... C'est toute une aventure... Malheureusement, nous n'avons pas pu le rattraper ; bien que vieilli et affaibli par la faim et sa vie de sans-abri, il nous avait semé. Reprenant notre souffle, je demandais à Fred. :
-Mais qu'est-ce... qui t'as pris ?
-Quand on plante un couteau... dans la main de mon frère... il faut pas s'attendre... à ce que je réagisse... sans rien dire non plus !... Merde !
Je souris et choppe son épaule... :
-Débile cornu va !... Mais pour le coup, on devait paraître sacrément mystérieux, sombre et lointain à Marie !
Son rire se répercuta dans la rue en mille échos de joie.



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Satan
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Jeu 23 Avr - 16:43
Chapitre XXIII

Jouer la comédie ne devait pas être compliqué pour moi. J'étais un Ange Gardien, je pouvais jouer n'importe quel rôle aux yeux de l'humanité pour mieux la comprendre, au mépris de ce que je suis... Je comprenais mieux ce pourquoi Haniel avait été déchu : jouer c'est un peu mentir... L'on mentait à l'humanité pour la sauver. Et cette réflexion m'empêchait d'être totalement mystérieux avec Marie et, à la fois, me permettait d'arborer cette expression lointaine quand j'étais plongé dans mes tourments intérieurs. Même Fred finit par comprendre que ce n'était pas du à mes talents de comédien que notre second plan se déroulait sans accro. Il m'encourageait à sa manière, me tapant de temps en temps le dessus de la main où se trouvait ma nouvelle cicatrice... Je remerciais l'hiver de me forcer à mettre des gants, j'aurais eu du mal à justifier cette drôle de blessure à notre petite protégée. Et lorsque nous étions tous tassés à l'intérieur de la cafétéria, comme maintenant, durant une heure de pause bien méritée entre deux cours, je faisais en sorte d'avoir les bras croisés... Ça collait parfaitement à mon nouveau rôle, d'autant plus que je ne participais plus aux conversations, ça me donnait un air renfermé. :
-Vous savez pourquoi Georges est absent ?
-Bah, répondit François sans quitter des yeux sa lecture, il doit se remettre d'une cuite encore...
-Mais qu'est-ce que ?... Tu lis Nietzsche ?!
Fred n'a pas encore saisi qu'il était au lycée je crois. :
-Tu sais que le prof ne nous a pas demandé de lire les textes complets hein ?
-Oui, mais rien ne vaut un peu de culture.
-Si tu veux d'la culture va donc travailler dans les champs au lieu de lire !!!*
(* anecdote marrante : phrase exacte de mon père au potager pendant que je lisais... la campagne)
Je perdis mon masque insensible le temps d'une seconde, pouffant dans une expiration, l'air de rien... Bien sûr tout le monde le capta, mais de la manière d'un rire bienveillant à l'adresse d'un frère un peu bête... Je ruinais mon effet tout seul. Et je le lus dans les yeux de Fred. Je me rattrapais. :
-Avec ta bêtise, toutes les cultures te sont interdites.
Sur ce je me levais et quittais la cafét' sous un silence pesant. Effet réussi. J'imaginais la tête des autres... Le gentil petit Greg qui rabaissait son jumeau à ce point, ça devait faire bizarre à tout le monde... Surtout à moi. C'est pas parce qu'un Ange est un Ange qu'il ne peut pas agir avec méchanceté. Néanmoins, j'avais la sensation que quelque chose grouillait en moi, comme de  la vermine à mesure que je jouais cette grotesque comédie à Marie pour qu'elle se livre un peu plus. :
-C'est la neige qui te rend bougon ?
Marie était là, debout derrière moi. La neige qui tombait à gros flocon s'accrochait à ses cheveux ondulés et faisait ressortir sa peau de porcelaine. Elle ressemblait bien plus à un Ange tombé du ciel que moi ; je devais avoir l'air misérable, avec mes cheveux blonds ternes. La neige fondait plus lentement sur moi et s'accumulait doucement sur mon crâne. Avec un petit sourire, elle attrapa ma veste pour que je me baisse légèrement et qu'elle puisse la retirer doucement. C'est seulement à ce moment que je me rendis compte qu'elle était bien plus petite que je ne le croyais. :
-Quand j'étais toute petite, ma mère disait que les anges du Paradis avaient des pellicules et la neige tombaient parce qu'ils se grattaient la tête.
J'évitais d'avoir l'air touché par cette remarque stupide, mais elle continua. :
-Mon père pense que la neige est ce qu'elle est, c'est-à-dire de l'eau de pluie gelée par le froid. Eve est plus enfantine, la neige est un cadeau pour que les enfants puissent s'amuser dehors même durant cette période de l'année.
-Et toi ?
C'était sorti tout seul, mais je pense que ma question ne brisait en rien ma couverture... Avec ce qu'elle venait de dire, n'importe qui aurait été curieux. Elle rougit comme honteuse. :
-Les anges nettoient leurs plumes et elles sont si claires et si blanches que l'eau le devient aussi et prend leurs formes cotonneuses en tombant...
-Poétique.
Bien que mon ton soit égal et laissait penser que je pensais tout le contraire, elle se mit à sourire. Je décidais alors d'élaborer une autre tactique. :
-Pour répondre à ta première question, non, la neige ne me rend pas... bougon. Elle me rappelle des bons souvenirs que j'aimerais oublier.
-Pourquoi oublier de bons souvenirs ?!
-Parce qu'ils sont d'autant plus douloureux que les mauvais...

