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Saphiel, Ange de l'Espérance

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AuteurMessage
Saphiel
Ange de l'Espérance


Ange de l'Espérance

Messages : 55
Date d'inscription : 23/01/2014

MessageSujet: Saphiel, Ange de l'Espérance Jeu 23 Jan - 20:36



Présentation de Saphiel

Paradis



Données identitaires :

Nom : Saphiel
Sexe : H
Orientation sexuelle : Seul l'amour compte, non ?
Rang : II
Vertu : Espérance


Description Physique


Se décrire... Est-il rien qui paraisse plus simple de prime abord, et si compliqué dès lors que nous nous y attelons ? Je pourrais m'installer devant un miroir, ou contempler mon reflet dans une étendue d'eau limpide, et tenter de dire ce que je vois. Accumuler les informations, les banalités.

Je mesure 1m78, et je pèse 67kg. Relativement fin, mais sans être non plus réellement mince. J'ai de longs cheveux, dont la couleur se situe entre le châtain et le blond, qui tombent dans mon dos en bouclant. Parfois, je les retiens un peu en mettant dans mes cheveux un serre-tête à motif floral. Quant à mes ailes, elles sont particulièrement longues, et affinées à leur extrémité.

Mes yeux sont d'un bleu si clair qu'ils semblent presque blancs. Mon visage a une forme plutôt allongée, avec des traits doux : je ne quitte quasiment jamais une expression calme et bienveillante. Pour autant, je ne souris pas extrêmement souvent. Un demi sourire, peu marqué, oui, mais rarement davantage.

Pour ce qui est de mes vêtements... J'apprécie les couleurs claires, que ce soit le blanc, le beige, le blanc cassé ou le gris clair, parfois assorties de bleu ou de doré. Ainsi qu'une pointe de rouge, que ce soit sous la forme d'une écharpe, d'une ceinture ou d'une étroite cape. La plupart du temps, je porte une tunique jusqu'à mi-cuisses assortie d'un pantalon, ou bien une toge. Quelques pièces d'armures peuvent les compléter en cas de besoin, bien sûr. Lorsque je dois mettre des vêtements pour passer inaperçu parmi les humains, je choisis de préférence des habits amples, comme une chemise et un pantalon de toile.

La dernière chose qu'il me reste à évoquer est mon arme. Je n'aime pas tellement me battre, et je ne suis pas des plus doué pour cela, mais lorsque j'y suis obligé, j'utilise une lance fine et légère, facile à manier.

Voilà. Est-ce réellement suffisant pour décrire l'apparence d'une personne ? Mais les mots ne suffisent pas à évoquer ce qui en émane, ses attitudes, ses expressions... Alors peut-être s'en tenir à la simple apparence physique est-il préférable...

Description Mentale


Qui suis-je ? Qui saurait mieux que soi-même répondre à une telle question ? Et pourtant, comme il est difficile de définir objectivement son caractère ! Néanmoins, l'introspection est très souvent bénéfique, et je vais tenter d'être le plus honnête possible en plongeant dans les profondeurs de mon âme et de mon coeur.

Je suis quelqu'un de relativement doux et patient. Il est rare que j'élève la voix, et je préfère laisser parler les autres plutôt que de me mettre en avant. Au point même que parfois, je peux être trop discret, et ne pas oser affirmer suffisamment mon avis, lorsque je ne suis pas sûr de moi. J'essaye de corriger ce défaut, mais ce n'est pas facile. J'ai besoin d'un mentor, de quelqu'un sur qui m'appuyer pour oser prendre de l'assurance et faire davantage preuve d'initiative et d'indépendance. Et puis je ne suis Ange que depuis peu, j'ai besoin d'un temps d'adaptation pour être plus à l'aise.

Une chose qui ne surprendra personne, je suis quelqu'un de très optimiste. Surtout en ce qui concerne les autres êtres. Je suis toujours persuadé que les autres sont capables du meilleur, et que nul n'est au delà de toute amélioration ou revirement spectaculaire. Cela va me pousser à pardonner trop facilement, et me rend somme toute assez manipulable, en dépit de toute la prudence que je me force à avoir.

