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Le voyage de Joan

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Date d'inscription : 01/02/2014
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Colère & Prudence
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Matthew Smith
Colère & Prudence
Ven 10 Avr - 21:59
Je pioute, je pioute.
Donc voilà. C'est une histoire que j'ai commencée à cause d'une histoire que j'ai commencée. Que dire de plus ? C'est tout plein de mystère, peut-être que j'arriverai à les finir, ces histoires. Un jour.
N'hésitez pas à poster vos commentaires/critiques à la suite !


Chapitre I
Une nouvelle vie


Je m'éveillais à cause de tous les sons que produisait le navire. Les cris des hommes, les craquements du navire... Mais, plus que tout, mon colocataire qui pensait bien chanter. Je me mis à grogner tout en plaquant mon oreiller contre mes oreilles, en vain. Je grognais alors plus fort pour lui signifier que je souhaitais dormir encore un moment : rien à faire. Une fois lancé, on ne pouvait plus l'arrêter.

« Ghoriam ! Ferme-là ! » finis-je par m'exclamer.

Je n'étais pas du matin. Enfin, j'étais de mauvaise humeur au saut du lit. Une fois levé, ça allait mieux. Mais le doux chant de casserole de mon colocataire ne cessa que lorsque sa tête apparut dans le couloir.

« Il est l'heure de se lever, jolie demoiselle ! Le soleil a quitté l'horizon depuis deux heures déjà, et seul dorment les enfants et les vieillards !

- Vieillard toi-même ! » répliquais-je.

Mais je soupirais. J'étais réveillé, maintenant. Et Ghoriam n'était même pas froissé : ce type était tellement persuadé de son talent vocal qu'il prenait ceux qui le critiquaient pour des jaloux. Et puis, il était toujours jovial. C'était considéré comme une qualité, mais il pouvait souvent être assez lourd. Même si je m'y faisais petit à petit.

« Ça va, donne-moi deux minutes, » finis-je par grommeler.

« Dépêche-toi quand même, je ne t'attendrais pas toute la journée ! »

Et il fila dans la cuisine.

Une fois seul, je soupirais, puis finissais par me lever. J'enfilais mes vêtements avant de le rejoindre pour avaler un bon petit-déjeuner ; la journée allait être difficile.

« Prêt pour tes leçons ? » me demanda Ghoriam avec un sourire.

« Comme tous les matins. »

J'avais quitté ma tribu il y avait de cela deux semaines. On m'avait conduit jusqu'à la demeure – l'assemblage improbable de tôle et de ciment – où vivait déjà Ghoriam. Mon nouveau colocataire. Lui aussi avait rejoint l'Irène, mais il avait quitté son Léviathan il y avait déjà trois mois. Il était plus habitué que moi à la vie sur le navire. Et il se considérait comme mon aîné dans tout. Il n'était pourtant pas plus âgé que moi !

« Grouille-toi quand même, Yadin n'appréciera pas de te voir arriver en retard.

- Parce que tu crois que ton prof n'est pas déjà ravi de ton comportement ? Tu devrais te concentrer un peu plus sur le boulot.

- Hey, j'ai pas vraiment voulu faire ça. Je voulais juste me barrer de mon Léviathan ! J'en avais ma claque de ma tribu, ils-

- Je sais, je sais, » l'interrompis-je. « Il fallait que tu montres l'exemple, fasse ce que l'on te disait... Je pourrais raconter ton histoire par cœur. »

J'eus droit à une moue boudeuse.

« C'est pas juste, toi, je sais rien de toi !

- Y'a rien à savoir sur moi, tu sais. Je t'ai déjà dit tout ce qu'il y avait à savoir. »

Ghoriam continua à bouder, et ce jusqu'à ce que l'on franchisse la porte. Là, il se mit à me harceler pour que je lui raconte le moindre détail de ma vie. Les rues qui commençaient à s'animer purent m'entendre hurler « Ah non, je n'avais pas besoin de savoir ça, Ghoriam ! » avant de me voir passer à grandes enjambées, un Ghoriam trottinant derrière moi avec un large sourire aux lèvres.

Nous parvînmes finalement à l'écoutille qui ouvrait sur l'escalier nous menant dans les profondeurs du navire. Quelques autres apprentis nous rejoignirent avant que nous n'arrivions au moteur du navire. Puis nous nous éparpillons à la recherche de l'ouvrier qui est notre professeur. Je rejoins Yadin et me concentre sur ses explications jusqu'à la moitié de l'après-midi. Je retrouvais alors Ghoriam en haut de l'escalier.

« Je ne t'ai pas vu à la pause déjeuner ! » grogna-t-il.

« Pardon, j'ai fait une connerie, alors Yadin m'a fait réparer et recommencer la manœuvre... J'ai mangé un peu plus tard.

- Cette vieille sorcière va te tuer à la tâche.

- Le jour où elle t'entend, c'est toi qu'elle va tuer...

- Qu'elle vienne ! J'irais demander à la shaman de l'exorciser, on en sera débarrassés ! »

Yadin n'était pourtant pas si vieille que ça. J'aurais juré qu'elle avait à peu près 25 ans ; elle m'avait affirmé avoir passé deux ans sous les ordres d'un ouvrier, puis cinq autres années à travailler, et venait d'acquérir le droit de "se voir coltiner un bon à rien d'apprenti". Ghoriam, lui, affirmait qu'elle était une sorcière encore plus vieille que la shaman, qu'elle maintenant sa beauté grâce à des charmes et d'autres philtres et potions, et qu'elle dévorait des cœurs de mouette encore battants. En général, je l'arrêtais là sans avoir envie de découvrir tout ce qu'il pouvait inventer sur son compte.

J'avais d'ailleurs un peu de mal à comprendre pourquoi il s'acharnait autant sur elle. D'accord, Ghoriam était un plaisantin. Mais là, c'était presque de l'acharnement. Je voulais bien admettre que le caractère bien trempé de mon "institutrice" n'aidait pas les plus jeunes à l'apprécier, mais mon colocataire ne semblait pas la porter dans son cœur. S'il s'était passé quoi que ce soit entre eux, Ghoriam ne m'en avait jamais parlé.

Pour le moment, mon camarade m'entraîna à sa suite avec un grand sourire aux lèvres.

« Viens, on a du temps devant nous ! »

Je le suivis en silence à travers les rues du navire, tandis que lui parlait, et parlait, et parlait. C'était incroyable ce qu'il pouvait parler. Il commentait tout ce qu'il voyait, entendait, sentait, bref, tout ce que ses sens pouvaient capter. Et tout ce qui pouvait traverser son esprit, également. Mais au final, ça ne me dérangeait plus. Je m'y étais habitué en deux semaines. Et même si j'étais encore un peu réservé, je finissais par apprécier sa compagnie. Même s'il était lourd la plupart du temps, j'étais plutôt content de l'avoir, plutôt que de me retrouver seul.

Et puis, si je ne m'étais pas habitué à lui, ma vie aurait été un Enfer.

« Tiens, mais si ce n'est pas l'imbécile heureux et son comparse ! »




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