***

On était petit... Trois ou quatre ans je crois. Notre père nous a emmené dans le jardin, excité comme une puce. Il avait plus l'air d'un enfant que nous. :
-Regardez les garçons ! De la neige !... Roh mais souriez bon sang !
Il envoya une boule de neige à Frédéric, sachant que de nous deux, il serait le premier à régir à une agression. Celui-ci se baissa pour tenter de faire une boule... Mais il était trop maladroit avec ses petits doigts. Je le rejoignis pour l'aider et bientôt, notre tactique qui était pour moi de faire les boules et lui de les envoyer sur notre géniteur, se montra efficace. Touché en plein cœur, notre père fit mine de mourir, s'écroulant petit à petit de manière théâtrale. Nous l'avons rejoins, inquiet, mais il était en train de bouger bras et jambes de manière étrange... Il se releva, fier de lui, et nous montra son oeuvre. :
-Regardez les garçons !... Un Ange.

***

Marie baissa la tête à l'évocation du souvenir. Ni joyeux, ni foncièrement triste... Juste là pour me torturer pour l'éternité, me rappelant que j'étais humain. Elle ne devait pas saisir toute la profondeur de tout ceci évidement, mais à travers le collier de plume que je lui avais offert, je sentais à quel point elle essayait. Soudain elle m'attrapa les deux bras, me forçant à la regarder bien en face. :
-Bon, je sais que je ne peux pas tout saisir de votre vie mais merde Greg... T'as encore ton frangin ! Et il me semble que c'est toi l'aîné non ?... Bon à trois secondes près mais... Ça empêche pas que tu as un devoir et un droit envers lui... Celui de retenir tout ce qui fait de vous une famille, pas que le sang ou les liens mais aussi les souvenirs... C'est important quoi ! Non mais...
Cette petite humaine m'étonnait de plus en plus... mais je fis tout ce qui était en mon pouvoir pour ne pas le montrer. Je la repoussais. :
-Effectivement, tu ne peux pas comprendre.