En outre, depuis ma mort, j'ai une peur phobique du feu. Un simple feu de cheminée peut me mettre mal à l'aise, même si je parviendrai encore à me contrôler, mais tout feu que je ne considère pas comme "sous contrôle" m'effrayera. En dehors de cela, je crois être relativement courageux, dès lors qu'il s'agit d'aider les autres, même au prix de me mettre moi-même en danger.

Lorsque je n'ai rien de particulier à faire, mon premier réflexe sera de me diriger vers les livres. Je les ai intimement côtoyés pendant toute ma vie au monastère, et mon amour pour eux ne s'est jamais démenti. Je suis capable de passer des heures entières d'affilée à ne rien faire d'autre que de me plonger dans ces sommes de connaissances. En dehors de cela, j'apprécie la musique, sans pour autant savoir très bien en jouer, ainsi que le jardinage - ah, faire naître la vie végétale dans la terre, l'observer croître et s'épanouir...

Concernant mes pouvoirs... Même s'il ne s'agit pas à proprement parler de mon caractère, je suppose qu'ils font partie de mon intériorité ? Comme l'immense majorité des Anges susceptibles de devenir des Anges gardiens, je dispose d'une magie de guérison. Mais j'ai un autre pouvoir : un pouvoir d'apaisement, qui me permet de calmer les tourments émotionnels de ceux qui m'entourent, voire de diminuer une douleur physique.

Histoire


Le brouillard s'était levé tôt. Recouvrant la vallée, recouvrant le château, recouvrant le village. Il stagnait dans cette vallée reculée, fleurtant avec les cimes des montagnes environnantes. Du moins était-ce ce que me disaient les bergers, lorsqu'ils revenaient de leur périple à travers les monts, en quête de nourriture pour leurs bêtes. Ils passaient la journée par monts et par vaux, au sens littéral du terme, menant leurs chèvres ou leurs moutons dans les sentiers, mais la plupart rentraient pour la nuit.

Cela faisait plusieurs jours qu'il n'y avait que du brouillard, et nous peinions parfois même à différencier la nuit du jour. Certains disaient que nous étions maudits par le Diable, et ils se précipitaient dans la petite église du village pour y allumer des cierges et prier. D'autres ne disaient rien, mais n'en pensaient pas moins. Certains enfin étaient arrivés à la conclusion que ce brouillard les punissait d'une faute de leur Seigneur. Bien sûr, ceux-là se taisaient également, et se gardaient bien d'exprimer leur opinion.

Mais celle-ci se ressentait malgré tout. Le mécontentement grondait dans le village, et s'étendait aux villages alentours. Et le maître des lieux s'en rendait bien compte. Son second fils lui conseillait de s'en ouvrir au Gouverneur de Province, pour recevoir des soldats et mater la révolte larvée qui commençait à se laisser deviner. Il l'écoutait, mais il ne faisait rien dans ce sens. Son fils aîné lui conseillait de s'en remettre à l'évêque, pour qu'il rappelle à l'ordre le bas peuple. Et son plus jeune fils se taisait.

Et pour cause. A cette époque, je n'avais que six ans. J'écoutais mes grands frères et mon père parler, lorsqu'ils le faisaient en ma présence, puis je retournais me blottir dans les bras de ma plus jeune sœur. J'étais le dernier né de ces petits nobles de province. Nous étions sept enfants. Armande, qui avait épousé un autre noble bien avant ma naissance et que je n'avais jamais vue. Roderic, mort au cours d'un duel l'année de ma naissance, et dont je n'avais pas plus de souvenir. Simon, l'actuel héritier, qui apprenait son rôle auprès de Père depuis le décès de son aîné. Jeanne, qui s'occupait de moi depuis le décès de Mère - une maladie pulmonaire l'avait emportée quelques années auparavant - et qui ne tarderait pas à trouver également un mari. Et Louis, promis à une carrière militaire, qui tentait de compenser son jeune âge en parlant fort et en affichant des opinions tranchées.

Oublié par mon père comme par mes frères, je passais beaucoup de temps dehors. Seule ma sœur se souciait de mon devenir, et essayait de me donner des bribes d'éducation. Mais elle n'en avait pas bénéficié elle-même, et ses tentatives dans ce domaine restaient extrêmement limitée. Aussi préférais-je souvent rester dehors toute la journée, à prendre des nouvelles des gens du domaine et apprendre toutes sortes de choses sur eux. Ce n'était absolument pas digne d'un noble, mais nul ne songeait à me le reprocher réellement...

Puis vint ce jour. Un jour de brouillard, comme tous les autres. Je sortais du château lorsque Jeanne arriva en courant et en m'appelant. Hors d'haleine, elle m'informa que Père souhaitait me parler. Je ne m'étonnai pas, et je ne pris même pas la peine de la détailler. J'étais trop jeune pour comprendre que cette rupture des habitudes était lourde de conséquences... Si je l'avais observée, peut-être aurais-je vu des traces de larmes sur ses joues. Ou peut-être pas. Qui suis-je pour décréter des réactions des autres si je n'en ai pas eu directement connaissance ?

Père m'attendait dans son bureau. La pièce était si grande pour l'enfant que j'étais que j'étais toujours intimidé dès que j'en franchissais le seuil. Pour les rares fois où j'en avais franchi le seuil. Père n'était pas seul, Simon était auprès de lui. Ils me regardèrent tous deux, puis j'appris enfin ce qu'ils devaient me dire. Mon destin, ni plus ni moins. Ils allaient me confier au monastère voisin. Donner un enfant au Seigneur prouverait certainement leur bonne volonté et apaiserait la colère populaire. Mais cela, je ne le réalisai que bien plus tard...

Mon frère m'emporta. Un sac avec les affaires dont j'aurais besoin avait déjà été préparé, et j'eus à peine le temps de dire au revoir aux membres de la famille. Je n'en éprouvais d'ailleurs pas tellement le besoin. Je n'avais guère été proche d'eux, mis à part de Jeanne, qui m'embrassa sur le front. Et cette fois, peut-être sentis-je une légère humidité. Peut-être...

J'arrivai donc au monastère. Totalement perdu. Effrayé. Rien ne m'était familier, ni les lieux, ni les visages. J'étais déjà timide, car peu familiarisé avec les contacts humains. Je devins farouche, les premiers temps, paniqué par la moindre chose qui m'arrivait. Puis peu à peu, je m'apprivoisai. L'un des moines m'apprivoisa. Lui aussi était arrivé enfant au monastère, et l'abbé précédent l'avait pris sous son aile. Il fit de même pour moi et m'aida à me faire à ma nouvelle vie. M'apprenant tout ce qui me manquait, et devenant un véritable mentor pour moi.

Le Père Daniel. C'était son nom. Ce fut grâce à lui que je devins quelqu'un. Tout simplement. Une véritable personne et non un simple sauvageon sachant à peine son nom. Il m'apprit à lire. Il m'apprit à apprécier les autres, leur compagnie. Il prit toute mon éducation en charge. D'abord mon éducation basique... Puis mon éducation religieuse, lorsque j'eus suffisamment de connaissances pour la débuter. Il devint mon confesseur en plus de mon mentor. La figure la plus importante de ma vie, qui remplaçait le père dont je n'avais jamais ressenti la présence, à cause de la distance qu'il instaurait entre nous.

Je grandis paisiblement au monastère. J'avais de temps à autres des nouvelles de ma famille. Ma sœur avait fini par se marier et avait quitté le château. Simon prenait de plus en plus la tête de la famille à la place de Père, qui vieillissait et se reposait sur lui. Louis passait de moins en moins de temps au domaine, car il commençait sa formation militaire. C'était Jeanne, la plupart du temps, qui m'envoyait des lettres. Mais j'eus la surprise d'en recevoir quelques unes de Simon, alors que je pensais qu'il ne s'intéressait pour ainsi dire jamais à moi.