-Woh... J'comprends pourquoi elle a fait la gueule le reste de la journée.
Fred était assis sur sa chaise favorite tandis que Sandy lui coupait les cheveux. Billie et moi étions occupés en cuisine ; moi au repas de la bête, lui s'affairant sur une étrange potion de son cru. Mon frère les avait appelé en renfort pour m'assurer que mon comportement avait été exemplaire, bien que je m'en sente extrêmement coupable. Je posais la marmite pleine d'une soupe noire à cause de l'amoncellement vertigineux d'ingrédients, Fred eut un mouvement mais la vampire le plaqua sur sa chaise. :
-J'ai pas fini. Greg ne t'inquiètes pas je te dis. Marie est plus forte que ça et je suis convaincue que le fait que tu te renfermes à elle va la pousser à partager un peu plus avec vous.
-C'est pas l'impression que ça me donne.
-Il faut du temps.
A ce moment, une petite explosion retentit derrière nous. Le temps de faire volte-face, je vis notre petit Billie, ressortant d'un petit nuage verdâtre, cheveux en pétard et poudre bleue étrange partout sur le visage. Il jeta par dépit son torchon sur la table. :
-Bon c'est officiel, je ne peux pas travailler sans athanor.
-Le feu perpétuel et le gaz ne dégagent pas la même chaleur... On t'a prévenu ! J'ai fini Fred.
Le démon se jeta sur la nourriture et se servit. Le voir boire goulûment faisait du bien à mon cœur. Sandy me fit un signe et je compris que c'était à mon tour de passer sous ses doigts experts. :
-Où as-tu appris à faire ça ?
-Cinquante ans de solitude et on apprend à prendre soin de soi par ses propres moyens.
-Bleh, fit Fred en ressortant de son troisième bol déjà, à ta place j'aurais rien foutu !
-Et ta tignasse serait devenue une jungle.
Billie réagit à la blague de la vampire, je dus me retenir pour qu'elle puisse travailler convenablement. :
-Moi, je me demande comment vous faisiez sans moi jusque là !
-C'est Gabriel qui nous coupait les cheveux.
-L'Archange Gabriel coiffeur, j'ai du mal à visualiser. plaisantait l'alchimiste en se débarbouillant.
-Coiffeur et nounou ! renchérit Sandy.
-Ahah si vous saviez ! Il nous a appris la psychologie des humains, l'histoire du Paradis et de l'Enfer, la hiérarchie des Trois Mondes et le dernier et pas des moindres, le combat !
-Vous vous battez encore ?
Billie, connaissant un peu de l'histoire des Cieux à travers ses livres d'alchimistes, sous-entendait que nous nous battions encore, depuis des temps immémoriaux, pour la complète maîtrise de la Terre et de ses habitants. Je m'empressais de corriger le tir. :
-Au Paradis, nous apprenons les armes pour pouvoir être prêt à toutes les éventualités une fois Ange Gardien. Nous devons aider notre Protégé quoi qu'il en coûte, et si cela doit passer par un peu de baston, nous devons savoir nous défendre.
-En Enfer, ajouta Fred, le combat est l'équilibre même de notre hiérarchie. Un Démon se doit d'être fort, de subir un maximum pour le bien de sa famille et de son Protégé. Tous n'ont pas une éducation aux armes, seulement les Anges Gardiens, pour le bien de l'humanité, mais c'est ancrée au plus profond de chacun ; se battre et encaisser pour le bien de ceux qu'on aime.
-En ce moment, entre Paradis et Enfer, c'est une espèce de guerre froide. Ni l'un ni l'autre ne veut qu'une véritable altercation naisse entre nous, puisqu'il faut à tous prix maintenir l'équilibre de la vie.
-On se déteste mais on se sait assez puissant pour tout détruire si on s'y mettait sérieusement. D'où la naissance des Anges Gardiens, pour essayer de temporiser tout ça au maximum.
-...Mes livres sont loin d'être à jour. remarqua Billie.
-Tu peux écrire un grimoire sur ça si tu veux.
Un grimoire à son nom, pour un alchimiste, c'est le summum de la reconnaissance dans le métier. C'est pour ça que je compris l'étonnement manifeste de Billie à ma déclaration... Quand à celle de Fred, je haussais les épaules. :
-Je sais, le secret de la vie après la mort, tout ça... Mais Billie est alchimiste, il sait déjà ce qu'il en est, et c'est pas tout le monde qui peut lire un grimoire. Si ça peut permettre aux alchimistes de comprendre un peu mieux les lois qui régissent nos mondes, je dis pas non.
Sandy posa sa main sur mon front. :
-Les gars... Vous croyez qu'un Ange peut tomber malade ?
-Nan mais je suis sérieux...
-QUI ÊTES-VOUS ET QU'AVEZ-VOUS FAIT DE MON FRÈRE ?!
-Fred ! Non ! Attends j'ai pas fini sa coupe !!!

On n'avait pas vu Gabriel depuis longtemps d'ailleurs... Oui, il était occupé en même temps. Comment ça ? Cela faisait quelques temps que ça traînait mais... il y a une étrange guerre intestine au Paradis. Certains Anges sont pour le maintien des Anges Gardiens et de la politique actuelle sur le pacte de non-agression avec l'Enfer mais... D'autres souhaitent prendre les armes, et détruire l'Enfer sous ce prétexte : "Annihiler avant d'être annihilés". ...Wouah, et c'est nous les monstres ?! Fred... Non, non attends regarde... JE ME GAUSSE. Haaa ta gueule.



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