Mon adolescence arriva, et avec elle un cortège de sensations inconnues. Les souvenirs des jeunes filles que je connaissais vinrent me hanter, même si je ne les avais vues qu'à travers mes yeux d'enfants. Je m'en ouvris au Père Daniel, et il m'aida à surmonter cette épreuve. Même lorsque je cédais à certaines tentations, il ne me condamnait pas, et se contentait de m'indiquer des pistes pour les surmonter. Et après quelques années, je retrouvai enfin la paix de l'âme.

Pour peu de temps.

J'avais seize ans. Et une nouvelle lettre arriva. Simon l'avait visiblement écrite en plusieurs exemplaires et envoyée à tous les membres de la fratrie. Il nous appelait au chevet de Père. Son état s'était aggravé, et il était agonisant. Il avait émis comme dernier vœu que nous nous rendions tous auprès de lui, afin qu'il puisse nous voir une dernière fois, et que ce soit moi qui reçoive sa confession.

Le Père Daniel m'autorisa à partir du monastère. Le trajet jusqu'au château familial me parut infiniment long, tant j'étais inquiet. J'avais beau ne jamais avoir été proche de lui... Il n'en restait pas moins mon père. Je ne comprenais pas ce manque d'intérêt pour moi, alors qu'il s'occupait bien de mes frères et sœurs, mais je lui avais pardonné depuis longtemps, et je l'aimais, au fond de moi. Je me disais que c'était peut-être la mort de sa femme qui l'avait rendu plus froid.

Je fus le dernier à arriver. Père était sur son lit, très pâle. Il respirait avec difficulté, mais il prit sur lui pour nous sourire, son regard passant sur chacun d'entre nous. Puis il demanda à rester seul avec moi. Je m'agenouillai à côté de son lit d'agonie, et je l'écoutai. Il m'avoua les fautes qu'il avait commises dans sa vie. Puis il me parla de moi. Il me dit ne jamais avoir pu véritablement m'aimer, parce que j'étais probablement le fruit d'une relation adultère de sa femme. Il n'avait aucune preuve, mais jalousait un homme trop proche de ma mère à son goût.

Il m'avait donc rejeté sur un... simple soupçon jaloux... Cela me fit mal. Je n'avais pourtant rien fait pour mériter cela. Et ma mère non plus... Car je compris à demi-mot que les soupçons de son mari, même s'il n'avait jamais rien dit ouvertement, avaient certainement joué un rôle dans sa mort, en lui retirant une partie du courage nécessaire pour vivre, pour lutter contre sa maladie.

Mais en regardant l'homme sur son lit de mort... En voyant son regard hanté, ses mains tremblantes... Sa respiration difficile... Je n'arrivai pas à lui en vouloir. Je me penchai pour prendre sa main parcheminée, et je déposai un baiser dans sa paume tout en soufflant que je lui pardonnais, et que je prierais pour le repos de son âme. Un doux sourire apparut sur ses lèvres, puis il s'endormit pour l'éternité.

Je laissai mes larmes couler après avoir rappelé mes frères et sœurs. Et tous ensemble, nous le veillâmes pendant la nuit entière. Je voyais mes frères et sœurs lutter contre le sommeil, mais tel n'était pas mon cas. La douleur du deuil et mes habitudes de religieux suffisaient à me garder éveiller. Et je pleurai jusqu'à avoir les yeux secs, le regard fixé sur le visage de celui que je continuerais à considérer comme mon géniteur.

Le lendemain eut lieu l'enterrement. Tous savaient que Père ne survivrait pas à sa maladie, et tout était donc prêt. Puis, une fois le corps descendu dans le caveau familial, il nous fallut nous séparer. Nous devions retourner dans nos demeures respectives et faire notre deuil. En partant, je ne remarquai pas que le regard de Louis était fixé sur moi.

Ma vie reprit son cours. Je m'intégrais de plus en plus au sein du monastère, sous l'égide bienveillante de mon mentor. La vie là bas me convenait parfaitement. J'aimais les livres, et j'aimais participer à la vie de la communauté en effectuant les divers travaux nécessaires. Je m'entendais relativement bien avec tous, sans être proche de personne, hormis du Père Daniel. Et je finis par devenir son assistant, l'année de mes vingt-deux ans. Il était intendant du monastère. Sa vue faiblissait, et il avait besoin de quelqu'un pour l'assister.

Je fis mon possible pour le décharger de tout ce qui pouvait le fatiguer. Je tâchais de ne pas le montrer, mais son état m'inquiétait de plus en plus. Je le voyais s'affaiblir... Et un matin, il ne parvint pas à quitter son lit. Je passai une semaine à prendre soin de lui et à le veiller. Il n'était pas malade. C'était la vieillesse qui l'emportait. Ce qui voulait dire que nous ne pouvions rien y faire, et que nul ne pouvait le sauver.

Il s'éteignit paisiblement dans mes bras, comme il avait vécu. C'était un homme en paix avec lui-même et à l'âme bonne. Un homme qui s'était dévoué aux autres avec bonheur. Faire mon deuil fut bien plus difficile que lors du trépas de mon père. Le moine m'avait apporté tout ce qui me manquait, et il était plus ou moins devenu le centre de mon existence - après Dieu, auquel je m'étais sincèrement donné, bien évidemment.

Je devins alors intendant du monastère à sa place, et les années s'écoulèrent de nouveau. Je tâchai de remplacer l'être exceptionnel que j'avais perdu, et je pris à mon tour sous ma protection les enfants qui arrivaient, apeurés, au monastère. Je n'étais pas certain de le faire aussi bien que mon mentor l'aurait fait, mais je leur apportais mon aide dans la mesure du possible.

Puis, l'année de mes trente-quatre ans... Mon frère Louis revint. Il demanda à me voir, et je le reçus, heureux de le revoir. Cela faisait bien des années que je n'avais eu d'autre contact avec ma famille que quelques rares nouvelles épistolaires.

Mais je compris rapidement qu'il n'était pas là, lui, pour le plaisir de me retrouver, ni même pour échanger des nouvelles. Il venait pour avoir de l'argent. Sachant que j'étais l'intendant du monastère, il espérait que je puisse lui donner une partie des recettes de celui-ci, afin d'éponger des dettes qu'il avait. En l'interrogeant plus avant, je compris sans peine que ces dettes venaient de jeux de hasards auxquels il s'adonnait avec ses camarades de l'armée. Ainsi que de cadeaux à des... courtisanes, pour ne pas médire de ces pauvres femmes perdues.

Son impudence me stupéfia. Il voulait piller l'argent du monastère, les ressources dont nous disposions pour vivre, afin de continuer sa vie pécheresse. J'avais souvent fait des dons à des personnes dans le besoin, payé les dettes de pauvres hommes qui malgré tous leurs efforts n'étaient pas parvenus à les rembourser à temps - avec l'accord de mes frères, bien évidemment - et je supposais que c'était cela qui l'avait poussé à venir me trouver.

Néanmoins, je n'avais pas la moindre raison d'accepter - et j'étais même résolu du contraire. Je l'expliquai à Louis le plus posément que je le pus, avant de l'enjoindre de changer de vie. Je discutai longtemps, me heurtant à un mur de railleries et de menaces. Je peinais à reconnaître mon frère, même sans avoir été réellement proche de lui. Je n'arrivais pas à croire qu'il avait pu devenir si mauvais...

S'emportant de ce qu'il appelait mon "obstination dévote", après que je lui eus fait remarquer une nouvelle fois que je ne pouvais pas me permettre un tel crime, en dépit de mon envie de l'aider, il se leva brutalement. Je pensais qu'il partirait furieux, et cela me peinait, mais la réalité fut bien pire. Il s'avança vers moi et me gifla violemment. Le goût du sang envahit ma bouche, et je ne pus réagir, sonné, tandis qu'il m'attrapait par le col en m'ordonnant une nouvelle fois de faire à son gré.

Je refusai, il tira un poignet et m'en perça l'épaule tandis que d'autres moines, attirés par le bruit et mon hurlement de douleur, se précipitaient dans le parloir. L'un d'eux était un ancien soldat venu ici pour expier la violence dont il avait usé au cours de sa vie, et il maîtrisa mon frère. La dernière vision que j'eus avant de m'évanouir fut Louis, se débattant comme un forcené et hurlant des blasphèmes à s'en briser la voix.

D'après ce que mes frères me dirent, j'eus de la fièvre et je délirai pendant plusieurs semaines. Ma blessure, proche du torse, faillit m'emporter, mais je survécus finalement. Peu à peu, je repris mes esprits, même si je restais extrêmement faible. Il me fallut un long moment avant d'être suffisamment remis pour pouvoir me lever, sans même parler de reprendre mes activités précédentes.

Sans compter que j'étais profondément choqué de ce qui s'était passé. Accepter que mon frère avait été assez corrompu pour faire de telles choses... Pour venir me demander cela, pour me frapper et lever une arme contre moi... Pourtant, je tâchai de ne pas le condamner trop fortement. Peut-être n'était-ce pas entièrement de sa faute... Et dans tous les cas, il ne m'appartenait pas de le juger. Je n'étais pas ici pour cela, et tel n'était pas mon rôle. Je devais bien me garder de faire une telle erreur...

Aussi passai-je de longues heures à prier pour le salut de son âme. A prier pour le pardon de ses péchés. J'avais appris qu'il avait été traduit devant la justice et qu'il avait été sévèrement condamné pour son acte, bien évidemment. Il avait été châtié par la justice des hommes, et porterait le poids de ses péchés jusqu'à son jugement par celle de Dieu. Et je ne voulais pas aggraver ses peines. Ne pas savoir pardonner faisait basculer dans la rancoeur et la haine...

Je n'entendis plus jamais parler de lui. Je contactai une fois Simon à ce sujet, mais il m'avoua ne pas en savoir davantage que moi. Je continuai à prier pour lui, comme pour tous ceux que je connaissais. Ainsi que pour tous ceux qui souffraient dans le monde. J'étais persuadé qu'il pouvait s'amender et devenir quelqu'un de bien. Peut-être était-ce pour cela que nous n'entendions plus parler de lui.

Et ma vie s'écoula de nouveau paisiblement dans le monastère.

Puis vint ce jour. J'avais quarante-trois ans. Un incendie se déclencha dans la grande où nous entreposions les grains. Je n'ai jamais su comment il était né, et s'il était intentionnel ou non. En l'absence du moindre élément sur le sujet, je me suis toujours soigneusement abstenu de formuler des hypothèses...

Nous fûmes un petit groupe à nous précipiter pour tenter de sauver le plus de céréales que nous le pouvions. Elles étaient vitales à la survie du monastère. Le feu s'était déclenché au rez de chaussée, et nous sentions sa chaleur devenir de plus en plus intense, tandis que nous jetions péniblement les sacs par la fenêtre. Le danger finit par devenir trop grand, et il nous fallut évacuer.

Un jeune homme, arrivé depuis quelques années au monastère, tomba alors que je m'apprêtais à ressortir par la fenêtre, empruntant l'échelle qui nous avait permis de monter. L'une des planches du sol s'était brisée, rongée par la chaleur. Je n'hésitai pas une seule seconde et je me précipitai vers lui, le soutenant et l'aidant à marcher. Mais l'incendie était bien trop fort, et le plancher céda finalement dans un sourd fracas, nous précipitant tous deux dans les flammes.

Lorsque mon âme s'éveilla de nouveau à la conscience d'elle-même, je se trouvais au Paradis. J'avais été suffisamment vertueux pour faire partie des Sanctifiés. Un Sanctifié de l'Espérance. Cela ne m'étonna pas outre mesure, puisque j'étais toujours persuadé que les hommes pouvaient devenir meilleurs et abandonner toute mauvaise pensée... Même mon frère Louis... Et jamais, au cours de ma vie, je n'avais perdu espoir.

Ma vie s'écoula dès lors paisiblement dans les Nuages, en compagnie des autres Sanctifiés et des Anges chargés de s'occuper d'eux. Certains auraient peut-être dit trop paisiblement... Mais ce n'était pas mon cas. Je retrouvais un peu le même genre de vie que j'avais eue au monastère, sans me poser vraiment de questions. Et les années s'écoulèrent.

Puis un jour... Un jour, les anges vinrent me trouver. J'avais passé une grande partie de ma vie à prendre soin des autres et à veiller sur leur âme, en tant que moine. Et ils pensaient que je pouvais encore être utile aux humains, en devenant un Ange. Un Ange qui pourrait veiller sur eux et les guider, discrètement, sur le chemin de la vertu.

Ils parlèrent de moi à l'Archange de la Vertu à laquelle j'étais affilié. L'Archange Gabriel. Un moment passa de nouveau, avant que je ne sois convoqué pour être mis à l'épreuve. Ils voulaient voir si j'étais digne de devenir l'un des leurs. Je comprenais parfaitement cette volonté, et je me soumis de bonne grâce à cette épreuve.

Je fus amené au fond d'un puits extrêmement profond. Je voyais encore la lumière du jour au dessus de moi, mais l'ouverture du puits paraissait minuscule. Je ne voyais guère qu'une seule chose à faire. Monter. Regardant les pierres autour de moi, je commençai à m'élever, lentement. Mètre après mètre. Je m'aidais des aspérités des pierres pour tenter de ne pas tomber.

Pourtant, je tombai. Je n'avais jamais fait cela de ma vie, et je peinais à trouver de bonnes prises. Je tombai une fois. Deux fois. Trois fois. Je tombai un nombre incalculable de fois. Mais peu à peu, je progressais. J'arrivais de plus en plus haut avant de lâcher prise. Au fil de mes tentatives, je remarquai une chose. L'ouverture du puits était toujours aussi lointaine. J'avais beau m'élever, elle ne paraissait pas plus proche. Mais je continuai malgré tout.

Je ne sais pas combien de temps je passai dans ce puits, à monter encore et encore. Peut-être des jours, peut-être des semaines. J'y restai jusqu'à ce que l'on vienne me chercher. Je fus ramené devant Gabriel, épuisé et endolori, mais sans avoir abandonné, sans avoir perdu espoir ne serait-ce qu'une seconde.

C'est ainsi que je devins un Ange de l'Espérance.

Derrière votre écran...


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Satan
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MessageSujet: Re: Saphiel, Ange de l'Espérance Jeu 23 Jan - 22:52

C'est bon, c'est fin... Ca s'mange sans fin x) !
Je sens que Saphiel va devenir un bon Ange Gardien ! Je n'ai rien à redire à cette fiche !

Eeeeeeeet je valide ! ...avec Satan... Je valide un Ange avec Satan... Bwahaha !



Satan vous maudit en darkred
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Saphiel
Ange de l'Espérance


Ange de l'Espérance

Messages : 55
Date d'inscription : 23/01/2014

MessageSujet: Re: Saphiel, Ange de l'Espérance Jeu 23 Jan - 22:53

Ooooow, merciiiiii ! .///.

... Je remercie Satan avec un Ange... Bon, bref, merci beaucoup /o/



J'espère en #006666.
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MessageSujet: Re: Saphiel, Ange de l'Espérance Aujourd'hui à 10:51

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